AU PETIT KIOSQUE DE LA POESIE

AU PETIT KIOSQUE DE LA POESIE

poemes videos creas humour
 
AccueilPortailCalendrierGalerieFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Derniers sujets
Mai 2017
LunMarMerJeuVenSamDim
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031    
CalendrierCalendrier
Meilleurs posteurs
ninnenne
 
Josiane
 
lemesle jc
 
cecelle64
 
marianne
 
judithe
 
HADA
 
cocochanel
 
caline
 
Reine
 

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartagez | 
 

 Les mots qui restent -(brûler,briller,blond,blesse......

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
ninnenne
moderateur
moderateur
avatar

Messages : 22664
Date d'inscription : 08/03/2012
Localisation : belgique

MessageSujet: Les mots qui restent -(brûler,briller,blond,blesse......   Mer 29 Oct - 13:51

- BRULER -



« Adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré. »
 
 
Le roi Clovis fut baptisé à Reims le 25 décembre 496. Saint Rémi, en lui conférant ce sacrement, lui adressa ces célèbres paroles qui nous ont été transmises par Grégoire de Tours dans son Historia Francorum livre II, chap. XXXII :
 
« Mitis depone colla, Sicamber : adora quod incendisti, incende quod adorasti. » (Ed. de la Société de l'Histoire de France, 1836, t. 1, p. 218.)
« Courbe humblement la tête, Sicambre: adore ce que tu as brûlé, etc. »
 
On voit que la traduction classique : « Courbe ton front, fier Sicambre... » n'est pas d'une exactitude rigoureuse. On peut toutefois la justifier en considérant que la phrase, qui exprime l'humilité présente de Clovis, contient une allusion à sa fierté d'autrefois.
 
Mézeray, dans son Histoire de France, 6e livre, a donné cette autre traduction, relativement satisfaisante :
« Dépose ta fierté, Sicambre... »
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 - BRILLER -

Briller par son absence.
 
 
A propos de la mort de Junie, nièce de Caton, veuve de C. Cassius et sœur de M. Brutus, Tacite rapporte qu'à ses funérailles on fit exposer les images de vingt familles illustres. Il ajoute : « Sed præfulgebant Cassius atque Brutus, eo ipso, quod effigies corum non videbantur. » (Annales, livre III, chap. LXXVI.)
 
L'expression « briller par son absence » est un souvenir de ce passage.
 
Dans sa tragédie de Tibère, jouée au Théâtre-Français en décembre 1819, Marie-Joseph Chénier a fait dire à Cneius, racontant les funérailles de Junie :
 
        Devant l'urne funèbre on portait ses aïeux :
        Entre tous les héros qui, présents à nos yeux,
        Provoquaient la douleur et la reconnaissance,
        Brutus et Cassius brillaient par leur absence.
                                        (Acte Ier, scène Ier.)
 
Lorsque les jésuites, ennemis de Pascal et d'Arnauld, firent enlever leurs éloges et leurs portraits du livre desHommes illustres de Ch. Perrault (1696-1701), on ne manqua pas de rappeler la fameuse phrase de Tacite.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

[size=24] - BLOND -


[/size]
Délicat et blond.


On rencontre encore quelques personnes (heureusement assez rares), qui ne peuvent entendre dire : « C'est délicat », sans éprouver le besoin d'ajouter : « et blond ».


Voici l'explication de ce phénomène :


II existait dans l'ancien langage français une expression, aujourd'hui hors d'usage, dont voici quelques exemples :

« Pour la mine, il l'a telle quelle, et surtout il est délicat et blond comme un pruneau relavé. »
(Montluc, la Comédie de Proverbes (1616), acte Ier, scène VII, rôle de Florinde.)


Dans les Curiositez françoises, d'Antoine Oudin (1656), on lit au mot pruneau :
« Délicat et blond comme un pruneau (grossier). »


Le Dictionnaire de l'Académie de 1694 (1re édit.) inscrit au même mot :
« On dit d'Une personne qui a le teint extrêmement brun, que C'est un pruneau relavé. »


Et dans le Dictionnaire universel de Faretière (La Haye, 1727), nous trouvons ces lignes :
« On dit ironiquement d'une fille ou d'une femme qui a le teint extrêmement brun que c'est un petit pruneau, qu'elle est blanche comme un pruneau relavé. »


Il ne nous est resté de cette locution familière qu'un débris informe qui pour nous n'a plus aucun sens.

----------------------------------------------------------------------------------------------------------
[size]

 - BLESSE -

[/size]

Michelet

 
L'éternelle blessée.

  
 
Dans son étude sur l'Amour, Michelet écrivait :

« Quinze ou vingt jours sur vingt-huit (on peut presque dire toujours) la femme n'est pas seulement une malade, mais une blessée. Elle subit incessamment l'éternelle blessure d'amour. »

(5me édit., Hachette, 1861, p. 57.)

Au chapitre II, intitulé : La femme est une malade, il ajoutait, en s'appuyant sur plusieurs autorités médicales (p. 441, note 3) :

« C'est une personne malade, ou, pour parler plus exactement encore, une personne blessée chaque mois, qui souffre presque constamment et de la blessure et de la cicatrisation. »

S'inspirant du mot de Michelet, M. Vigne d'Octon, homme de lettres et député, a publié chez Lemerre, en 1891, sous le titre : l'Eternelle blessée, un roman dont les mères feront bien de déconseiller la lecture à leurs filles, et dont il ne restera probablement qu'une heureuse expression. C'est déjà quelque chose !

----------------------------------------------------------------------------------------------------------
[size]

 - BIEN -

[/size]

Voltaire

 
J'ai fait un peu de bien ; c'est mon meilleur ouvrage.

 
 
Épître de Voltaire A Horace, écrite en 1772 ; vers 67.

Le poète, alors âgé de 78 ans, vante le charme de sa retraite à Ferney :

 
        Ma retraite et mon âge ont fait ma sûreté...
        Mes sages voluptés n'ont point de repentir.
        J'ai fait un peu de bien ; c'est mon meilleur ouvrage.

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
[size]

 - BEAUTE -


[/size]
La beauté passe, mais la laideur reste.

 
 
Cette pensée très consolante, dont l'auteur, hélas ! nous est inconnu, n'est pas d'une vérité aussi incontestable qu'on serait tenté de le croire. Il arrive que la laideur s'atténue avec les années, et nous avons connu un homme d'esprit qui disait d'une vieille dame : « Comme elle a dû être laide ! »

Dans l'Esprit des femmes et les femmes d'esprit (Bruxelles, 1851), M. P.-J. Stahl citait cette spirituelle observation, parmi les Opinions de son ami Jacques :

« Quoi qu'en aient dit Balzac et la chanson, il y a un âge où la laideur passe comme le reste : c'est l'âge où les femmes qui ont été jolies cessent de l'être et où celles qui ont été laides commencent à oser dire qu'elles ont été jolies. » (Édit. Hetzel, p. 60.)

------------------------------------------------------------------------------------------------------------
[size]

 - ART -

[/size]

Victor Cousin

 
L'art pour l'art.

 
 
Cette formule, dont le sens vague et incertain prête à l'équivoque, offre un excellent terrain de controverse aux amateurs d'interminables discussions.

 
Elle peut recevoir, en effet, diverses interprétations, selon le sens que l'on attribue au mot art : soit qu'on veuille le confondre avec la recherche du beau, ou qu'on lui donne, avec l'Académie (1878) la signification de : « Méthode pour faire un ouvrage, pour exécuter quelque chose selon certaines règles. »

 
De toutes façons, qu'on la prenne en bonne ou en mauvaise part, la formule « l'art pour l'art » signifie toujours la préoccupation du procédé pour lui-même, sans aucune intention de persuader, d'instruire ou de moraliser.

 
Considérée au point de vue historique, elle paraît avoir été énoncée pour la première fois par Victor Cousin (1792-1867), dans le cours de philosophie qu'il professa à la Sorbonne en 1818.

 
Voici comment il s'exprimait dans sa vingt-deuxième leçon, combattant une théorie qui tend à confondre le beau avec la religion et la morale :

« La religion et la morale sont ce qu'il y a de plus élevé; il ne faut donc les mettre au service d'aucune autre chose que d'elles-mêmes, ni surtout au service de l'intérêt. Il faut de la religion pour la religion, de la morale pour la morale, de l'art pour l'art. Le bien et le saint ne peuvent être la route de l'utile, ni même du beau. »
Paris, 1836, p. 224.

 
On voit que le jeune professeur prenait ici le mot art dans sa plus noble acception, n'ayant en vue que de séparer le bien du beau.

« C'est là d'abord et seulement là, nous dit M. Alfred Michiels, que se trouve formulé dans notre langue, et d'une manière un peu étendue, le système de l'art pour l'art. Cette locution même appartient au savant philosophe, car on peut exprimer de plusieurs façons que l'art est à lui-même son propre but et ne doit jamais devenir un moyen. »
(Histoire des idées littéraires en France au XIXe siècle. Paris, Dentu, 1863, t. II, p. 112.)

 
Rodolphe Tœpffer, ce délicat penseur, a consacré quelques pages de ses charmantesRéflexions et menus propos d'un peintre Genevois (1840 environ), a réfuter la doctrine de l'art pour l'art. Un de ses chapitres a pour titre : « D'une absurdité intitulée : L'ART POUR L'ART. »

 
Il avait écrit quelques lignes plus haut :

« Dire le beau pour le beau, ce serait à notre avis lui avoir assigné les expressions que son vrai sens comporte : car si l'art n'est pas le beau, mais seulement la langue du beau, direl'art pour l'art, c'est dire d'aussi près que possible, la langue pour la langue, ou les images pour les images, ou le style pour le style, ou, en termes plus clairs, la forme pour la forme. »

 
Il voit dans ces cinq mots « la formule dernière de l'art matérialisé à son plus haut degré. » Il dit encore :

« L'art pour l'art ! C'est donc à dire le [size=16]vase, non plus pour contenir, mais le vase pour les frises et pour les moulures du vase ! La statue non pas pour exprimer au moyen du marbre un sentiment vivant, une passion forte, une pensée gracieuse ou tendre, mais pour les élégances du contour, pour les finesses du modelé, pour le ténu, ou le gigantesque, ou le hardi, ou le neuf des formes en elles-mêmes ! Le drame, non pas pour produire à la lumière, au moyen d'une action composée à cet effet, les secrets détours, les replis cachés du cœur, les égarements, les souplesses, les épouvantes, les transports ou la vaillance de l'âme humaine aux prises avec la destinée... mais pour les combinaisons de l'intrigue,... pour le vers autrement coupé, etc. »[/size]

 
Tœpffer visait ici les écoles nouvelles qui, aux environs de 1830, opposaient, en littérature, le romantique au classique, et, en peinture, l'éclat de la couleur a la pureté du dessin.

 
On a effectivement voulu faire de « l'art pour l'art » l'étiquette de l'école romantique, et cela ne paraît pas tout à fait juste. Les chefs-d'œuvre que ses principaux représentants nous ont laissés ne permettent guère d'affirmer qu'ils ont sacrifié systématiquement le fond à la forme.

Nous pensons que cette formule peut être, au contraire, appliquée en toute justice, à ce petit groupe d'esthètes, poètes ou artistes, qui se sont fait appeler, il y a une vingtaine d'années, les « décadents » ou les «impressionnistes », et à ceux qui aujourd'hui se piquent de posséder « l'écriture artiste ».

 
Parmi les plus brillants adeptes de l'art pour l'art, il convient de citer Flaubert. M. Paul Bourget, analysant les caractères distinctifs de son œuvre, lui consacrait ces lignes dans ses Essais de psychologie (1883, p. 158) :

« Flaubert a sa place marquée parmi les esprits qui dédaignent toute influence pratique et sociale de leurs compositions. C'est l'école désignée sous le nom d'école de l'art pour l'art... « L'art, a-t-il écrit, ayant sa propre raison en lui-même, ne doit pas être considéré comme un moyen.... »

Nous citerons enfin l'opinion, diamétralement opposée, d'un écrivain de talent, qui, d'autre part, se rapprochait de Flaubert par son mépris pour « le bourgeois » : Jules Vallès. Dans un article de l'Eclair du 18 janvier 1898, M. Emile Bergerat lui prêtait ce propos :

 
« — Oh ! l'art pour l'art ! Oh ! les plastiques et le vers beau pour lui-même, et la ligne que le mouvement dérange !... Qu'est-ce qu'un vase où l'on ne peut mettre son liquide, huile ou vin ? Etrusque ou chinois, peint, doré ou ciselé, j'y veux une bouteille. La place d'une bouteille est-elle sur une cheminée ? Les anciens, clamait-il, les anciens avaient l'amphore, nous avons le litre ! Et c'est très beau, le litre, ça vit, ça parle et c'est pratique ! Montrez-moi dans une collection d'étains quelque chose de plus joli, de plus élégant même, oui, de plus élégant en sa juste mesure que le canon des mannezingues ! Avant cinquante ans d'ici, bourgeois, vous le flanquerez sur vos étagères ! »

--------------------------------------------------------------------------------------





bonne après midi 1     Ninnenne       
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Les mots qui restent -(brûler,briller,blond,blesse......
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Mots farfelus ? définitions farfelues...
» Nos expressions et mots français préférés
» Le Temps passe, mais les Souvenirs restent.
» Vire-langues,,,Amusez-vous bien en prononçant ces petits mots.
» Lire en anglais : mots, expressions difficiles à comprendre

Permission de ce forum:Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum
AU PETIT KIOSQUE DE LA POESIE :: ici on parle de tous-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetSauter vers: