AU PETIT KIOSQUE DE LA POESIE

AU PETIT KIOSQUE DE LA POESIE

poemes videos creas humour
 
AccueilPortailCalendrierGalerieFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Derniers sujets
Septembre 2017
LunMarMerJeuVenSamDim
    123
45678910
11121314151617
18192021222324
252627282930 
CalendrierCalendrier
Meilleurs posteurs
marileine
 
Josiane
 
lemesle jc
 
cecelle64
 
marianne
 
judithe
 
HADA
 
cocochanel
 
caline
 
Reine
 

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartagez | 
 

 La fabuleuse histoire de l'ecriture....

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
marileine
moderateur
moderateur
avatar

Messages : 25831
Date d'inscription : 08/03/2012
Localisation : belgique

MessageSujet: La fabuleuse histoire de l'ecriture....   Lun 8 Déc - 13:24

La fabuleuse histoire de l'écriture - Ecriture cursive -

 
Ecriture Singhalaise
 
L'écriture cursive et son évolution
 
L'écriture cursive  
Vers le début de l'Ancien Empire (autour de 2755 av. J.-C.), les Égyptiens avaient toutefois développé une écriture plus cursive qui remplaça les hiéroglyphes dans la très grande majorité des documents écrits à l'encre sur papyrus.
Ce type d'écriture est qualifié de hiératique (du grec hieratikos, «sacerdotal »). 
Les Grecs l'avaient nommé ainsi parce que vers le VIIe siècle av. J.-C., il servait surtout à la transcription de textes religieux. 
Pour tous les autres types de texte, on utilisait une écriture encore plus cursive et entrelacée qu'on appelait le démotique (du grec demotikos, 
« populaire »).
    
L'écriture capitale latine
 
 
[size=16][/size]
 
 
A la fin du VIIIe siècle avant JC., les Romains adoptent le système d'écriture grecque:Capitalis monumentalis , qui influencera toutes les autres écritures latines postérieures.
L'alphabet ne comporte alors que 23 lettres et sert surtout pour les inscriptions épigraphiques.
Entre le IIe et IIIe siècle apr J.-C., se développe la minuscule cursive que les romains utilisaient pour tous leurs écrits.
Les outils, style ou plume pointue, étaient utilisés sur des supports comme le papyrus, la cire, le bois ou l'argile.
La cursive est à l'origine de l'écriture onciale.
 
 
 
L'écriture mérovingienne 
 
 
[size=16][/size]
 
 
 
L'écriture mérovingienne ou précarolingienneest utilisée en France aux VIIe et VIIIe siècles. 
Les scribes créent une nouvelle écriture claire et lisible fortement influencée par la minuscule cursive: la caroline minuscule qui prend une forme particulière selon les régions d'Europe de l'Ouest.
 
 
 
L'écriture gothique
 
 
[size=16][/size]
 
 
 
Entre le XIIe et le XIIIe siècle se diffuse l'écriture gothiqueou lettre noire qui est une déformation de la minuscule caroline. On écrivait alors avec une plume à pointe coupée
 
 
 
L'écriture humaniste
 
 
[size=16][/size]
 
 
 
Parallèlement à l'écriture gothique le XVe siècle voit le développement d'un style d'écriture dit humaniste utilisée pour des textes classiques.

Sa version ronde et cursive sert de modèle aux premiers imprimeurs italiens.

A la même époque, dans tout l'Occident, le parchemin est supplanté par le papier fabriqué alors avec des chiffons et autres matériaux de récupération.

Le papier, inventé par les Chinois au IIe siècle avait été introduit par les arabes en Europe vers le XIIe siècle.

[size=24]La fabuleuse histoire de l'écriture - Premiers systèmes


 
En haut, écriture mérovingienne, en bas écriture caroline qui se distingue par sa lisibilité. 
 
ECRITURE:  méthode de communication avec autrui par le moyen de signes visuels arbitraires formant un système. L'écriture peut être réalisée à partir de systèmes limités ou complets, un système complet permettant d'exprimer sans ambiguïté tout concept susceptible d'être formulé par le langage.
 
Les premiers systèmes d’écriture
Les premiers systèmes d’écriture étaient de nature pictographique idéographique. Parmi eux, il y a le cunéiforme des anciens Babyloniens et Assyriens, les hiéroglyphes égyptiens, les idéogrammes chinois, également utilisés en japonais, et l’écriture hiéroglyphique des Mayas. 
Ce qui transforme un système de ce type en alphabet ou en syllabaire, c’est l’emploi d’un pictogramme ou d’un idéogramme pour représenter un son, plutôt qu’un objet ou une idée.
   

L'écriture cunéiforme  
 
 
 

 
 
Tablette cunéiforme, 
Terre crue, fin du IVe millénaire,
Mésopotamie du Sud, Epoque d'Uruk III.

 
 
La plus ancienne écriture, l'écriture cunéiforme (signes en forme de coin), probablement inventée en Mésopotamie par les Sumériens, fut utilisée au Proche-Orient jusqu'au Ier millénaire av. J.-C.
Ce mode d'écriture utilisait des traits en forme de clou, inscrits principalement sur des tablettes d'argile, mais aussi sur des pierres, des métaux, de la cire ou d'autres matériaux. 
Comportant à l’origine environ 1 400 symboles, elle est d’abord utilisée pour dresser des inventaires de biens et enregistrer des transactions sur des tablettes d’argile
Elle évoluera pendant plusieurs siècles puis disparaîtra avec l’apparition du papyrus.

 
 
Les hiéroglyphes
 
 

 
 
Les hiéroglyphes sont des caractères utilisés dans n'importe lequel des systèmes d'écriture comportant des caractères pictographiques, c'est-à-dire qui représentent des objets reconnaissables.
 
 
Les inscriptions hiéroglyphiques égyptiennes sont composées de deux types de signes de base : les idéogrammes (images représentant le sens du mot) et les phonogrammes (images représentant le ou les sons d'un mot). 

Les Égyptiens utilisèrent les hiéroglyphes depuis l'époque du développement du système, vers 3200 av. J.-C., jusqu'à l'époque de l'Empire romain. La dernière inscription hiéroglyphique date de 394 apr. J.-C. La forme et le nombre des signes restèrent à peu près constants jusqu'à la période gréco-romaine (après 332 av. J.-C.), pendant laquelle le nombre de signes, en particulier celui des phonogrammes, augmenta beaucoup.
 
 
Les idéogrammes chinois
 
 

 
 
 
Comme d'autres écritures anciennes, le chinois écrit provient d'une symbolisation picturale. Il n'a évolué vers une représentation mot à mot de la langue que lorsque ses utilisateurs comprirent que certains termes trop abstraits pouvaient être indiqués par leur son, plutôt que par leur sens. 

 
Toutefois, à l'inverse des autres systèmes d'écriture, qui ont tous évolué vers une représentation alphabétique — c'est-à-dire essentiellement phonétique — des mots, le chinois fonctionne encore autant de manière pictographique que phonétique.
 

En outre, la représentation des sons n'a pas suivi l'évolution de la langue parlée, et reflète toujours la prononciation d'il y a trois mille ans.
 

La langue chinoise écrite attribue un symbole ou un caractère distinctif unique pour chaque mot de vocabulaire. La connaissance de deux mille ou trois mille caractères est nécessaire à sa lecture.
 

Les écrits les plus anciens que l'on connaisse sont des oracles gravés sur des carapaces de tortue et des omoplates de bœuf, dus à des devins de cour de la dynastie des Shang, à partir du XIVe siècle av. J.-C.
 

On trouve également en chinois des pictogrammes à valeur phonétique, c'est-à-dire l'emprunt du pictogramme d'un mot concret pour indiquer un mot abstrait ayant une prononciation identique ou très proche.
 

Qin Shi Huangdi, premier souverain d'un empire chinois unifié, supprima de nombreuses transcriptions régionales pour imposer une écriture simplifiée et standardisée, appelée le « Petit Sceau ». Sous la dynastie Han (206 av. J.-C.-220 apr. J.-C.), le système se ramifia en divers styles : lishu, écriture des fonctionnaires, xingshu, écriture cursive, caoshu, écriture de brouillon, et kaishu, écriture régulière. Le chinois imprimé se conforme à l'écriture régulière. Les styles cursif et régulier ont introduit de nombreux caractères abrégés, employés aussi bien dans la calligraphie artistique que dans la correspondance commerciale ou privée, mais furent longtemps bannis des documents officiels. Devenue la norme en République populaire de Chine, l'impression des caractères abrégés reste proscrite à Taïwan.
 
 
 
L’écriture hiéroglyphique des Mayas
 
 
 

 
 
Les mayas écrivaient sur du papier fabriqué à partir de fibres végétales et utilisaient des pigments naturels pour l'encre ; ils gravaient également sur des stèles en pierre. Des codes de lois et des calendriers nous sont ainsi parvenus. L'écriture maya utilise à la fois des idéogrammes et des phonogrammes.
 
 
Les peuples mayas créèrent un système d'écriture hiéroglyphique pour consigner leur mythologie, leur histoire et leurs rites sous forme d'inscriptions sculptées et peintes sur des stèles, des linteaux et des escaliers, ou peintes dans des livres formés de feuilles de papier en fibres végétales recouvertes d'une pellicule de chaux. Quatre de ces manuscrits nous sont parvenus : le codex Dresdensis, conservé à Dresde, le Peresianus, à Paris, le Tro et le Cortesianus, à Madrid. Ces livres, utilisés comme calendriers divinatoires, traitaient de thèmes comme l'agriculture, le temps, la maladie, la chasse et l'astronomie.
 

La fabuleuse histoire..-Tradition calligraphique arabe


Les origines nabatéennes de l’écriture arabe 
  
  
LE DEVELOPPEMENT DE L’ECRITURE est chez les Arabes tardif du fait de leur état nomade qui favorisait surtout une culture orale. D’ailleurs, à la naissance de l’Islam, au début du VIIe siècle, le Coran fut d’abord diffusé par la tradition orale. 
  
  
 
  
Inscription nabatéenne de Aslah de Pétra, Ier siècle avant .J-C 
  
  
L’arabe appartient au groupe des écritures sémitiques consonnantiques ainsi appelées parce que de fait, seules les consonnes sont représentées. La plupart des spécialistes s’accordent aujourd’hui à penser, que l’écriture arabe dérive de l’écriture nabatéenne elle même d’origine araméenne. Les Nabatéens, installés sur les terres bibliques du royaume d’Edom en Arabie du Nord (actuelle Jordanie) vers le IVe siècle avant Jésus-Christ et dont la capitale était Pétra, parlait une langue araméenne et écrivait en araméen. 
  
 
 
 
Inscription nabatéenne de la tombe du poète Imru’ al-Qays à Namarah (328) 
 
 
Progressivement s’est développé une écriture cursive formelle spécifiquement nabatéenne qui se distinguait de l’araméen par la présence de ligatures. Ce développement s’est doublé d’une évolution dans la langue parlée par les Nabatéens avec l’introduction progressive de termes et de constructions grammaticales arabes. C’est ainsi que vers le 2e siècle après Jésus-Christ, les Nabatéens parlaient majoritairement arabe comme l’atteste l’origine arabe de leurs noms et ne conservaient l’araméen, dans une version arabisée, que comme langue officielle. 
 
 
 
 
Agrandissement inscription précédente 
 
 
L’écriture arabe est donc née aux alentours du VIe siècle de l’écriture cursive nabatéenne. Elle s’est progressivement répandue à l’époque de Mahomet à La Mecque puis à Médine. S’est ainsi développée la première écriture spécifiquement arabe, le Jazm, dont la raideur, l’angulosité et la proportion égale de ses lettres rappelle la graphie coufique. L’écritureJazm devint bientôt celle de tous les Arabes et « assuma le statut de l’écriture sacrée que Dieu avait spécialement choisie pour transmettre à l’humanité son message divin. » (Safadi). 
 
 
 
 
 
Ecriture cursive ancienne tirée d’une inscription datée de 677 
 
 
Les premiers développements calligraphiques
 
L FAUT SOULIGNER le rôle central que le Coran a joué dans la formation de l’écriture arabe. Le besoin de consigner le Coran par écrit obligea précisément les Arabes à réformer leur écriture et à l’embellir, pour la rendre digne de la révélation divine. Omar, ami du Prophète et futur calife, pressa le premier calife Abu Bakr de mettre le Coran par écrit; ce travail fut réalisé par le secrétaire du Prophète Zayd ibn Thabit. Cette rédaction, codifiée sous le troisième calife Othman, fut copiée en cinq exemplaires qui furent expédiés dans les principales contrées de l’empire. Les copies ultérieures du Coran sont dérivées de ces premiers exemplaires, réalisés à l’époque en Jazm. À cette époque apparurent des variantes médinoises et mecquoises du Jazm, le Mail (écriture couchée), le Mashq (écriture allongée) et le Naskh (inscriptionnel); seules les deux dernières perdurèrent 
 
 
Le successeur de Othman, le cousin de Mahomet et son beau-fils, Ali Ibn Ani Talib est considéré comme le premier maître de la calligraphie en développant un style particulier de coufique. 
 
 
 
 
Écriture Mashq d’un Coran
 
 
Les Écritures Coufiques 
 
 
L’écriture coufique est née à Kufah, dans la deuxième décennie de l’ère islamique. Grandement inspirée de l’écriture de la ville voisine de Hirah, al-Khatt al-Kufi (« écriture coufique » en arabe) est caractérisée par une graphie originale fondée sur son angulosité et ses formes carrées prononcées, faites de courts traits verticaux et de lignes horizontales prolongées. Contrastant avec ces verticales basses, les lignes horizontales sont allongées. 
 
 
 
Parallèlement, l’écriture Mashq développa des caractéristiques individuelles et devint légèrement plus cursive, avec un profil vertical bas et des traits horizontaux allongés. 
 
 
 
 
Inscription coufique omeyyade aux lettres triangulaires, dédicace d’un bassin construit pour le Calife Hisham
(724-743)
 
 
 
L’écriture coufique atteignit sa perfection dans la seconde moitié du VIIIe siècle et acquit de facto une prééminence qui dura plus de trois siècles: elle devint l’unique écriture employée pour la copie du Coran. L’austérité des origines, fut alors dépassée avec le développement de l’écriture coufique ornementale. Son élégance simple en fit une écriture très prisée pour des usages épigraphiques. Son développement se poursuivit jusqu’au XIIe siècle, date à laquelle l’écriture devint essentiellement décorative. 
 
 
 
 
Coufique fleuri 
 
 
Le Coufique oriental est une variante développée par les Perses à la fin du Xe siècle qui se distingue du Coufique traditionnel par ses longs déliés qui restent verticaux, avec des barbelures au sommet, et ses traits courts inclinés ou penchés vers la gauche, donnant ainsi un mouvement dynamique vers l’avant. La plus fameuse de ces écritures est l’écriture Qarmate dans laquelle les caractères du Coufique oriental sont intégrés à un fond richement enluminé, fait de motifs floraux et d’arabesques. 
 
 
 
 
 
 
Ecriture qarmate 
 
 
Réformes et codification de l’écriture arabe 
 
 
OUR REPONDRE au besoin impérieux d’apprendre l’arabe aux nouvelles contrées conquises par les Musulmans, il s’avéra rapidement impérieux de conduire certaines réformes afin d’établir de manière définitive la pronociation correcte du Coran. 
 
 
 
La réforme de l’écriture arabe 
 
 
Abou al-Aswad al-Douali (?-688) fut le fondateur de la grammaire arabe et inventa le système de signes diacritiques qui consiste à placer de grands points colorés pour indiquer les éléments du discours arabe non représenté par des lettres. 
 
 
Ce travail fut complété par le vice-roi omeyyade al-Hajjaj Ibn Yousouf al-Thaqafi, qui pour régler le problème de la différenciation des consonnes qui partageaient une forme identique, demanda à Nasr Ibn Asim et Yahya Ibn Yamour d’imaginer un système fondé sur l’usage de petits points noirs placés au-dessus et au-dessous du contour de la lettre par groupes de deux ou trois. 
 
 
 Le développement des écritures cursives 
 
 
 
L’écriture arabe, depuis ses origines, s’est divisée en deux très larges catégories - leMoqawwar wa-Modawwar (incurvée et arrondie) et le Mabsot wa-Mostaqim (allongée et droite). Le Mashq et le Coufique appartiennent à la deuxième catégorie. 
 
 
La catégorie incurvée et arrondie remonte à la première décennie de l’ère musulmane et certainement, plus anciennement encore, à la période pré-islamique. Longtemps, elle n’a servi que pour des usages profanes. 
Sous les Omeyyades, les écritures TomarJaliliNisf et Tholoth furent ébauchées. Mais c’est le Jalil et le Tomar qui furent les écritures officielles des califes omeyyades. Les écrituresNisf et Tholoth dérivent directement du Jalil, écriture monumentale. Le degré de cursivité de ces dernières a la particularité d’augmenter à mesure que la taille des lettres diminue. 
 
 
 
 
Bismillah en Tholoth 
 
 
Ce fut le génie d’Abou Ali Ibn Moqlah (846-940), vizir des trois califes abassides al-Moqtadir (908-932), al-Qahir (932-934), al-Radi (934-940), et sa connaissance de la science géométrique qui introduisirent l’étape la plus importante dans le développement de la calligraphie arabe. Ibn Moqlah se fixa comme tâche de dessiner une écriture cursive qui soit à la fois belle et parfaitement proportionnée. 
 
 
Il instaura un système global de règles calligraphiques de base, fondé sur le point en losange comme unité de mesure. Il redessina le contour géométrique des lettres et corrigea leur forme et leur taille au moyen du point, de l’Alef et du cercle. Il s’agit de faire un Alef qui est « calligraphié et mesuré avec la pensée », puis de dessiner un cercle dont le Alef est le diamètre. Chaque lettre a pour base ce cercle. 
 
 
 
 
Alef et cercle étalon 
Alef tracé d’après l’échelle des sept points en losange
 
 
 
Ce faisant, Ibn Moqlah a doté l’art calligraphique arabe de règles scientifiques précises, d’après laquelle chaque lettre, pourvue d’une discipline rigoureuse, est rattachée aux trois unités standards que sont le point, le Alef et le cercle. Cette méthode d’écriture, baptiséeal-Khatt al-Mansob, fut perfectionnée par ses élèves dont le plus célèbre est Ibn al-Bawbab (?-1022). Pour comprendre l’importance d’Ibn Moqlah dans l’histoire de l’écriture arabe, il est possible de citer Abdullah Ibn al-Zariji, qui au Xe siècle remarquait: « Ibn Moqlah est un prophète dans l’art de la calligraphie. Son cadeau est comparable à l’inspiration des abeilles lorsqu’elles construisent les alvéoles. » 
 
 
Progressivement, les écritures cursives, surtout le Tholoth, commencèrent à pouvoir rivaliser pour la copie du Coran avec les écritures coufiques. 
 
 
 
 
 
Lettre ‘Ayn dans le système 
de proportion
 
 
 
Les six écritures principales de la tradition classique 
 
 PARTIR DU NASKHI, le calligraphe Ibn Moqlah identifia six styles d’écriture : 
 
 
 
LeTholoth 
 
 
Le Tholoth, apparu au VIIe siècle, est une écriture statique et monumentale, essentiellement utilisée à des fins décoratives dans les manuscrits et les inscriptions. Elle a également été utilisée pour la copie des Corans, surtout pour les têtes de chapitre et les colophons. On la considère comme la plus importante des écritures ornementales. 
 
 
 
 
Ecriture Tholoth 
 
 
LeNaskhi 
 
 
Le Naskhi, dont les origines remontent au VIIIe siècle, est apparue dans sa forme systématisée au IXe siècle. Considérée comme peu élégante, elle était surtout utilisée pour la correspondance ordinaire. Avec l’arrivée du papier, qui remplaça le parchemin, et grâce à Ibn al-bawbab qui en fit une écriture élégante, ce style gagna ses lettres de noblesse et servit d’écriture principale de Corans. À ce jour d’ailleurs, il y a plus de Corans copiés enNaskhi que dans toutes les autres écritures arabes réunies. Elle est presque toujours formée de courts traits horizontaux et de verticales d’égale hauteur au-dessus et au-dessous de la ligne médiane. Les courbes sont pleines et profondes, les jambages droits et verticaux, les mots bien espacés en général. 
 
 
 
 
Ecriture Naskhi 
 
 
LeMohaqqaq 
 
 
 
Le Mohaqqaq était originellement une écriture dont les lettres étaient moins angulaires que le Coufique, avec des ligatures bien espacées; l’ensemble était « produit avec méticulosité » comme son nom l’indique. Avec la découverte du papier autour de 750, l’écriture acquit une certaine rondeur qui la rendit plus facile à tracer et devint l’écriture favorite des scribes. Modifiée par Ibn Moqlah, elle conserva ses déliés allongés sans presque de pleins ni d’enjolivures accusées sous les lignes. Cela en fit l’écriture favorite des Corans de grand format. 
 
 
LeRayhani 
 
 
 
Le Rayhani, né au IXe siècle a des liens de parenté certains avec le Naskhi et le Tholoth. Elle est caractérisée par la finesse de ses lettres, finesse accentuée parce que le traits et les fioritures des lettres se terminent en pointes aiguës, et que les signes diacritiques sont très fins et toujours appliqués à l’aide d’une plume différente, dotée d’une entaille beaucoup plus petite. Elle est également considérée comme la sœur du Mohaqqaq car, entre autre, le centre des boucles des lettres n’est jamais rempli. Néanmoins, à la différence du Mohaqqaq, il utilise pleinement les fioritures sublinéaires, comme le Tholoth. Le Rayhani fut surtout prisé pour les grands Corans par les Perses. 
 
 
LeTawaqi 
 
 
Le Tawaqi (signature) est issu de l’écriture Riyasi, que les califes abbassides utilisèrent pour signer leur nom et leur titre. Plus arrondie que le Tholoth, l’écriture Tawaqi est assez proche de l’écriture Riqa, mais s’en distingue par des lignes plus épaisses, des courbes plus arrondies, ce qui lui donne une apparence beaucoup plus lourde. Elle est également plus grande et plus élégante que le Riqa ce qui en fera une écriture utilisée pour les occasions importantes. 
 
 
LeRiqa 
 
 
 
L’écriture Riqa (petite feuille) provient à la fois du Naskhi et du Tholoth. La forme géométrique de ses lettres et particulièrement les fioritures des finales, ressemble beaucoup à celles du Tholoth, mais elle est bien plus petite et dotée de courbes plus arrondies et ses Alefs ne sont jamais écrits avec des barbelures. Le centre des boucles des lettres est invariablement rempli, les lignes horizontales sont très courtes et les ligatures structurées avec densité, les finales étant souvent attachées aux initiales. Son emploi fut réservé au courrier personnel et pour les livres profanes de moyen format. C’est aujourd’hui l’écriture manuscrite la plus employée dans le monde arabe. 
 
 
 
 
Ecriture Riqa 
 
 
LeTomar 
 
 
 
Il est possible d’ajouter à ces six écritures principales, l’écriture Tomar qui aurait été conçue sous le premier calife omeyyade Moawiya (661-680). Ce dernier en fit une écriture royale et est à ce titre une des plus ancienne écritures arabes. Bien qu’elle ait gardé des caractères grands et lourds, elle perdit vers le Xe siècle, son aspect statique et angulaire. 
 
 
 
 
 
Ecriture Tomar 
« Allah est mon espérance »
 
 
 
Les écritures maghrébines et les développements tardifs 
 
 
Les écritures maghrébines 
 
 
Au Maghreb, l’Occident islamique, des formes spécifiques d’art furent développés; la calligraphie n’échappa pas à cette tendance. C’est ainsi, que le Coufique occidental se développa vers 670 à Kairouan. Ce Coufique est sensiblement plus arrondis que son homologue oriental et surtout fait preuve d’une plus grande cursivité grâce à ses courbes bien déterminées et ses demi-cercles presque parfaits. 
 
 
De ce Coufique, nacquit le Maghribi, une écriture cursive qui surpasse en délicatesse les autres cursives orientales par la finesse de ses lignes, la liberté coulante de ses courbes ouvertes, la clarté et la rondeur de ses boucles et par-dessus tout, par les fioritures accusées sous les lignes qui lui confèrent une qualité unique d’intégration. Un autre aspect du Maghribi est que ses déliés se terminent invariablement par une légère courbe vers la gauche, en une fin assez émoussée, tandis que ses pleins ont une ligne effilée dont les courbes, tournées aussi vers la gauche, peuvent se prolonger jusqu’à l’aire du mot situé au-dessus. 
 
 
 
 
Sourate IV, « Les femmes » 
en Maghribi épais, Maroc, XIe siècle
 
 
 
On distingue quatre styles de Maghribi que sont le Qayrawani, l’Andalousi, le Fasi et leSoudani
 
 
le Qayrawani dénote une légère ressemblance avec le Naskhi et a de très courts déliés. Une variante monumentale est utilisée dans les Corans. 
 
 
l’Andalousi est plus compact et plus délicat que les autres styles. Originaire de Cordoue, il fusionna avec le Fasi lorsque les Arabes durent quitter le sol espagnol. 
 
 
le Fasi (de Fez au Maroc) est de plus grande dimension que l’Andalousi et est moins décoré que ce dernier. 
 
 
l’écriture Soudani a d’abord été créée à Tombouctou vers 1210 avant de se développer en Afrique sub-saharienne. Écriture favorite des peuples musulmans de cette région, ses lignes sont plus épaisses et ses lettres plus denses que le Maghribi issu du Fasi et de l’Andalousi. 
 
 
 
 
Ecriture Andalousi 
 
 
Les développements calligraphiques tardifs 
[/size]


L’effondrement de l’Islam arabe face aux invasions mongoles, la conversion des princes mongols à l’Islam, ont freiné le développement artistique mais ne l’ont pas stoppé. Certains princes mongols comme Timour et son fils ont été de grands mécènes. Tandis que plus à l’ouest, en Egypte, les Mamelouks se faisaient les champions de la continuité calligraphique. 
[size]
 
 
En Perse, au XVIe siècle, l’écriture Taliq fut créée à partir d’une écriture ancienne cursive sans prétention. Dérivée du Riqa et du Tawqi, cette écriture sera très prisée des Persans, des Indiens et des Turcs. 
 
 
 
 
Ecriture Taliq 
 
Ninnenne      [/size]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
marileine
moderateur
moderateur
avatar

Messages : 25831
Date d'inscription : 08/03/2012
Localisation : belgique

MessageSujet: Re: La fabuleuse histoire de l'ecriture....   Lun 8 Déc - 13:28

La fabuleuse histoire.... - L'alphabet du roi Sejong -

 L’écriture chinoise en Corée
  
C’EST SOUS L’IMPULSION DE LA PROPAGANDE BOUDHISTE que l’écriture chinoise fut introduite en Corée vers le fin du IVème siècle. Au VIIIème siècle, son emploi était déjà très répandu chez les lettrés et sera utilisée pour transcrire aussi bien les langues chinoise et que coréenne. 
 
  
  
Toutefois l’usage de l’écriture idéographique chinoise pour transcrire le coréen, langue agglutinante à flexions, riche en désinences, n’était pas sans poser de nombreuses difficultés, car elle ne permettait pas de noter ces articulations du langage sans laquelle la phrase ne peut être comprise. 
  
  
  
En 697, le lettré Sel Tchong assigna à un certain nombre de signes chinois un rôle phonétique tout en en modifiant légèrement la prononciation pour tenir compte des spécificité de la langue coréenne. Ainsi le mot ‘’ hou qui signifie « porte » en chinois devint le signe syllabique transcrivant le son ro. Ce système, dit du complément syllabique, permettait ainsi de transcrire à côté de l’idéogramme chinois, la désinence du mot coréen. Il connut un vif succès et survécut jusqu’à l’invasion japonaise en 1894. 
 
 
  
  
[size=16] [/size]
  
Le roi Sejong 
 
  
  
Le Hangul, une écriture scientifique 
 
 
  
DEPUIS LA FIN DU XIIIE SIECLE, la Corée était un royaume vassal des empereurs mongols qui régnaient alors sur la Chine. Ces derniers au début du XIVe siècle, avaient été amenés à changer leur propre écriture au profit de l’alphabet galik, un compromis entre l’écriture tibétaine de type indien et l’écriture ouigour de type araméen. 
 
 
  
Les Coréens furent touchés par ces soubresauts culturels avec un léger décalage (entre temps, les Mongols avaient été renversés en Chine par Hong-Wou, fondateur de la dynastie des Ming). 
 
 
  
  
Un roi éclairé 
  
  
Dans la première moitié du XVe siècle, régnait sur le royaume de Corée, le roi Sejong (1419-1451). Ce dernier était un monarque éclairé et cultivé. En 1434, il promulgua un décret dans lequel il demandait à son administration de rechercher « les hommes de savoir et de sophistication, qu’ils soient ou non de noble naissance, afin de les encourager à apprendre à lire au peuple, même aux femmes et aux filles. ». 
 
  
  
  
Il envoya également des missions à Nankin et Pyolmun afin de chercher des conseils sur la possibilité d’introduire dans son royaume une écriture simplifiée. Ces missions ayant échoué, le roi avec l’assistance de lettrés de sa cour, inventa la nouvelle écriture (1443). En 1446, le roi Sejong promulgua un décret, Oje Hunmin Chongum, « La vraie prononciation enseignée au peuple » par lequel il introduisait la nouvelle écriture dite pân tchel. Elle suscita la dérision des lettrés de l’époque, attachés à l’écriture chinoise, et à travers elle au pouvoir que leur conférait sa maîtrise et qu’ils baptisèrent « écriture vernaculaire ». 
 
  
  
  
Dans la préface de l’Hunmin Chongum, le roi Sejong explique clairement ses motivations: 
« La langue coréenne étant différente de la langue chinoise, les caractères chinois ne la rendent pas suffisamment. C’est pourquoi, les gens du peuple désirent une chose et n’arrivent pas à exposer leurs sentiments: cela est fréquent. Emu de pitié, j’ai inventé vingt-huit caractères qui seront facilement appris de tous et serviront aux usages quotidiens. » 
 
  
  
  
L’alphabet pân tchel 
  
  
Il s’agissait à l’origine, d’un véritable alphabet de 28 signes comprenant voyelles et consonnes. Le pân tchel, par son principe même, est d’une grande simplicité qui témoigne de son caractère artificiel et de l’esprit scientifique de son créateur. C’est ainsi que l’adjonction d’un simple trait permet de former ‘KH’ à partir de ‘K’, ‘TH’ à partir de ‘T’ ou encore ‘PH’ à partir de ‘P’. 
  
  
  
Originellement, le pân tchel devait servir à décomposer phonétiquement les idéogrammes chinois. Ce n’est qu’ultérieurement qu’il fut appliqué à la transcription de la langue coréenne elle-même. Pour ce faire, il fut légèrement modifié en créant des signes pour transcrire les sons qui n’existent pas dans la langue chinoise telle que ‘b’, ‘g’ ou encore ‘d’ en adjoignant un accent aux signes des sourdes correspondantes, ‘p’, ‘k’ et ‘t’. Par ailleurs, certains signes disparurent, les formes d’autres furent modifiés. C’est ainsi qu’on passa de 28 signes originels à 25 signes aujourd’hui, 14 consonnes et 11 voyelles. 
  
  
  
[size=16] [/size]
  
Bloc imprimé ancien reprenant les explications du Roi Sejong et décrivant le Hangul et son équivalent en caractères chinois 
  
  
  
Du Pân tchel au Hangul
 
 
 
LA SIMPLICITE QUI CARACTERISE LE PAN TCHELdes origines ne résista pas à l’usage qu’en firent les scribes coréens. Les conditions matérielles de la graphie y ont peut-être contribuées. Les Coréens écrivaient en effet de haut en bas, alignant les colonnes de droite à gauche. Pour gagner de la place et par souci de symétrie, ou peut-être par mimétisme avec les Chinois qui juxtaposent une clef phonétique à presque tous les idéogrammes, les scribes coréens firent figurer à côté de chaque consonne, la voyelle dont elle est pourvue. D’autre part, ils modifièrent la forme des deux caractères ainsi groupés de façon à faire approximativement rentrer le signe ainsi constitué dans un carré. Ils transformèrent ainsi de facto une écriture alphabétique en écriture syllabique. 
  
Ce n’est qu’au début de ce siècle que le terme de Hangul, , « la grande écriture » sera introduit par Chu Shi-Gyong pour désigner l’écriture coréenne. Il apparut pour la première fois dans le nom d’un institut d’enseignement de la langue coréenne, le Han-gulmo puis repris dans le titre d’un livre paru en 1913, Han-gulpuri.
  
  
  
[size=16] [/size]
  
Alphabet coréen de 1446 
  
  
Le Hangul au XXe siècle 
  
  
C’était une époque sombre pour la Corée alors occupé par le Japon (1894-1945). Les autorités d’occupation essayèrent de substituer l’usage de leur langue ou à défaut des écritures japonaises et chinoises à celles, respectivement, du Coréen et du Hangul. 
 
  
  
  
Par passion nationaliste et du fait de sa proximité avec la Chine, le régime dictatorial de Corée du Nord imposa sur son territoire l’usage systématique du Hangul, alors qu’en réaction, les Coréens du Sud continuèrent à faire cohabiter les deux systèmes. Aujourd’hui encore, les personnes cultivées en Corée du Sud, préfèrent écrire leur nom en idéogrammes chinois, même si l’usage du Hangul est maintenant généralisé dans les deux Corées. 
  
 
Paradoxalement pour un pays aussi fermé qu’a pu l’être la Corée, le Hangul doit beaucoup à l’usage qu’en firent les missionnaires chrétiens qui virent dans ce système simple à enseigner un outil puissant au service de la diffusion de leurs idées. C’est ainsi qu’ils firent imprimer en Hangul de nombreux ouvrages : Nouveau Testament, grammaires, dictionnaires, etc. 
 
 
 
Description de l’alphabet coréen 
 
 
SUR LES 14 CONSONNES, 8 lettres peuvent être considérées comme les consonnes pivots ; chacune d'elle a un nom propre. Il s'agit du 'k' (kiök), 'n' (iün ou niün), 't' (tjigüt), 'l/r' (iül ouriül ou niül), 'm' (miom), 'p' (piop), 's' (piop) et 'ng' (ihäng). Ce dernier son est d'ailleurs assez proche d'une voyelle puisqu'il s'agit d'une nasale finale. A ces 8 lettres, il faut ajouter les lettres 'ch', 'h' et quatre consonnes utilisées uniquement avant une voyelle : 'kh', 'th', 'ph' et 'ch'. 
 
Graphiquement, les cinq consonnes principales sont dérivés des formes des organes vocaux ( ), les 9 autres étant dessinés en adjoignant des traits ou en modifiant légèrement la forme des consonnes de base. 
 
 
Les onze voyelles prennent place sous le nom de i entre les lettres 's' et 'ng' dans l'alphabet coréen. Il s'agit du 'a', 'ya', 'ö', 'yö', o, 'yo', 'u', 'yu', 'i-ü' et le 'a' court auxquels il faut ajouter les lettres 'ya', 'yö', 'yo' et 'yu' qui sont des variantes des lettres 'a', 'ö', 'o' et 'u'. Ces voyelles ont deux formes, une forme complète quand elles sont en position initiale et une forme abrégée quand elles sont le complément d'une consonne. 

 
 
 
Graphiquement, trois des voyelles symbolisent les trois éléments de la philosophie orientale du Yin et du Yang : '.' symbolise les cieux, '' représente la terre et '' rappelle l'humanité. Les huit autres voyelles ne sont que des combinaisons des trois voyelles fondamentales: . 
 
 
Le Hangul combine ensuite consonnes et voyelles pour constituer des syllabes au dessin parfaitement rationnel et logique comme : . La méthode de composition des mots est donc assez similaire à celle des kana japonais. 
 
 
 
 
[size=16] [/size]
 
Alphabet coréen moderne 
 
 
 
Le Hangul : un alphabet parfait ? 
 
 
DE NOMBREUX SPECIALISTES CONSIDERENT LE HANGUL comme le plus parfait système d’écriture d’un point de vue scientifique. Ils justifient leur point de vue en notant la construction systématique du Hangul qui repose sur la forme des organes vocaux lorsqu’ils prononcent le son. Ainsi, le ‘T’ dans notre alphabet occidental représente un son qui n’a rien à voir avec la forme des organes vocaux. Son homologue coréen ‘’ représente la manière dont la langue touche le palais supérieur. 
 
 
Une autre des caractéristiques les plus intéressantes du Hangul est sa facilité d’apprentissage et ce aussi bien pour des Coréens que pour des étrangers. Il y a une dizaine d’année, l’UNESCO a reconnu cette spécificité remarquable en instituant le prix de littérature du Roi Sejong qui honore les personnes qui ont contribué à l’éradication de l’illétrisme dans le monde. Grâce au Hangul, la Corée a ainsi un des plus bas taux d’illétrisme dans le monde. 
 
  
Toutefois, ces points sont à nuancer. En effet, tous les sons de la langue coréenne ne sont pas retranscris dans le Hangul. Il n’existe ainsi pas de signes distincts pour exprimer les sons ‘g’, ‘b’, ‘d’ et ‘j’ qui existent pourtant en coréen et sont représentés par les lettres ‘k’, ‘p’, ‘t’ et ‘ch’. 
Il n’en reste pas moins que le Hangul répond parfaitement à la fonction d’une écriture à savoir de retranscrire aisément, lisiblement et le plus fidèlement possible une langue. Les Coréens en sont bien conscients eux qui fêtent tous les 9 octobre le Hangul Day. 
 
 
 
[size=16] [/size]
 
Ouvrage ancien 
composé en Hangul

 

[size=24]La fabuleuse histoire.... - La diffusion de l’alphabet

[/size]

Inscription punique, Carthage

 
La diffusion de l’alphabet

 
 
C’EST A TYR, la grande cité maritime, que revient sans doute l’honneur d’avoir diffusé l’alphabet phénicien jusqu’à Carthage, en Sardaigne, et surtout en Grèce, comme le rappelle la légende grecque de Cadmos: les Phéniciens venus en Béotie avec Cadmos, fils d’Agenor, roi de Tyr, auraient enseigné les lettres phéniciennes.

 
 
Les colonies phéniciennes: Carthage

 
Dans un premier temps, cette écriture fut donc essentiellement diffusée dans les cités coloniales et les comptoirs commerciaux phéniciens de Grèce, de Chypre, d’Égypte, de Malte, de Sardaigne et d’Afrique du Nord, où elle se transforma légèrement. La variété de phénicienne appelée écriture punique se distingue de sa parente par son aspect moins sobre, des hampes de lettres qui tendent à s’allonger et à devenir plus sinueuses. Dans les derniers siècles de Carthage, elle n’est toutefois plus utilisée que dans les inscriptions monumentales. Par la suite, du fait de son utilisation limitée aux gravures sur pierre et sur métal, cette cursive se «monumentalisa» donnant naissance à une nouvelle écriture plus stylisée, baptisée néo-punique. Une des particularité les plus notables du néo-punique est l’emploi de matres lectionis. Passée une période de transition, la nouvelle écriture s’affirma définitivement après la destruction de Carthage en 146 av J-C surtout dans la Tripolitaine et en Afrique du Nord où elle survivra jusque vers le Ier siècle de notre ère.

 
Par ailleurs, diffusé d’abord à Chypre, l’alphabet phénicien devint pratiquement universel au VIIIe siècle, dans tout le bassin méditerranéen, quand il fut adopté par les Grecs, qui lui ajoutèrent les signes vocaliques, et dans le monde proche oriental où se répandait l’araméen.
[size]

La fabuleuse histoire..-L’ancêtre des alphabets occidentaux


[/size]
différents alphabets 

 
L’ancêtre des alphabets occidentaux


La révolution alphabétique

La véritable révolution que représente la création d’un alphabet en Canaan et en Phénicie, tient à ce que désormais les signes renvoient à des sons émis par la voix humaine dans un langage donné. Il ne s’agit plus de désignations conventionnelles, mais un travail phonétique progressif, scientifiquement établi, qui représente un effort d’abstraction remarquable. L’action de marcher, n’était ainsi plus exprimée par l’image ou la valeur symbolique de la marche, mais par l’écriture des lettres, qui une fois lues, donnaient le mot «marcher». 


Comme précisé, l’alphabet phénicien ne comporte que des consonnes. C’est aux Grecs que l’on doit l’introduction dans l’alphabet des voyelles, lettres qui existaient pourtant dans la langue phénicienne. Mais dans la langue phénicienne, comme dans toutes les langues sémitiques, cette absence n’était pas rédhibitoire dans la mesure où les syllabes ne connaissaient pas de diphtongues. Surtout, les racines des mots avaient pour caractéristique de ne se composer que de consonnes. Ainsi la racine trilitère spr était utilisée pour décliner le concept d’écrire ou de conter. Selon la vocalisation, on savait si on devait lire écrivain, écrire, écrit, etc. Ainsi et plus généralement, tout Sémite qui entend prononcer un mot le décompose, par une gymnastique mentale instantanée, en une racine consonnantique et en une flexion vocalique. Considérée du point de vue sémitique, l’écriture phénicienne n’apparait donc pas si imparfaite. Avec son consonnatisme intégral, elle dégageait admirablement le squelette consonnantique du mot, les traits et points de séparation aidant encore à isoler chaque racine. 


Le déchiffrement des écritures phéniciennes

Le déchiffrement d’une écriture alphabétique est toujours délicate. Alors qu’il est relativement aisé de découvrir le sens d’une écriture idéographique, il n’en est rien pour l’écriture alphabétique dans la mesure où on ignore la langue qu’il recouvre. 

C’est à l’abbé Barthélémy, français de son état, que l’on doit le premier déchiffrement correct d’une inscription phénicienne; il s’agissait d’une petite inscription bilingue grecque et phénicienne provenant de Malte, dont le moulage, offert à Louis XVI qui le plaça à la Bibliothèque Mazarine, est actuellement conservée au musée du Louvre. 

Le déchiffrement de l’alphabet ugaritique a été un travail collectif qui remonte à la fin des années 1920. Tout commence avec la découverte au nord de Lattaquié en Syrie des ruines de la cité phéncienne d’Ugarit sur le site de Ras Shamra. Les découvertes qui vont y furent faites bouleversèrent profondément l’histoire de la civilisation phénicienne et plus encore l’histoire de l’écriture. 

La mission archéologique Schæffer et Chenet (1929) mit à jour une importante nécropole, découvrant de nombreuses tablettes couvertes de caractères cunéiformes d’un type jusqu’alors inconnu. Le nombre réduit de signe semblait laisser penser que cette écriture était de type alphabétique. En 1930, le savant allemand Hans Bauer réussit à établire la valeur phonétique d’une quinzaine de lettres. La même année, quelques mois plus tard, le français E.Dhorme complétait l’étude de Bauer, soulignait le caractère sémitique de la langue ougaritique et en 1931 publiait une première traduction des tablettes découvertes à Ras Shamra. Parallèlement, l’autre français Virolleaud complétait le travail de Dhorme. Ainsi, de lettre en lettre, on a fini par identifier les trente lettres de l’alphabet primitif d’Ugarit. 

Les premiers travaux sur l’écriture pseudo-hiéroglyphique de Byblos sont quant à eux, l’œuvre de Maurice Dunand, rédigés en 1945.


[size=16]


Alphabetphenicien[/size]
[size]

La fabuleuse histoire.... - L’alphabet de Byblos -

[/size]

 
L’alphabet de Byblos


L’ALPHABET D’UGARIT révèle un stade plus primitif que celui de Byblos de la langue sémitique, en voie à cette époque, de simplification. A partir du Xe siècle, l’alphabet semble définitivement constitué à Byblos, probablement, où le sarcophage d’Ahiram porte le premier texte cursif parfaitement clair, en phénicien classique.


L’influence égyptienne

En reprenant l’alphabet d’Ahiram pour en détailler l’origine des vingt-deux signes, il est possible de soutenir que huit d’entre eux dérivent de l’écriture hiératique égyptienne, à savoir les lettres aleph, daleth, lamed, mum, nun, tsadé, resch et schin. Parmi ces signes, le aleph dériverait d’un signe qui reproduisait en le simplifiant le dessin du faucon dans des hiéroglyphes classiques. L’origine égyptienne de ses lettres s’expliquent aisément si on se souvient que Byblos, comme les autres cités phéniciennes de la côte, était une cité sous suzeraineté égyptienne. Régulièrement, le pharaon y dépêchait des vaisseaux chargés de pacotille pour l’échanger contre du bois de cèdre du Liban. Le souverain de Byblos reconnaissait au pharaon une souveraineté théorique et prenait pour son compte, le titre de fils de Râ. 


Un alphabet sans consonnes

L’alphabet phénicien archaïque s’était donc débarassé intégralement non seulement des idéogrammes, des déterminatifs mais également de toute trace de syllabisme. Il ne faisait aucun usage des matres lectionis, c’est à dire de certaines consonnes employées pour indiquer, en certains cas et de façon approximative, la vocalisation de la consonne précédente. C’est ce dernier fait qui fait dire à certains historiens, que l’alphabet phénicien n’est pas à proprement parlé un alphabet. Pour ces théoriciens, un alphabet doit en effet être une écriture analysant chaque mot en ses éléments phonétiques constitutifs, consonnes et voyelles, affectant un signe spécial à chacun de ses éléments, aussi bien aux voyelles qu’aux consonnes, permettant enfin à n’importe qui non seulement de reconnaitre un mot connu mais de reconnaître approximativement la prononciation d’un mot qu’il ne connait pas. 


[size=16]


Inscription du sarcophage d'Ahiram


Quoiqu’il en soit, après avoir pris à l’époque d’Ahiram sa forme classique, l’écriture phénicienne connut ensuite une certaine évolution, sensible dans le tracé des signes. La taille des caractères s’uniformisait, les hampes tendaient à s’allonger... en bref, l’écriture devenait progressivement plus élégante, caractérisée par de longs traits verticaux légèrement obliques, des boucles minuscules et des lettres plates.
[/size]



Ninnenne      
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
marileine
moderateur
moderateur
avatar

Messages : 25831
Date d'inscription : 08/03/2012
Localisation : belgique

MessageSujet: Re: La fabuleuse histoire de l'ecriture....   Lun 8 Déc - 13:34

La fabuleuse histoire.... - L’alphabet cunéiforme d’Ugarit -

 
L’alphabet cunéiforme d’Ugarit

La question de l’alphabet refait surface quelques siècles plus tard à Ugarit, la grande cité phénicienne. Les tablettes cunéiformes que l’on y découvrit n’étaient pas transcrites dans l’écriture sumérienne traditionnelle. Il s’agit bien pourtant d’une écriture cunéiforme, en ce sens qu’elle était tracée en enfonçant la pointe d’un roseau taillé en biseau sur des tablettes d’argile fraîche. Chaque lettre résultait donc de l’impression d’un ou plusieurs «coins». Mais à cela se borne la ressemblance avec les écritures syllabiques dérivées de l’écriture sumérienne. L’alphabet d’Ugarit en diffère à la fois par la forme, simplifiée, presque stylisée, et le nombre (entre vingt-deux et trente signes) de ses caractères et surtout par le fait qu’il est - à une exception près - une écriture consonnantique, c’est à dire ne transcrivant pas les voyelles. 


[size=16]


Abécédaire d'Ugarit 
Musée National de Damas


Une écriture de chancellerie

Mis au point et utilisé à partir du XIVe siècle par les scribes de la chancellerie désireux de se doter d’un système graphique propre, ces signes, groupés entre eux pour composer des mots que séparaient de courts traits verticaux, tenaient vraisemblablement de l’écriture alphabétique proto-sinaïtique utilisée en Canaan. Ugarit, à l’époque, était en effet en relations diplomatiques et commerciales avec toutes les grandes puissances de l’époque (Égypte, Hatti, Babylone et Mitani) et constituait une véritable mini-tour de Babel. Mêlant ces influences étrangères à sa tradition locale, Ugarit établit, avec sa nouvelle écriture, une véritable transposition de l’alphabet cananéen en graphie cunéiforme. 


La naissance d’un alphabet

Les textes d’Ugarit se répartissent en trois catégories: textes diplomatiques et traités, documents juridiques se rapportant essentiellement à des transactions commerciales et au droit privé et public et enfin textes littéraires d’inspiration religieuse. 

Au cours du XIIIe siècle, alors que l’écriture cunéiforme alphabétique d’Ugarit commençait à se répandre dans les cités voisines, celle-ci vit décroître le nombre de signes qu’elle comprenait. Naquit ainsi un alphabet réduit de vingt-deux signes.




Extrait du colophon d'une tablette d'Ugarit. On peut y lire: « Le scribe El-melek, le shibonite élève d’Aten-perlen, chef des prêtres, chef des pasteurs, le scha’aite Niqmad, roi d’Ugarit suzerain de Yrgb, maître de Sermin»[/size]

La fabuleuse histoire.... - Les écritures du Proche..


écriture méroitique
 
Les écritures du Proche Orient avant l’alphabet


AU DEUXIEME MILLENAIRE, cohabitaient dans le Proche Orient antique, et donc en Phénicie, véritable carrefour de civilisations, différents systèmes scripturaux: le hiéroglyphique et le hiératique égyptien au Sud, le hiéroglyphique hittite au Nord, le cunéiforme sumérien à l’Est et le linéaire A et B crétois à l’Ouest. 

L’écriture hiéroglyphique égyptienne

En Égypte, on utilisait un système qui comportait plusieurs centaines de pictogrammes, certains à valeur idéographique, d’autres à valeur idéographique et phonétique. Cette écriture était largement employée sur les monuments, aussi fut-elle appelée par les Grecs «hiéroglyphique», c’est à dire «écriture sacrée». Une forme cursive, utilisée exclusivement sur les papyrus, cohabitait avec elle, et fut baptisée «hiératique», c’est à dire, «sacerdotale». 


[size=16]


Texte hiéroglyphique gravé 
sur une stèle


L’écriture cunéiforme mésopotamienne

En Mésopotamie, on employait un système pictographique et syllabique simplifié dans lequel les signes n’avaient plus aucun rapport avec leur dessin d’origine. Les Mésopotamiens transcrivaient en effet leurs textes sur des tablettes d’argile qu’ils gravaient à l’aide d’un stylet. Leur écriture reposait donc sur un fin réseau de lignes en forme de clous ou de coins (du latin cuneus), d’où le terme d’écriture cunéiforme. Ce système scriptural, inventé par les Sumériens, comptait plusieurs centaines de signes. Au IIIe millénaire, les Akkadiens, peuple sémite, reprirent ce système scriptural, l’adaptèrent à leur langue et le popularisèrent sous ses formes assyriennes et babylonniennes. Il fut très utilisé dans le Proche Orient antique, du fait de l’usage du babylonien comme langue des relations internationales et de la culture. 




Texte babylonien en cunéiforme 


L’écriture pictographique hittite


Les Hittites, peuple indo-européen, utilisaient également un système pictographique, baptisé hiéroglyphique par analogie avec l’écriture égyptienne. Ecrite en boustrophédon, c’est à dire que l’écriture se lisait de droite à gauche puis de gauche à droite comme un bœuf labourant son champ (du grec bous, bœuf et stephein, tourner), l’écriture pictographique cohabitait dans le royaume hittite avec le cunéiforme. 




Ecriture pictographique hittite


Les écritures crétoises


En Crète, existait une écriture essentiellement phonétique dans laquelle les signes isolés avaient une valeur syllabique. Constitué d’une centaine de signes, aujourd’hui non encore tous déchiffrés, le Linéaire A (XVIIe siècle av. J-C.) et le linéaire B (XIVe siècle av. J-C.) étaient utilisés dans les îles de la mer Egée. 




Ecriture pictographique hittite


Les proto-alphabets cananéens 

Vers 1800 avant J-C. apparurent dans le Sinaï central et à Byblos des signes pseudo-hiéroglyphiques, transcrivant un dialecte cananéen, mais sous une forme non spécifiquement alphabétique. Des tablettes retrouvée à Byblos, suggère l’existence d’une écriture essentiellement syllabique, car ne comportant guère plus de 120 signes, baptisés «pseudo-hiéroglyphes» représentant des animaux, des végétaux, des bâtiments et des dessins géométriques. S’inspirant d’avantage de l’écriture crétoise que de l’écriture égyptienne, ce système scriptural fut en usage jusqu’à la fin du XIIIe siècle av. J-C., c’est à dire jusqu’à l’affirmation de l’alphabet phénicien. 




Inscriptions pseudo-hiéroglyphiques 
de Byblos, la bien nommée 
(en grec, livre se dit byblion) 
C’est la ville du livre, son destin est inséparable de celui de l’écriture... 


En Canaan, occupée par les Égyptiens, nacquit vers le XVe siècle avant notre ère, une écriture qui prit le nom de proto-sinaïtique, car on découvrit ses plus beaux spécimens dans des mines de turquoise égyptienne du désert du Sinaï. Son origine est à rechercher du côté de l’Égypte. L’écriture hiéroglyphique comprenait en effet vingt-cinq signes mono-consonnantiques différents qui associés constituaient un alphabet complet. Mais les Égyptiens, trop conservateurs, ne l’utilisèrent jamais comme tel. L’écriture inventée par les scribes cananéens, isolait ces signes et leur attribuait une valeur phonétique représentée plus ou moins schématiquement par ces signes. Elle constitue la première expérience probante de simplification alphabétique de l’écriture. Toutefois son destin nous est encore aujourd’hui inconnu.




Inscription proto-sinaïtique[/size]

La fabuleuse histoire.... L'alphabet Phénicien -


Polémique


LA QUESTION de l’attribution de l’invention de l’alphabet aux Phéniciens est un point d’histoire qui a toujours été discuté. Tous les Anciens ne partageaient pas l’avis de Pline ou d’Hérodote, certains, comme Diodore de Sicile, rappelant l’opinion des Crétois sur la question, «eux [les Crétois] disent que les Phéniciens n’inventèrent pas, à l’origine, les lettres, mais qu’ils changèrent la forme des signes». 

Il semble toutefois évident de dire que les Phéniciens jouèrent un rôle décisif dans l’histoire de l’alphabet, même si leur rôle effectif reste controversé. L’objet de ce bref essai est de mettre en lumière l’apport décisif attribué à cette peuplade sémitique de la côte méditerranéenne, à ce qui reste une des principales inventions de l’humanité: l’alphabet. 

Le peuple phénicien a l’insigne honneur d’avoir inventé les lettres de l’alphabet. 
Pline l’Ancien 

Ces Phéniciens arrivés [en Grèce] avec Cadmos [...] introduisirent [...] l’alphabet que les Grecs, à ce que je crois, ne possédaient pas auparavant. 
Hérodote





Inscription mortuaire de Tabnit, roi de Sidon (Vème siècle av. J-C.).

Qui étaient les Phéniciens ?


LA PHENICIE n’existe pas à proprement parler. On entend généralement par ce terme une région côtière s’étendant de Akko (Acre, Israël), au sud, jusqu’au delà d’Ugarit (Ras Shamra, Syrie), au nord. Les Phéniciens, dont le nom grec (phénix) signifierait le «peuple des palmiers», sont des Sémites apparentés aux Cananéens. Peuple venu vraisemblablement d’Arabie via la Mésopotamie, il s’est installé sur la côte méditerranéenne dès le IIIe millénaire. 

Carrefour de civilisations

Ils sont soumis très tôt à de multiples influences: celle de l’Égypte, sensible à Byblos dès l’Ancien Empire et très forte au milieu du IIe millénaire, celle des Sémites de Mésopotamie (Araméens, Babyloniens), celle des États asiatiques du Nord (Hourrites, Mitanniens, Hittites) et enfin celle des peuples de la mer Égée (Crétois, Mycéniens). Pendant le IIe millénaire, Ugarit a été la seule grande cité indépendante phénicienne tandis que ses consœurs faisaient l’objet de la convoitise des Égyptiens et des Hittites, la mer étant dominée par les peuples grecs. Ses rois ont entretenu une abondante correspondance diplomatique, notamment avec l’Égyptien Aménophis IV (Akhenaton), le Babylonien Soupilouliouma et le Hittite Hattousil III. 

L’apogée

Lorsque les grands empires orientaux commencèrent à tomber en décadence, menacés par les invasions des Peuples de la mer (les Philistins, qui donneront leur nom aux Palestiniens), les cités indépendantes phéniciennes prospérèrent et ce malgré la destruction d’Ugarit vers 1200 avant notre ère. L’apogée est comprise entre le Xe et le VIIIe siècle; la Phénicie comprenait alors trois groupes de villes, celui d’Arwad-Simrya (Syrie) au nord, celui de Byblos (Jbeil, Liban) - Bérytos (Beyrouth) Sidon (Saïda, Liban) au centre et celui de Tyr (Sour, Liban) au sud. Sous l’autorité de dynasties locales et en l’absence de péril extérieur, les métropoles se combattaient entre elles; c’est l’époque de la splendeur de Tyr et de Sidon, qui entretenaient des relations étroites avec leurs voisins. 

La société phénicienne

Avant d’être des navigateurs et des commerçants, les Phéniciens furent des paysans soigneux et d’habiles artisans. Leur science de l’agriculture se transmit jusqu’aux Romains qui traduisirent leurs traités. L’exploitation des forêts fut la ressource principale et l’exportation de bois de cèdre, dura fort longtemps. Les artisans brodaient des étoffes magnifiques et étaient réputés pour la qualité de leur teinture pourpre. Commerçant avec les royaumes araméens de Syrie (Hama, Damas), les Phéniciens se tournèrent très tôt vers la mer. Avec une belle audace, ils firent le tour de la Méditerranée et fondèrent de nombreuses colonies dont la plus célèbre fut Carthage (814 av. J.-C.). 

La fin de la civilisation phénicienne

Les Assyriens détruisirent ce fragile équilibre et asservirent les cités phéniciennes qui payaient tribu dès le VIIe siècle. En 678, Sidon est détruite et Tyr plusieurs fois assiégée. La Phénicie est ensuite disputée entre les Babyloniens de Nabuchodonosor et les Égyptiens, avant de devenir une satrapie de l’empire perse. Finalement, en 332, Alexandre le Grand s’emparait de Tyr, et depuis cette date, l’histoire phénicienne se confondait avec celle du monde hellénistique.




Maison Phénicienne

La fabuleuse histoire..-Les écritures du Seigneur...


 Les écritures du Seigneur des Anneaux

LES GRAPHIES ET LES CARACTERES utilisés au Troisième Age, l’époque où se sont déroulées les terribles événements relatés dans Le Seigneur des Anneaux, étaient tous, en définitive, d’origine sindarine, et déjà à l’époque d’une vénérable ancienneté. 

Elles avaient atteint un stade de développement alphabétique complet, mais des modes de transcription plus anciens, où seules les consonnes figuraient pas écrit, demeurait encore en usage. 

Ces alphabets étaient issus de deux origines bien distinctes : le Tengwar ou Tiw qui peut se traduire par « lettres » et le Certhar ou Cirth assimilés à des « runes ». La graphie du Tengwar a été conçue pour le pinceau ou la plume, et les caractères carrés des inscriptions sont dérivés, en l’occurrence, des formes écrites. Le Certhar était destiné aux inscriptions gravées ou incisées.



exemple Tengwar

Le Tengwar

LE TENGWAR ETAIT UN ALPHABET inventé par les Noldors. Il en existait plusieurs variantes telles le Tengwar de Rúmil ou bien encore le Tengwar de Fëanor. Elles furent progressivement généralisées au Troisième Age, dans une région où avait cours le Parler commun. 

Les Lettres Fêanoriennes ne constituaient pas un alphabet proprement dit, c’est à dire une série fortuite de lettres, ayant chacune sa valeur propre, et que l’on récite selon un ordre traditionnel, sans rapport manifeste avec leur forme ou leur fonction. C’était plutôt un système de signes consonnantiques, analogue pour la forme et pour le style, qui pouvait servir au choix et selon les nécessités du moment, à retranscrire des consonnes d’autres langues. Aucune de ces lettres n’avait donc de valeur fixe, mais certains rapports entre elles vinrent graduellement à s’imposer. 

Le système comportait vingt-quatre lettres primaires disposées en quatre témar (séries) de six tyeller (degrés). Il comprenait également douze lettres supplémentaires ainsi que des signes d’usages divers. Ces lettres primaires étaient composées d’un telco (jambage) et d’un luva (corps). Selon les lettres le jambage pouvait être dressé ou ramassé et le corps fermé ou ouvert. 

A chaque degré de lettres, correspondait un type de de sons. Ainsi le degré I s’appliquaient généralement aux dentales, le II aux labiales ou le V aux nasales. Comme dans les écritures sémitiques, les voyelles étaient rarement écrites. Elles étaient généralement signalées par un signe diacritique, le tehtar, placé d’ordinaire au dessus de la consonne. Toutefois, à la différence des écritures sémitiques, même les voyelles longues se présentaient sous la forme de tehtar placé alors au dessus d’un signe long. 

Il est enfin à noter l’existence de nombreuses abréviations, représentées là encore sous la forme de tehtar, pour dénoter les fréquentes combinaisons de consonnes sans avoir à les transcrire en toutes lettres

Le Certhar

C'EST AUX SINDAR DU BELERIAND que l’on doit l’invention du Cirth qui ne s’en servaient que pour graver des noms ou de brèves épigraphes commémoratives sur le bois ou la pierre. Ceci explique leur forme anguleuse qui les apparente à la famille des runes. 

A l’origine elles étaient utilisées aussi bien par les Hommes, les Nains, les Orques, voire les Elfes qui les modifièrent sous l’influence du Tengwar pour donner naissance à l’Alphabet de Daeron. Progressivement toutefois, elles furent marginalisées et ne survécurent que grâce aux Nains de la Moria qui se les approprièrent pour créer une graphie originale appelée Angerthas Moria. Ces derniers en tirèrent même une écriture qui pouvait se tracer à la plume. 

L’attribution des signes aux phonèmes de l’ancienne langue sindarine n’avait rien de systématique là encore. Ceci dit, avec le temps, cette situation se stabilisa avec l’apparition de l’Angerthas commun qui arrive à associer certaines de nos lettres alphabétiques avec le Certhar.



L’Angerthas


Ninnenne        
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
marileine
moderateur
moderateur
avatar

Messages : 25831
Date d'inscription : 08/03/2012
Localisation : belgique

MessageSujet: Re: La fabuleuse histoire de l'ecriture....   Lun 8 Déc - 13:40

La fabuleuse histoire..- Les écritures de Mesrob -


 Des écritures originales

[size=18][/size]

Enluminure arménienne 
d’un manuscrit du XIIIe siècle

LA LANGUE ARMENIENNE appartient à la famille linguistique indo-européenne et forme avec le géorgien, et d’autres dialectes parlés dans le Caucase, un groupe spécifique. 

Les alphabets arménien et géorgien sont voisins et vraisemblablement apparentés. La légende leur a donné un père commun: Saint Mesrob. 

La légende de Mesrob

LES ECRITURES TROUVENT BIEN SOUVENT leurs racines dans la religion. Celles des peuples arméniens et géorgiens confirment cette règle. Selon une tradition solidement établie qui nous a été transmise par l’historien arménien du Ve siècle, Moïse de Korène, l’invention des alphabets arméniens et géorgien est ainsi attribuée à saint Mesrob

Ce dernier, secrétaire à la cour des rois arméniens Varazdatès et Arsakès, avait quitté ce poste prestigieux pour se consacrer à la vie religieuse. A l’époque vers la fin du IVe siècle, la cour arménienne utilisait l’écriture perse appelée pehlevi. Les Arméniens, convertis au christianisme depuis un siècle, se résignaient toutefois difficilement à tenir leur écriture des fervents de Zoroastre. 

Mesrob, qui avait apprit l’alphabet grec d’un rhéteur d’Edesse dénommé Platon et du moine Ruphanos, élabora un alphabet arménien original, à la suite d’une révélation divine si l’on en croit la légende. A l’aide de cet alphabet, il transcrivit sa traduction arménienne du Nouveau Testament. En 406, du vivant de Mesrob, un édit du roi d’Arménie imposait son emploi dans tout le royaume. 

Ce n’est que par la suite que le saint homme se serait rendu dans le royaume voisin de Géorgie pour donner à ce pays, en accord avec son roi de l’époque, Artchal, une écriture nationale. Mesrob disparut en 441. 

[size=18][/size]

Couverture en cuir 
d'un manuscrit du XIIIe siècle

L'alphabet Arménien

L’ALPHABET ARMENIEN ne compte pas moins de trente neuf caractères et, à la différence des écritures sémitiques utilisées dans les états voisins de l’est et du sud du Caucase, possède une notation intégrale des voyelles. Comme ces lettres ne font jamais double emploi, l’alphabet arménien constitue un instrument d’une belle précision phonétique. Elle reprend au grec 22 sons auquel elle attribue ses propres signes et ajoute 14 signes destinés à noter des sons étrangers au grec. L’écriture arménienne, comme la grecque à laquelle elle est partiellement apparentée, use à la fois de majuscules et de minuscules. 

La question des origines

Son origine est toujours discutée, la légende de Mesrob comme toutes les légendes de nature politique étant sujette à caution. Un fait prèche toutefois en faveur de cette thèse: l’alphabet arménien de par sa précision et sa cohérence semble bien avoir été élaboré en une seule fois, et n’est pas le fruit d’une longue évolution, comme l’alphabet latin ou grec. 

Par ailleurs, les spécialistes se sont longuement entredéchirés pour savoir s’il fallait chercher le modèle de l’écriture arménienne du côté de l’écriture grecque ou de son homologue perse. Le débat de son origine, semble actuellement pencher en faveur de l’écriture occidentale. En effet, le principe de la notation intégrale des voyelles est une conception fondamentalement étrangère au peheveli. Ensuite, plusieurs de ses lettres ont manifestement été empruntées au grec. Enfin, l’alphabet arménien s’écrit de gauche à droite et non de droite à gauche comme le peheveli. 

Pourtant, en faveur de la thèse perse, il est toutefois possible d’avancer l’argument selon lequel les formes des signes de l’alphabet arménien sont passablement inspirées de celles des caractères persans alors en usage en Arménie. 

Pour trancher entre les deux théories, l’historien de l’écriture James Février, propose de replacer la question de l’alphabet arménien dans son contexte politique: destiné à transcrire en arménien les textes bibliques et la littérature chrétienne, il parait peu probable que l’on ait imité une écriture trop liée à une religion rivale. 

Graphisme de l’écriture

Initialement, l’alphabet était formé d’une seule série de lettres de type oncial (erkathagir), qui sont par la suite devenues les majuscules de l’alphabet moderne. Ces dernières, également appelées lettres de fer sont aujourd’hui complétées par une série de minuscules (bolorgir ou lettres rondes). 

Vers la fin du moyen âge apparut une écriture cursive (notrgir), en usage en typographie et qui fit le même usage que notre italique. Cette écriture, aujourd’hui dépassée, est remplacée par un autre caractère d’aspect droit (aramian du nom de son créateur). 

Le bolorgir, quant à lui, a évolué pour devenir plus aisé à lire, mais a conservé son aspect penché.

[size=18][/size]

Alphabet arménien

[size=18][/size]

L'Alphabet Géorgien

ON L’A VU LA LEGENDE attribue également à Mesrob la création de l’écriture géorgienne. C’est vrai que certaines lettres offrent des similitudes frappantes et que d’autre part le nombre des caractères est à peu près le même (entre 36 et 40) de même que les valeurs phonétiques qui leurs sont attribuées. 

Une autre tradition géorgienne attribue toutefois l’invention de cette écriture par le roi Parnavas au IIIe siècle. 

Présentation

L’alphabet géorgien est appelé anban du nom des deux premières lettres. Il en existe deux variétés, assez proches l’une de l’autre pour que leur parenté, non plus que leur rapport avec l’écriture arménienne, ne fasse aucun doute, mais assez différentes pour qu’il soit impossible a priori de dire qu’elles dérivent l’une de l’autre. Ce sont le khutzuri et le mkhedruli. 

Le khutzuri ou caractère ecclesiastique se rencontre dans les documents les plus anciens, en particulier dans les textes religieux. Il compte 38 lettres, plus le f, qui comme en arménien, ne sert qu’à la transcription des mots d’origine étrangère. Il n’est guère plus utilisé aujourd’hui, sauf pour des usages religieux. 

Le mkhedruli (en fait mkhedruli kheli ce qui veut dire «main du soldat»), contraste par son aspect cursif, ses formes arrondies, avec l’aspect anguleux, le dessin carré des caractères khutzuri. Il compte au total quarante lettres, dont sept ne servent plus aujourd’hui. A la différence des alphabet khutzuri et arméniens, il ne possède pas de majuscules. Il existe également une forme cursive de cet alphabet, très riche en ligature, employée pour l’écriture manuscrite. Les alphabet géorgiens ont conservé plus fidèlement que l’alphabet arménien l’ordre primitif des lettres. L’antériorité du mkhedruli sur le khutzuri n’est pas avérée. 

Origine grecque contre perse

Comme pour l’alphabet arménien, les spécialistes se chamaillent pour savoir si les alphabets géorgiens sont issus de l’écriture grecque ou perse. Pour le khutuzuri, Février estime que son inventeur s’est inspiré des deux écritures. La forme des lettres, leur ordre, voire leur nom font pencher vers la thèse perse, mais la présence des trois lettres grecques déjà mentionnées dans l’alphabet arménien ainsi que celle des cinq voyelles du grec font pencher vers la thèse héllénistique. 

[size=18][/size]

Alphabet géorgien

[size=18][/size]


AU-DELA DES POLEMIQUES DE SPECIALISTES, un fait demeure: malgré le faible nombre de personnes qui les utilisent, et malgré 50 ans de russification forcée à l’époque soviétique, les alphabets arméniens et géorgiens survivent, parfois même au delà de leur Caucase originel, diasporas obligent. 

Ces écritures font partie intégrantes du patrimoine culturel de ces peuples caucasiens qui n’y renonceraient pour rien au monde.


[size=18][/size]

Tomar Grigorieann havitenakan 
Rome: D. Basa, 1584

La fabuleuse histoire...- L'écriture Arabe-Esthétique de...

Esthétique de l’écriture arabe 
 
ES POETES DE L’ERE PRE-ISLAMIQUE connaissaient déjà dans une certaine mesure l’écriture arabe; ils font souvent allusion à la forme de certaines lettres comme le lam-alef () qui est comparé à une empreinte de pied. 
 
“Il ne fait aucun doute qu’il exite peu d’alphabets dans le monde qui puisse être écrit de manière aussi diverses et aussi harmonieuses que l’arabe” observe ainsi Anne-Marie Schimmel. On retrouvera cette calligraphie sur les mosquées, les madrassées, les tombeaux (épigraphes), les objets de la vie quotidienne.... 
 
[size=18] [/size]
Deux exemples de lam-alef 
 
D’un point de vue purement esthétique, le mot ‘Allah’ avec ses trois barres est un mot idéal pour un artiste dans la mesure où il est formé exclusivement de barres verticales. 
 
Les Califes Omar et Ali n’aimaient pas les petits corans car selon eux, le nom d’Allah devait être écrit en grands caractères. C’est un des facteurs qui fit le succès du Coufique comme première grande écriture arabe. 
 
[size=18] [/size]
“Allah” en coufique géométrique 

[size=24]La fabuleuse histoire...- L'écriture Arabe-Symbolisme de...

Symbolisme de l’alphabet arabe 
 
’ART DE L’ECRITURE EN ISLAM, est également caractérisé par une autre spécificité: le symbolisme des lettres. L’agencement des lettres y a en effet, a une haute signification: il s’agit d’exprimer en termes intelligibles la réalité cachée de la parole d’Allah. Cette alchimie des lettres, en arabe Jafr, symbolise le désir d’expression d’une géométrie de l’âme. 
Véritable science cabalistique, le Jafr repose sur la combinaison de chacune des 28 lettres de l’alphabet arabe avec les 10 chiffres. Il faut d’ailleurs rappeler que les susdites 28 lettres, d’après l’ordre du vieil alphabet sémitique, peuvent être mises en lien avec les 28 positions de la lune. 
C’est ainsi que ces 28 lettres sont divisées en 4 groupes de 7 lettres, groupes représentant les 4 éléments fondamentaux de l’univers, l’air (Ba ‘’), la terre (Dal ‘’), le feu (Alef ‘’) et l’eau (Jim ‘’). On invoque les lettres de feu pour soigner les malades qui souffrent du froid, pour augmenter le pouvoir de la chaleur ou encore pour affermir la puissance du guerrier. On invoque les lettres de l’eau pour soigner les fièvres et augmenter les pouvoirs du froid. 
Par ailleurs, chaque lettre a une valeur numérique (Abjad Hawaz) et les agencer afin d’obtenir une certaine date est très commun. Ces équivalents numériques sont: 
 
- de 1 à 9 de l’Alef au Ta, 
- de 10 à 90 du Ya au Sad, 
- de 100 à 900 du Qaf au Za, 
- et 1000 pour le Ghain. 
 
À partir de ces chiffres, on peut établir des correspondances entre les différentes lettres de l’alphabet. C’est ainsi que le Ba (2), le Kha (20) et le Ra (200) recouvrent des manières différentes d’exprimer le chiffre 2. Toutefois, comme le notait fort pertinement Ibn Kaldoun, la réelle signification des relations existant entre les lettres et les humeurs des hommes et les lettres et les chiffres est difficile à appréhender. 
 
Par ailleurs, les lettres elles-même forment une part importante du langage symbolique de la prose et de la poésie religieuse et profane. Alef (), la première lettre, une ligne droite, dont la valeur numérique est 1, est le chiffre de la grâce fine du bien-aimé mais aussi en même temps le symbole d’Allah, le dieu unique, l’unité absolue. Les poètes ont souvent proclamé qu’ils n’avaient appris qu’une lettre, leAlef. Elle est en effet plus importante que tout l’alphabet réuni: connaître l’unicité et l’unité d’Allah prime sur la connaissance des choses visibles de ce monde. De plus, Le Alef, première lettre de l’alphabet, se retrouve dans toutes les autres lettres. Ainsi, le Hha’ () n’est autre qu’un Alef courbé et le Mim () un Alef circulaire. 
 
Le Ba (), la deuxième lettre de l’alphabet, qui est aussi la première lettre du Bismillah qui forme le début du Coran, est considéré comme la première manifestation de la sagesse divine, la porte d’entrée dans le monde de l’Absolu. Dans son point sont contenus tous les mystères de la création. C’est que par la vertu de la médiation du Ba, qui suggère le Alef et en même temps diffère de lui par la ligature qui le joint aux autres lettres, il est possible de voir le Alef dans les autres lettres, révélant la divinité latente de l’homme. 
Les relations entre le Alef et le Ba sont à l’origine de spéculations ésotériques de portée philosophique. C’est ainsi que pour les mystiques soufis, le Alef a été créé spontanément, de par sa volonté propre, alors que le Ba a été “obligé” d’exister. La conclusion en découle est que la liberté n’est pas incompatible avec l’obligation... Toujours dans cette tradition soufie, il est possible de mentionner un des enseignements du Persan Sanai: “la première et la dernière lettre du Coran sont b ets (= bas, qui signifie en arabe “assez”); cela signifie que le Coran est suffisant comme guide sur ton chemin”. 
 
D’autres lettres, comme le dad (), le jim (), le lam () ou le qaf () ont été comparés aux boucles ou les tresses du bien-aimé, le nun () à une boucle, le sin () à ses dents, le sad () ou le ‘ain () à ses yeux en amandes. Le lam-alef (), essentiellement une ligature, a souvent symbolisé l’union. Enfin, le Mim (), un petit anneau, dont la valeur numérique est 40, est l’abbréviation de Mahommet, le récipiendaire de la parole divine. 
 
 
“Lui”reflète “Lui” exprimant 
l’unité soufie avec Dieu 
(calligraphie miroir)
 
 
Comme pour montrer l’importance symbolique des lettres arabes, il faut pour conclure soulever la question des Futuhat, ces lettres isolés qui introduisent souvent les sourates coraniques. Ces lettres, dont la signification ne nous est pas connue, ont donné lieu à de nombreuses spéculations . Quoiqu’il en soit, échappant à la compréhension humaine, ces lettres sont souvent perçues comme une sorte de signe d’Allah, une intuition divine. 

La fabuleuse histoire..- L'écriture Arabe-Caractère sacré.

Caractère sacré de l’écriture arabe 
 
’APRES L’ENSEIGNEMENT DE L’ISLAM, le Coran fut transmis au prophète Mahommet en langue arabe par l’archange Gabriel, d’où son statut de langue divine. Ceci explique pourquoi l’écriture arabe a toujours conservé une place importante dans la culture musulmane. Fondée sur le concept du mot pré-éternel divinement écrit dans le Coran, chaque copie de celui-ci emmène le fidèle au contact immédiat avec le scribe éternel divin du destin. 
La première révélation du Coran concerne l’art de l’écriture que Dieu a octroyé à l’homme: 
 
Il enseigna par le Calame et enseigna à l’Homme ce qu’il ignorait. 
Coran XCVI,4-5
 
 
La deuxième révélation coranique a pour titre al-Qalam, “le Calame” :Par le Calame et ce qu’ils écrivent.
Coran LXVIII,1
 
Le Coran est pré-écrit: 
Pourtant ceci est une Prédication sublime sur une Table conservée. 
Coran LXXXV, 21-22
 
Les Anges sont les premiers scribes de l’Écriture: 
En vérité, à votre encontre, sont certes des Anges qui retiennent vos actes, des Anges nobles qui écrivent, sachent ce que vous faites. 
Coran LXXXII, 10-12

 
Certes, Nous avons créé l’Homme. Nous savons ce que lui suggère son âme. Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire lorsque recueillent son discours les deux Anges Recueillants assis à droite et à gauche. 
Coran L, 15-16
 
 
Bismillah
“Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux”: formule traditionnelle qui introduit chaque sourate du Coran et ponctue la récitation. Elle fait généralement l’objet d’un traitement calligraphique d’une grande richesse.
 
 
 
 
Bismillah, Turquie, XVIe siècle 
 
Et logiquement, dans cette culture où tout est préécrit, le destin de chaque homme est déjà écrit et son immuabilité se retrouve dans l’expression de la tradition prophétique qad jaffal-qalam, “le calame est déjà sec”. 
....et il n’échappe à ton Seigneur ni le poids d’un atome sur la terre et dans le ciel, ni un poids plus petit ou plus grand qu’un atome sans que cela soit consigné dans un rôle explicite. 
Coran X, 62

 
Le jour ou Nous appellerons tous les hommes avec leur rôle ceux à qui l’on remettra leur rôle dans la dextre, ceux-là le liront et ne seront point lésés d’un fil. 
Coran XVII, 73

 
Ceux qui sont infidèles ont dit: ‘L’Heure ne nous touchera point.’ Réponds-leur: ‘Si! par mon Seigneur qui connaît l’inconnaissable, à qui n’échappent ni le poids d’un atome, dans les cieux et sur la terre, ni un poids plus petit ou plus grand que cela! Rien ne se fait sans que cela soit consigné dans un rôle explicite. 
Coran XXXIV, 3

 
Nous savons ce que la Terre dévore d’eux. Près de Nous est un Écrit, gardien de ce qu’ils font. 
Coran, L,4
 
 
Wâhid, “l'un”, Eski Cami, Edhie 
 
Il est donc logique que les Musulmans commencèrent à écrire très tôt le Coran de telle manière d’en exprimer son éternelle beauté. Mahomet aurait d’ailleurs dit: qu’ “une bonne écriture fait éclater la vérité”. De là découle la haute estime dans laquelle est tenue le calligraphe. Comme le dit le dicton: “le mot écrit est un talisman, et le processus d’écriture un art magique lié non seulement avec la technique, l’habileté et l’art du maître, mais aussi avec sa personnalité spirituelle et morale”. 
 
 
Mahommet [est le messager de Dieu], Eski Cami, Edirne 
 
Aujourd’hui encore, toute personne qui se convertit à l’Islam doit apprendre l’arabe afin de pouvoir correctement réciter le Coran. Les lettres de l’alphabet arabe représentent pour le Musulman de véritables icônes de la religion. 

La fabuleuse histoire...- L'écriture Arabe-De l’Alef au Ya

’ALPHABET (ALIF BAE YA) ARABE est composé de vingt-neuf lettres. La majorité des lettres changent légèrement la forme de leur caractère en fonction de leur position dans le mot (initiale, médiane ou finale) si elles sont jointes à une autre lettre, ou bien si elles sont isolées. Seules les forme finales isolées sont présentées ci-dessous: 
 
L’arabe est une écriture consonnantique. Cela se traduit par le fait que toutes ces lettres, à l’exception du Alef (), sont des consonnes. Le Waw () et le Ya () sont, elles, des demi-voyelles, dans la mesure où elles représentent à la fois une consonne et une voyelle: le Waw se prononce ‘w’ ou ‘ou’ alors que le Ya se prononce ‘y’ ou ‘i’. Ainsi, la racine trilitère ‘KTB’ arabe peut, selon le vocalisme, être lue ‘katib’ lire, ‘kitab’ l’écrivain, ‘kutub’ les livres, ‘kataba’ il écrivit, etc. 
Les voyelles brèves sont figurées par des signes diacritiques applées Fathah (son ‘a’: un petit trait au dessus de la consonne), Dammah (son ‘ou’: un petit Waw au dessus de la consonne) et Kasrah (son ‘i’: un petit trait au dessous de la consonne). 
 
Dernière particularité de l’écriture arabe: elle s’écrit de droite à gauche. 
Cette écriture, malgré le grave inconvénient que représente le fait qu’elle soit consonnantique, est toutefois considérée pour certains spécialistes plus adéquate qu’aucune autre pour souligner les aspects syntaxiques et sémantiques de la langue arabe. L’alphabet arabe met ainsi en évidence les aspects morphologiques et phonétiques de la langue. 
 
C’est que l’arabe est une langue dans laquelle les voyelles ne servent qu’à préciser la fonction grammaticale du mot et non son sens. On a ainsi pu le voir pour l’association des lettres ‘K’, ‘T’ et ‘B’ qui fait toujours référence à l’écrit, les voyelles ne servant qu’à préciser le temps du verbe conjugué ou un pluriel. 
 
Ainsi l’absence de vocalisation, qui serait un handicap pour une langue indo-européenne comme le français du fait de l’existence de nombreux mots combinants plusieurs voyelles ou commençant par une voyelle, n’en est pas un pour l’arabe, tout comme d’ailleurs l’autre grande langue sémitique qu’est l’hébreu. 
 
 
[/size]
aAlefdDad
bBa'tTah
tTa'zZah
 thTha'''Ayn
jJimghGhayn
hHha'fFa
khKha'qQaf
dDalkKaf
dThallLam
rRamMim
zZaynnNun
sSinhHa
shShinwWaw
sSadyYa
   ,Ham- 
zah
[size]
 
 
Alphabet Arabe 

La fabuleuse histoire...- L'écriture Arabe-Ecriture et...

D’inspiration divine, l’écriture arabe est médiation entre l’homme et Dieu 
  
 
  
INTRODUCTION 
 
Ecriture et éternité
L’écriture est la forme d’art plastique essentielle de la civilisation arabo-musulmane. L’écriture étant jugée divine, elle se divinise encore plus dans la perfection, la rigueur et le dénuement de son effet décoratif. Abstraite par sa forme et profonde par son sens, elle conduit au divin.But ultime d’un art dépouillé, la calligraphie est poussée à l’extrême jusqu’à la pureté du signe et l’ornement devient l’éloge du Verbe par l’écriture. 

Y.H. Safadi 
  
 
Bismillah, Qutub minar, XIII 
  
 
ANS CHAQUE ECRITURE se retrouve le même désir d’éternité, le désir de rendre immortelle une pensée, une histoire. Dans le cas de l’écriture arabe, c’est également une religion, en l’occurence l’Islam, qu’il s’est agit de préserver dans sa pureté originelle. 
 
L’écriture arabe est donc fondamentalement liée à l’existence et l’expansion de l’Islam. La révélation coranique a en effet permis aux Arabes de fixer dans sa perfection la langue de la poésie antéislamique. Le Coran ne peut être récité qu’en arabe, et la diffusion de l’Islam a obligé les Musulmans à définir une typographie la plus explicite qui soit afin d’éviter que le message d’Allah ne puisse être trahi. 
Toutefois ce respect figé de la langue n’a pas nuit pour autant à la l’écriture arabe. En effet, cette contrainte associée au fait que l’Islam interdise de représenter les êtres animés, a conduit les Musulmans à développer de manière flamboyante la calligraphie afin d’exalter la parole révélée de Dieu. Ce faisant ils ont élevé cet art au rang d’art majeur. 
 
Calligraphie: 
1° Art de bien former les caractères d’écriture; écriture formée selon cet art. 
2° Oeuvre du calligraphe.
 
 
La calligraphie est une manière de visualiser une langue et sa topographie. En ce sens, la calligraphie arabe repose sur un principe visuel simple: l’entrelacs d’une ligne de base simple et de lignes verticales, entrelacs complété par des signes typographiques conventionnels (voyelles brèves, shaddé, etc.). Elle obéit à une logique interne fondée sur l’équilibre et le dynamisme de la composition. Sa beauté ne dépends plus du texte qu’elle illustre: texte devenu dessin, la calligraphie prend son sens en elle-même. C’est ce qui explique, sans doute pourquoi, l’art calligraphique arabe peut toucher le non-arabophone. 
Avant d’approfondir le thème de la calligraphie arabe, cette première partie de la série ‘De la calligraphie à la typographie’ va présenter brièvement l’alphabet arabe et mettre en évidence son importance aux yeux des Musulmans et des gnostiques arabes. 

Ninnenne           [/size]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
marileine
moderateur
moderateur
avatar

Messages : 25831
Date d'inscription : 08/03/2012
Localisation : belgique

MessageSujet: Re: La fabuleuse histoire de l'ecriture....   Lun 8 Déc - 13:45

La fabuleuse histoire... - Champollion et les hiéroglyphes

 

La pierre de Rosette

TOUT A COMMENCE en ce mois de juillet 1799, quand l’officier français Pierre Bouchard appartenant à l’expédition que Bonaparte mène en Egypte, exhume au pied du fort Rashîd, sur la côte méditerranéenne, une stèle de basalte noire. Sans le savoir, il vient de mettre la main sur un décret datant de Ptolémée V (ca 196 av J-C) retranscrit en trois écritures, grecque, démotique et hiéroglyphique: la Pierre de Rosette. 

Le moine bénédictin Dom Bernard de Montfaucon l’avait écrit: on ne pourrait déchiffrer l’égyptien ancien, langue restée jusque là hermétique aux savants européens, qu’en disposant d’“inscriptions d’anciens Égyptiens répétées ensuite en Grec”. De la rencontre de ce document et d’un jeune homme à l’intuition géniale, Jean-François Champollion va naître l’égyptologie.


La pierre de Rosette

La piste copte

JEAN-FRANCOIS, dans sa prime jeunesse, va se révéler être un élève particulièrement doué pour les langues orientales. Cornaqué par son frère aîné, Jacques Joseph, il va étudier à Figeac puis à Grenoble, le latin, le grec, l’hébreu mais aussi l’arabe, le syriaque et l’araméen. Son intelligence des langues le conduit très tôt à comprendre la parenté qui existe entre les grandes langues sémitiques. Lors de son premier séjour grenoblois (1801-1806), il fait la connaissance d’un moine syrien revenu d’Égypte avec l’armée française, dom Raphaël de Monachis, qui incite le jeune étudiant à s’attaquer à l’éthiopien et surtout au copte. 

L’élève mettra un certain temps à redécouvrir ce que des érudits français avaient énoncé deux siècles plus tôt et que les Coptes eux-mêmes n’avaient cessé de clamer à savoir que leur langue n’est autre qu’une forme tardive de l’ancien égyptien. En 1807, Champollion alors âgé de 16 ans, présente un mémoire à l’Académie de Grenoble, dans laquelle il défend cette thèse. Sa passion pour l’Égypte ne fait que grandir; il écrira cette même année: “Je veux faire de cette antique nation une étude approfondie et continuelle (...) De tous les peuples que j’aime le mieux, je vous avouerai qu’aucun ne balance les Égyptiens dans mon cœur.” 


Papyrus Copte

Peu de temps après, Champollion part pour la capitale, fréquenter les cours d’arabe, de persan, d’hébreu, de syriaque, d’araméen et même de chinois, dispensé par les savants professeurs de l’École spéciale des langues orientales, fondée en 1795. Champollion continue toutefois d’approfondir son hypothèse copte, une langue, écrit-il à son frère, qu’il ne fait pas que parler, mais dans laquelle il rêve ou traduit tout ce qui lui passe par la tête: “Je travaille. Et je me livre entièrement au copte. Je veux savoir l’égyptien comme mon français parce que sur cette langue sera basé mon grand travail sur les papyrus égyptiens.” 

Confronté au manque de matériaux sur le copte, il va composer ses propres outils: deux grammaire, l’une du saïdique, l’autre du bohaïrique (deux dialectes coptes), ainsi qu’un dictionnaire. Dans le processus de la découverte, l’établissement de ce dictionnaire copte va constituer une étape clé. 


Jacques-Joseph Champollion 
dit Champollion-Figeac, 
le mentor de Jean-François

Champollion s’attaque aux hiéroglyphes

LES PREMIERS TRAVAUX PUBLICS de Champollion datent de 1810. De retour à Grenoble où il vient d'être nommé professeur d'histoire, il livre à l'Académie de cette ville, ses premières conclusions sur la nature des écritures des anciens Égyptiens: la première communication réaffirme l'origine commune des trois principaux types d'écriture utilisés par les Égyptiens, hiéroglyphique, hiératique et démotique, la seconde traite du sens des signes hiéroglyphiques. Ces derniers, empruntés à l'univers réel ont longtemps fait croire qu'il ne pouvait s'agir que de symboles ou d'idéogrammes. Champollion défend également l'idée selon laquelle ils doivent aussi transcrire des sons, puisqu'ils servent à écrire des noms de personnes. 

Champollion ne fut pas le premier à défendre cette thèse: en 1761, l'abbé Barthélémy avait émis l'hypothèse selon laquelle les cartouches enfermeraient des noms royaux. Dans la même veine, le diplomate suédois Åkerblad avait à partir de la pierre de Rosette réussi à identifier tous les noms propres. 

Les recherches de Jean-François sont brutalement ralenties par la chute de l'Empire. Bonapartistes, les frères Champollion doivent s'exiler à Figeac, loin des précieuses bibliothèques. Et cela tombe très mal, car en Angleterre, un jeune médecin-physicien, Thomas Young s'est engagé dans la course aux hiéroglyphes et s'affirme comme un prétendant sérieux au déchiffrement. Comme Champollion, Young a compris l'identité du copte et de l'égyptien. Il a identifié sur la pierre de Rosette le nom de 'Ptolémée', le déterminatif qui indique la désinence du féminin ainsi que quelques expressions. Plus important encore, il a le premier reconnu dans l'égyptien la coexistence de signes alphabétiques et non alphabétiques. Enfin, dès 1814, il a noté que certains signes démotiques dérivaient de signes hiéroglyphiques. 


Extrait de l’article de Young dans lequel il pressent l’existence de hiéroglyphes phonétiques 

Après quelques moments d'abattement, Champollion continue de progresser pas à pas. Il identifie des groupes, en général des épithètes, dont , "dieu parfait" qu'il traduit par référence à la version grecque. Il sait également comment les Égyptiens évoquent l'idée du pluriel

Il se heurte par ailleurs à des obstacles de taille. Tout d'abord, les copies de hiéroglyphes dont il dispose ne sont pas toujours très fiable. Or il opère par comparaison de segments de phrase ce qui le mène souvent au contre-sens: il traduit ainsi l'expression, , "remplissant tous les deux jours les fonctions de Ptérophore du dieu", alors que la séquence véritable, , ne signifie que "(Ramsès) em-per-Rê justifié de voix". Ensuite, Champollion persiste à essayer de démontrer la nature fondamentalement idéographique des hiéroglyphes en essayant d'associer à chaque signe une valeur sémantique ce qui l'amène à des conclusions douteuses: ainsi dans le groupe qui désigne le nom d'Osiris (Ousir), il voit comme une prière signifiant: (regarde-moi favorablement ô puissant dieu)! 



Champollion devant l’Académie
LE 27 AOUT 1821, il présente à l'Académie des inscriptions et belles-lettres de Paris, ses premiers résultats, affirmant notamment que l'écriture démotique n'est qu'un dérivé du hiératique, lui même une version cursives des hiéroglyphes. Puis il dresse un tableau de correspondance entre les signes hiératiques et les signes hiéroglyphiques dont ils procèdent. 

Un peu plus d'un an plus tard, le 27 septembre 1822, Champollion est invité par l'Académie à présenter des résultats qui vont révolutionner l'égyptologie. Il est parti des travaux de Young qui avait proposé une transposition du cartouche de Ptolémée, selon toutefois un découpage très aléatoire. Champollion émet lui l'hypothèse que comme pour certaines autres langues de la région, seule les voyelles sonores sont retranscrites à l'aide de semi-voyelles; ainsi "Ptolemaios" en grec, devenait en égyptien "Ptolmys": 


Traduction des cartouches 
de Ptolémée et de Cléopatre

En traduisant le nom de Cléopatre en "Kleopatrà", il valide son hypothèse et peut présenter la valeur alphabétique de onze signes dont quatre semi-voyelles. Il montre également qu'en certains cas pour un même son, il peut exister plusieurs signes; ainsi le 'L' peut être transcrit par un lion ou une bouche . Pour renforcer cette thèse alphabétique, il avance également le fait que sur la pierre de Rosette, 486 mots grecs sont retranscrits en 1419 hiéroglyphes. Cet écart indique à l'évidence que les hiéroglyphes ne peuvent transcrire des mots. Et c'est à partir de ses conclusions partielles que Champollion expose sa thèse: il existe une différence de nature entre la langue égyptienne proprement dite et son usage pour transcrire approximativement des sons: l'écriture hiéroglyphique est à la fois idéographique et alphabétique. Pour rédiger sa communication qu'il dédie au secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, Bon-Joseph Dacier, Champollion se fait aider par son frère. Celle-ci est un succès. 


Lettre à M. Dacier

L’aventure continue

POURTANT ON EST ENCORE LOIN d'avoir appréhendé toute la richesse de l'écriture des anciens Égyptiens. Déjà, Champollion n'a pas révélé certains de ses résultats qui le laissent encore perplexe car ne permettent pas de trancher nettement quant à la nature idéographique ou alphabétique des hiéroglyphes. Un cartouche recopié par l'architecte Jean-Nicolas Huyot à Abou-Simbel, lui donne du fil à retordre et met sa logique à rude épreuve. Graphié , il n'est pas difficile d'en traduire les deux derniers signes car on les retrouve dans le cartouche de Ptolémée: ce sont des 'S'. Le premier signe, un cercle pointé, semble quant à lui représenter le soleil. Or Champollion sait, d'après le copte, que le soleil se lit "Rê". Reste le signe central. Il figure sur la pierre de Rosette dans une expression traduite en grec par "anniversaire". Champollion le rapproche donc du copte "hou-mice" qui signifie "jour de naissance" et en déduit que ce signe correspond au mot copte "micé", qui se traduit par "mettre au monde". Dès lors, il est en mesure de traduire un des noms les plus célèbres de l'histoire: Râ-mes-es-es, Ramsès, qu'il peut traduire par "Rê l'a mis au monde". Sur le même principe, il transcrira le cartouche de Thoutmôsis, , car il ne diffère de celui de Ramsès que par le premier signe: au lieu du dieu Rê, nous trouvons le dieu Thot (un ibis)! 

En 1823, Champollion présente à l'institut plusieurs communications sur le système hiéroglyphique. La même année, il publie son Panthéon égyptien, qui connait un vif succès. Un an plus tard, paraît le Précis du système hiéroglyphique des anciens Égyptiens dans lequel il compile l'ensemble de ses recherches sur les noms de dieux et rois égyptiens et il expose l'organisation d'ensemble de l'écriture en signes phonétiques et idéographiques. Les premiers comportent une, deux ou trois consonnes, le groupe des unilitères (25 signes) formant le premier véritable alphabet de l'humanité. Les seconds se répartissant en idéogrammes qui désignent directement l'objet et en déterminatifs qui permettent de distinguer des mots formés de consonnes apparemment homophones. 


Alphabet hiéroglyphique

Et s’achève prématurément


Champollion l'égyptien

DE 1824 A 1825, Champollion se rend à Turin pour étudier la collection d’antiquités égyptiennes qu’a acquis le souverain de Piémont-Sardaigne. C’est l’éblouissement. Champollion découvre là les fragments du papyrus royal de Turin, vestige de l’époque de Ramsès II. Il rétablit datations et dynasties, fait œuvre d’historien. 

Nommé le 14 mai 1826, directeur de la section égyptienne du musée Charles X du Louvre, pour qui il étudie et classe les collections raportées par l’expédition de Bonaparte, Champollion ne rêve toutefois que d’Égypte. Le 18 août 1828, il réalise son souhait le plus cher et débarque au pays des pharaons dans le cadre d’une mission franco-italienne. Il exulte et clame aux “Lilliputiens” européens que “L’imagination qui, en Europe, s’élance bien au-dessus de nos portiques, s’arrête et tombe impuissante au pied des cent quarante colonnes de la salle hypostyle de Karnak.” 

Il ne reviendra en France que dix-sept mois plus tard, chargé d’une masse de notes, traductions de textes, étymologies, récits historiques, appréciations botaniques... l’égyptologie vient de naître. Mais son créateur ne sera pas là pour en voir les premiers pas. Il s’éteint le 4 mars 1832. Les Monuments d’Égypte et de Nubie, sa Grammaire égyptienne et son Dictionnaire égyptien ne seront publiés qu’après sa mort sous la supervision de son frère. 


Notes de travail de Champollion qui serviront de matière première aux ouvrages posthumes que fera paraitre son frère

La fabuleuse histoire... - l’alphabet grec -

Evolution de l’écriture grecque

rondes sont l’omicron (O) et l’omega (W). En gravant au milieu du cercle un point ou une barre, on obtient le thêta (Q) et le phi (F). Enfin, le bêta est fait d’une barre et de deux moitiés de cercles (B) alors que le rhô ne présente qu’une panse supérieure (R). 

L’intérêt d’une telle standardisation est pour Rémy Peignot, l’harmonie «quasi musicale (qui) naît du jeu rythmique des traits. (...) Dans l’assemblage des lettres, des notes en lignes et en page, le retour périodique de formes simples facilite la lecture; cela plaît à l’œil qui s’y retrouve». 

De l’influence des supports sur le dessin des lettres

Toutefois, le dessin des lettres va se mettre à se redifférencier, cette fois en fonction du support d’écriture utilisé. L’écriture monumentale ou lapidaire, est celle que l’on va utiliser pour graver sur la pierre les documents officiels. De forme rectiligne et anguleuse, elle se distingue nettement des rondeurs de l’écriture des scribes maniant le calame. Dès le IVème siècle, l’écriture courante va être celle sur papyrus. Les Grecs ont en général, utilisé le papyrus de la même manière que les Egyptiens. A ses débuts, l’écriture sur papyrus était très proche de l’écriture épigraphique; appellée écriture scolaire, ses caractères ne sont pas liés entre eux, les mots ne sont pas séparés les uns des autres, les lettres E, S, W gardent leur forme anguleuse mais commencent à apparaître les formes arrondies dans les autres lettres. On ne laissait pas d’espace entre les mots et pour indiquer qu’on passait d’un sujet à un autre, on traçait un petit trait horizontal appelé paragraphos, qui signifie, «écrit sur le côté». 

On écrivait en colonnes sur des bandes de parchemins ou de papyrus longues de six à neuf mètres et que l’on enroulait autour d’un bâton. Ces rouleaux prirent le nom de biblos du nom de la cité phénicienne qui fit connaître le papyrus aux Grecs. Un rouleau plus petit s’appelait biblion. Lorsque le rouleau faisait partie d’un ensemble on l’appelait tomos, c’est à dire la coupure. 


alphabet grec

Les écritures grecques médiévales

A côté de cette écriture fondamentale, d’autres genres se développèrent très rapidement. L’écriture calligraphique était proche du type scolaire mais le gabarit des caractères, leur écartement, leurs enjolivements étaient calculés de façon à produire une impression artistique; c’est l’écriture des manuscrits. Elle évitait les ligatures, ne séparait pas les mots et était appelée également onciale ou parfois biblique, par qu’on la retrouve dans les trois grands manuscrits bibliques que sont le Codex Vaticanus, le Codex Sinaiticus et le Codex Alexandrinus. 

L’écriture cursive était l’écriture courante, ou étirée comme disaient les Grecs eux-mêmes. Plus rapide que l’onciale, elle se distingua nettement de sa parente à partir du IIIème siècle av J-C. Les traits essentiels de la cursive étaient d’une part, la tendance à lier entre eux les caractères d’écriture, dans la mesure où leurs formes s’y prêtaient, et à en simplifier le tracé, à le rendre plus coulant. 

Entre les deux, il existait une écriture administrative dite de chancellerie qui se rapprochait de la cursive mais ses lettres étaient grandes, grêles et stylisées, et l’écriture personnelle, celle des gens d’une certaine culture. 

L’onciale évolua peu et subsista sous cette forme quand on substitua le parchemin au papyrus; elle resta le type même de librairie. La cursive subit elle une transformation radicale qui finit par aboutir à la minuscule. Cette dernière a dégagé et précisé une des caractéristiques alors embryonnaire de l’écriture de chancellerie, à savoir le système des quatres lignes. Les lettres de l’écriture monumentale, comme celle de l’onciale et de notre capitale latine, sont en effet toutes de la même hauteur: on peut en délimiter leur tracé par deux lignes. 

Au début du IVème siècle, la chancellerie impériale, désormais fixée à Constantinople, imposa la cursive byzantine qui subit l’influence de la cursive latine contemporaine, au point que les deux écritures pouvaient facilement se confondre. Cette nouvelle cursive a joué un rôle décisif lors de la véritable renaissance qu’a connue au VIIIème siècle l’Empire byzantin. La nouvelle écriture grecque, celle qui est aujourd’hui encore employée tant pour les livres imprimés que dans la vie courante, la minuscule, s’est en effet formée à partir de la cursive: tout en gardant certaines ligatures usuelles et claires, elle a séparé les lettres, réintroduit, aux IXème et Xème siècles, certaines formes onciales, réduit la dimension des lettres et su allier à la clarté des onciales la fluidité et la rapidité des cursives; elle a conservé et régularisé l’usage des signes diacritiques, esprits et accents, introduits par les Alexandrins. 


Exemple d’écriture 
onciale grecque 
Codex Sinaiticus, IVe siècle

Signe de civilisation

L’ALPHABET adapté en Grèce aux alentours du VIIIème siècle avant J-C eut un grand rôle dans l’histoire des civilisations. Il permit la conservation du savoir qu’allait accumuler l’hellénisme et assura sa transmission jusqu’à nos jours. Il permit également aux anciens Grecs de conserver les mouvements de leur esprit, leurs lois, leurs décrets, l’expression de leur piété, de transmettre leurs rites initiatiques, leurs méditations philosophiques, leurs comptabilités... 

La Civilisation grecque est la première civilisation qui reposa en une si grande part sur l’écrit. Et ceci, grâce à la lecture facile d’un alphabet: la démocratie aurait-elle pu naître si les citoyens n’avaient pu avoir accès aux décrets et aux lois? Les écritures nées en Mésopotamie ou en Égypte réservaient la lecture à une élite au rôle social défini. La Grèce inventa la démocratie, laquelle semble bien être le corollaire d’une autre invention: la pédagogie. Or, comment éduquer sans l’écrit...? 


Copie de l’inscription 
de l’arc romain de Thessalonique 
IIe siècle ap. J-C.

La fabuleuse histoire... - l’alphabet grec -

Histoire de l’ancêtre de notre alphabet latin: l’alphabet grec.
 
[size=16]

Alphabet

L’ALPHABET GREC EST LE PERE de nos alphabets occidentaux : tous les alphabets en usage en Europe lui sont apparentés. Les Grecs, même s’ils n’ont pas à proprement parler inventé l’alphabet, ont donc joué un rôle capital dans le développement de la civilisation occidentale. 

Le terme même d’ «alphabet» est issu de la combinaison du nom des premières lettres de cet ensemble de lettres qui servit à transcrire la langue grecque: alpha et beta. Le terme d’alphabetos n’est apparut que tardivement dans la langue grecque, après que le bas latin eut bricolé ce terme barbare. Les Grecs utilisaient pour désigner leurs lettres l’expression ta grammata. 

L’écriture a d’abord été en Grèce, le fait des commerçants et des prêtres. Les premiers écrits en vers furent des chants religieux et des formules magiques, et les premiers écrits en prose, des contrats de prêt. Mais elle a également permis la fixation des textes littéraires les plus parfaits, qu’il s’agisse de «la grande houle» des vers d’Homère ou du flot paisible de la prose de Platon. 

Son histoire n’est toutefois pas linéaire. L’alphabet grec tel que nous le connaissons aujourd’hui, est en effet le fruit d’une longue maturation qui a duré près de cinq siècles. 

Du phénicien au grec

A LANGUE d’Homère, de Platon, de Sophocle a été couchée par écrit non par le biais d’une invention grecque, mais par l’adaptation d’un système alphabétique né ailleurs sur les côtes méditerranéennes. 

Les écritures grecques archaïques

Ce qui semble bien être le plus ancien exemple d’écriture en Grèce est constitué par des pictogrammes retrouvés en Crète et encore indéchiffrés. Il semble que cette écriture pictographique soit à l’origine d’un autre système d’écriture apparu en Crète au début du minoen moyen (entre approximativement 1750 et 1650 av. J-C), cette écriture n’a pas encore été déchiffrée, et l’on ignore même si la langue mise par écrit était un dialecte grec. Cette écriture cursive, dont la graphie repose essentiellement sur la composition de lignes, a été baptisé par l’archéologue Evans, Linéaire A. Elle a été employée sur tout le domaine de la mer Égée, Troie incluse, de 1700 à 1400. Elle utilise 76 signes syllabiques dont 6 différent du Linéaire B, de signes idéogrammiques et numériques, dont des fractions. 

Un peu plus tardivement (entre 1680 et 1580 env.), une nouvelle écriture se répand, le Linéaire B. Cette écriture cursive, utilisant 158 idéogrammes, 87 signes syllabiques, 11 signes de poids et de mesure, 5 signes numériques, fut déchiffrée par des Britanniques, Ventris et Chadwick en 1952, grâce aux techniques employées par l’Intelligence Service au cours de la Seconde Guerre mondiale pour décoder les messages de l’armée allemande. Il s’agit d’une écriture à la fois syllabique et idéographique. Cette écriture note une langue grecque mais ne survécut pas au déclin de la civilisation minoenne et aux invasions de la Crète et cessa donc d’être utilisée vers 1100. 


Linéaire B 
Tablette de Knossos 
XVIIème siècle av. J-C.

L’île de Chypre connut également un système d’écriture, un syllabaire en usage jusque la période hellénistique (IIème siècle). 

L’alphabet, une invention phénicienne

C’est donc plutôt du côté du Levant qu’il faut chercher l’origine de l’alphabet grec. L’ancien alphabet sémitique est d’abord un emprunt à la civilisation égyptienne. Le principe de fonctionnement de cette écriture pseudo-hiéroglyphique protocananéenne était celui de l’acrophonie: Chaque pictogramme symbolisait le tout premier son du mot sémitique représenté. Le signe de la maison, baytu représentait la « lettre » ‘B’. Or, dans toute langue sémitique, un mot ne peut commencer que par une consonne; un alphabet acrophonique ne peut donc qu’être consonnantique. 

L’influence égyptienne n’est pas l’unique influence à laquelle le pays de Canaan était alors soumis. Le puissant royaume d’Akkadie s’étendait alors et sa civilisation se répandait avec au premier chef sa langue et son système d’écriture, le cunéiforme. Cette écriture a pour caractéristique d’être profondément liée à son support et à l’outil qui en assure la gravure. Sur des tablettes d’argile, de la pierre, une sorte de petit burin permettait de graver de petites encoches, des coins. Le système d’alphabet hiéroglyphique des Canaanéens fut transposé sur ces supports par ce type d’outils aux alentours du XIVème siècle avant J-C. Les principales traces de cette transposition sont celles laissées à Ugarit, l’actuel Ras Shamra, dont le fameux abécédaire à 30 signes cunéiformes est l’exemple le plus frappant. 

Le cunéiforme disparu, l’alphabet linéaire poursuivit son évolution. Avant la fin du XIIème siècle avant J-C, l’alphabet classique de 22 lettres arrivait à maturité après un millénaire d’évolution depuis l’invention des hiéroglyphes. La graphie des lettres se stabilisait de même que le sens de la lecture qui se faisait désormais de droite à gauche. L’alphabet phénicien découpait la syllabe en unités simples, les consonnes, et négligeait les voyelles qui servaient à les prononcer. L’acquis décisif demeurait: l’utilisation d’un ensemble réduit de signes graphiques pour symboliser la langue articulée. 


Inscription pseudohiéroglyphique 
Spatule d'Asdrubal 
XIVème siècle av. J-C

La problématique grecque

La langue grecque, qui appartient au groupe indo-européen comme le persan, le sanscrit et la plupart des langues européennes, offrait des particularités qui en rendaient la notation difficile, que ce fût par l’écriture syllabique crétoise ou par l’écriture alphabétique consonnantique phénicienne. En effet, la difficulté inhérente à toute écriture syllabique est de rendre la consonne isolée, non suivie d’une voyelle. Or les groupes de deux ou trois consonnes sont monnaie courante en grec. 

D’autre part, un texte grec dont les voyelles ne sont pas notées est complètement inintelligible. Enfin le système des consonnes grecs semble avoir différé profondément aussi bien de celui de l’égéen, qui ne paraît pas avoir distingué les occlusives sonores des sourdes, que de celui du phénicien, qui ignorait les aspirées grecques, mais possédait en revanche plusieurs gutturales inconnues du grec et était plus riche que lui en chuintantes et en sifflantes. 

L’élaboration des alphabets grecs

LE PROCESSUS D’ELABORATION de l’alphabet grec tel que nous le connaissons aujourd’hui, ne s’est pas fait du jour au lendemain. De plus, la structure politique éclatée de la Grèce antique, favorisait l’émergence de particularisme locaux forts. On distingue ainsi les alphabets archaïques, employés à Théra et à Mélos, les alphabets orientaux d’Asie Mineure, des îles orientales de la Mer Egée et du nord-est du Péloponèse (Argos, Corinthe, Mégare et leurs colonies) ainsi que ceux du nord-ouest de l’Egée et de l’Attique et les alphabets occidentaux, employés dans la plus grande partie de la Grèce continentale (Laconie, Arcadie, Béotie, Phocide, Thessalie, Eubée mais aussi dans les colonies de Sicile et d’Italie méridionale). Ces systèmes scripturaux servirent dans un premier temps à retranscrire les quatres principaux dialectes grecs: l’éolique, le dorique, l’ionique et l’attique. 

Les mutations de l’alphabet phénicien
Pragmatiques, les Grecs vont transformer l’alphabet phénicien en l’adaptant à leur langue. Dans un premier temps, ils affectèrent à certaines consonnes phéniciennes, des valeurs à peu près similaires dans leur langue. Ainsi, le signe du samek phénicien fut affecté à la consonne grecque de prononciation voisine ‘s’. Après de nombreuses modifications d’orientation, ce caractère se stabilisa sous la forme du sigma, ‘S’, tandis que le têt fut affecté à la notation du son th sous la forme du ‘Q’ et que le qof, q, servit à noter le k et reçut le nom de koppa (‘K’). Le zain sémitique, servit à noter le son grec dz sous la forme ‘Z’. 

Mais l’invention la plus significative des Grecs constituera à attribuer à certaines lettres phéniciennes dont ils n’avaient pas l’usage la valeur de voyelles. C’est ainsi que naquirent le alpha (‘A’), l’epsilon (‘E’), l’omicron (‘O’) et l’upsilon (‘Y’). Pour la sonorité i, ils inventèrent ex nihilo une lettre, le iota. Cette «lumière des voyelles» pour reprendre l’expression d’Etiemble, c’est l’apport décisif que vont faire les Grecs à l’histoire de notre civilisation. 

Le problème pour les Grecs n’était pas seulement de trouver un emploi pour les lettres sémitiques qui ne correspondaient pas à des consonnes de leur langue mais également d’arriver à noter tous les sons de cette dernière. C’est ainsi que le son ph, fut d’abord noté ‘PH’ avant de se stabiliser sous la forme ‘F’. Le son kh fut attribué à l’ancien taw sémitique, ‘C’, resté sans emploi en grec. Le groupe consonnantique ps, fut d’abord noté ‘PS’, mais les Ioniens recoururent rapidement au signe ‘Y’ pour le représenter. 

Ainsi, progressivement, son par son, signe par signe, s’élabora l’alphabet grec avec des différences notables selon les régions, mais suivant toujours le même processus: celui de l’adaptation du vieil alphabet sémitique à la langue grecque. Ceci explique d’ailleurs que les Grecs aient dans l’ensemble hérité des Phéniciens à la fois l’ordre dans lequel sont rangées les lettres et les noms de ces lettres. L’alpha rappelle indubitablement l’aleph phénicien, le bêta, le beth phénicien, etc. 


Du protosinaïtique au grec...

Une longue évolution

Au début les mots étaient écrits sans séparation; plus tard on les sépara les uns des autres. Dans le même ordre d’idée, les accents sont apparus progressivement dans l’alphabet grec. La langue grecque avait en effet cette particularité de posséder un accent musical qui se traduisait dans chaque mot par un changement de hauteur portant sur une des syllabes de ce mot. L’alphabet que les Grecs avaient hérité des Phéniciens ne tenant pas compte de telles nuances, les grammairiens alexandrin Aristophane de Byzance (ca -240) et son disciple Aristarque de Samothrace inventèrent les trois accents de l’écriture grecque: aigu, grave et circonflexe. 

Jusqu’au VIème siècle, l’écriture grecque n’était pas encore stabilisée. Chaque cité grecque archaïque, traditionnellement jalouse de son indépendance, imposaient des graphies très différentes aux lettres. Ainsi, aux côtés de l’alphabet grec ionien, coexistaient différentes variantes de cet alphabet employés en Asie Mineure pour noter le grec et des dialectes locaux. Pour mémoire, il est possible ainsi de mentionner l’existence des alphabets phrygien, pamphylien, carien, lydien et lycien. 

De même le sens de lecture n’était pas encore définitivement fixé. On pratique ainsi le spéirédon (lecture en spirale), le stoïchédon (alignement horizontal et vertical des lettres) et le boustrophédon. Dans ce dernier système, le sens de lecture progressait à l’horizontale, alternativement dans un sens et dans le sens opposé, à la manière des bœufs au labour, revenant sur leurs pas à la fin de chaque sillon (bous: bœufs; strephein: tourner). Le boustrophédon constitue peut-être l’intermédiaire entre le sens phénicien, de droite à gauche, que les Grecs adoptèrent dans un premier temps et le sens ionien de gauche à droite. 


Inscription en boustrophédon 
Stèle, Théssalie, ca 550 av JC.

Stabilisation de l’écriture grecque

L’année -403 marque un tournant décisif dans l’histoire de l’alphabet grec. En effet, sous l’archontat d’Euclide, Archinos fait adopter à Athènes une disposition stipulant que les textes des lois, consignés jusqu’alors dans l’alphabet local, seront réédités dans l’alphabet de Milet dit ionien, qui donnait sa préférence au sens gauche-droite. Les autres villes grecques, suivirent progressivement cet exemple, reconnaissant officiellement la supériorité de cet alphabet. Au IVème siècle, l’unification des alphabets grecs était à peu près réalisée. C’est un fait important dans l’histoire de la civilisation, car l’adoption de ce même type d’écriture coïncide approximativement avec la création d’une langue grecque commune, koiné dialektos, qui fut employé par tous les Héllènes ayant quelque culture, processus déterminant dans l’établissement du sentiment national grec.
[/size]

La fabuleuse histoire... - Alphabet et typographie (2)

 
Dès sa naissance, la typographie fut un art abouti. Le premier ouvrage imprimé de grande taille, la Bible à quarante-deux lignes dite B 42 de Gutenberg, est aujourd'hui encore considérée, valeur historique mise à part, comme un pur chef d'ouvre esthétique.
 
Quelques grands noms, essentiellement italiens et français, vont dans les premières décennies où le nouvel art va se répandre en Europe, le perfectionner et donner au livre imprimé sa forme actuelle. En matière de choix de caractères, ils vont surtout assurer la prédominance du caractère romain sur le caractère gothique.
 
Le caractère gothique de Gutenberg  
et des proto-imprimeurs
 
Lorsque l'imprimerie apparut, les premiers typographes s'appliquèrent à ne pas bouleverser les habitudes de leur clientèle naturelle : celle des manuscrits. Fort logiquement, ils s'efforcèrent d'imiter le plus fidèlement possible le travail des calligraphes.
 
Ils utilisèrent donc la lettre gothique, dans sa version Textura. Cette écriture monumentale se caractérisait par sa compression verticale, ses brisures, sa rigidité et l'opposition des pleins et des déliés.
 
 
Bible à 42 lignes de Gutenberg
 
Cependant, comme toute lettre trop « intellectualisée », elle avait le défaut d'être difficile à lire. En effet, dans le gothique chaque caractère individuel tend à perdre sa spécificité, ce qui ralentit bien évidemment l'oil du lecteur.
 
Par ailleurs, et afin d'imiter au mieux les manuscrits, de nombreux signes furent fondus en plus de l'alphabet de 25 lettres (nous sommes à la fin du Moyen Age). Gutenberg pour sa B 42 fondit ainsi 202 caractères différents : dix lettres 'a' plus ou moins large afin d'optimiser la mise en page, de nombreuses abréviations latines dont les copistes abusaient pour faciliter leur travail, des ligatures et des lettres de liaison (groupement plus compact de lettres).
 
L'introduction du romain en Italie : 
l'ouvre de Nicolas Jenson
 
La fin du XVe siècle est marquée par la progression de l'humanisme en Europe. Le goût des premiers humanistes pour l'Antiquité, devait donner naissance à un nouveau style calligraphique appelé écriture humanistique qui reposait sur une redécouverte des capitales romaines antiques combinées à l'utilisation d'une version simplifiée de l'écriture caroline pour les minuscules.
 
On doit les premiers essais de caractères romains typographiés aux imprimeurs allemands travaillant en Italie : Conrad Sweynheym et Arnold Pannartz (1465). Ces derniers, fondirent à Subiaco d'abord, puis à Rome ensuite, un caractère romain hybride, encore imprégné de l'esprit gothique.
 
 
Romain de Subiaco (1465)
 
Les premiers vrais romains nacquirent à Venise. On les doit aux imprimeurs Jean et Wendelin de Spire. Leur dessin fut perfectionné par le français Nicolas Jenson (1470). Son caractère était encore assez lourd, au faible contraste entre pleins et déliés et comportait des empattements assez épais. Malgré leur couleur un peu trop uniforme, ces lettres vénitiennes n'en offraient pas moins un aspect harmonieux et homogène. 
 
 
Romain de Jenson (1470)
 
A la fin du XIXe siècle, lorsque William Morris décida de recréer un caractère pour combattre les horreurs typographiques de l'ère victorienne, c'est du travail de Jenson qu'il s'inspira ; Jenson est donc vraiment le père de la typographie moderne.
 
 
Vers la fin du XVe siècle, l'imprimerie n'est plus un art de pionniers, mais une véritable industrie. Le XVIe siècle va être marqué par des dynasties d'imprimeurs-éditeurs (Manuce en Italie, Estienne en France) qui vont grandement contribuer à structurer l'industrie naissante et à standardiser le livre typographié.
 
Le perfectionnement du romain :  
Alde Manuce et Claude Garamond
 
Alde Manuce allait parachever le travail de Nicolas Jenson. Imprimeur, éditeur, en bref chef d'entreprise vénitien, cet helléniste curieux et ouvert, parfaite incarnation de l'esprit de ce temps, fit graver un caractère romain tellement abouti, qu'il est encore utilisé de nos jours. Union de la capitale épigraphique romaine et de la calligraphie humanistique, ce caractère fut utilisée pour imprimer le plus illustre des incunables : l'inéstimable Songe de Polyphile(1499).
 
 
Romain de Manuce (1490)
 
Si on compare ce romain, gravé par Francesco Griffo, à celui de Jenson, les différences semblent de peu d'importance : répartition plus subtile des contrastes entre pleins et déliés, affinement des empattements, hauteur de capitale inférieure à l'extrémité des jambages supérieurs des minuscules. Toutefois, la couleur de la page imprimée en est transformée toute de variété et de luminosité.
 
Pendant ce temps, en Europe, étaient publiés les premiers ouvrages théoriques sur la lettre. Tous ces travaux, qu'ils soient de l'Italien Luca Paccioli, de l'Allemand Albrecht Dürer ou du Français Geoffroy Tory, reposaient sur le recours à la géométrie.
 
Luca Paccioli, De Divina proportione (1509)
 
Le graveur qui insufla l'esprit de ces théoriciens dans le caractère de Manuce est un français du nom de Claude Garamond (1530). Il grava pour le plus grand imprimeur de ce temps, Henri Estienne, un romain équilibré, d'une très grande lisibilité, un classique de la typographie, qui fit l'objet d'une large diffusion et fut utilisé à travers l'Europe jusqu'à la Révolution française.
 
 
Romain de Garamond (1530)
 
L'invention de l'italique : Alde Manuce encore
 
Alde Manuce, à qui il faut associer Francesco Griffo, est illustre également à un autre titre : c'est à lui que l'on doit l'italique, caractère penchée inspirée des écritures alors utilisées par la chancellerie pontificale.
 
Ce nouveau caractère fut utilisé par Manuce pour lancer une collection de classiques de petit format destinés aux lettrés souhaitant découvrir un ouvrage sans s'encombrer d'un appareil critique. L'italique convenait parfaitement à cette fin parce qu'elle permettait de gagner de la place mais surtout parce que son élégance le rendait très lisible dans les petits corps.
 
La normalisation typographique
 
Rapidement, le livre imprimé acquit son autonomie par rapport au livre manuscrit. Progressivement, les nombreuses ligatures qui n'avaient plus de raison d'être disparurent des livres typographiés. Les imprimeurs purent ainsi commencer à rationnaliser leur casse.
 
Cette évolution fut accompagnée d'un débat de fond sur les langues nationales et leur transcription. En France, dans les années 1530, Tory mais également Marot, Dolet et Ronsard proposèrent des réformes orthographiques, défendant par exemple l'usage des accents et de la ponctuation. Rapidement, l'orthographe française intégra des règles inspirées des recherches menées par les humanistes italiens à partir de l'étude des langues latine et grecque (les accents viennent par exemple du grec). L'aboutissment de ce mouvement fut la publication par Joachim Du Bellay de l'acte fondateur de la langue française, Défense et illustration de la langue française (1549).
 
Parrallèlement, les métiers se spécialisèrent progressivement. On a vu que Manuce ne gravait pas lui même ses caractères mais avait recourt aux services du talentueux Griffo. De même, Garamond ne nous est connu que pour ses caractères, qu'il gravait pour Estienne ou le Roi lui-même. Cette spécialisation des métiers contribua grandement à uniformiser la typographie européenne.
 
Ainsi, le plus célèbre graveur de caractères français de cette époque après Garamond, Robert Granjon, fondit des caractères pour l'Europe entière. Ce parisien d'origine, travailla longtemps à Lyon, d'où il vendait ses caractères à tous les imprimeurs européens, fut appelé à Anvers par le grand imprimeur Christophe Plantin et finit sa carrière à Rome à la demande de l'imprimerie du Vatican.

La fabuleuse histoire de l'écriture - Les Runes -

Le secret des runes 
 
Les runes, forme primitive d’alphabet, étaient gravées dans le bois, la pierre ou les métaux. Les Vikings pensaient que l’alphabet runique recélait des pouvoirs magiques.
Les origines des runes demeurent un mystère. Cependant, nous savons que d’autres peuples germaniques les utilisaient, bien avant l’ère viking.
Les runes se composent de droites qui sont plus faciles à graver que les courbes. On n'utilisait pas les runes pour écrire de longs documents.
Malgré tout, la plus longue inscription connue comporte 700 symboles.
Les historiens actuels donnent à l’alphabet runique le nom de futhark.
 
 
Utilisation des runes 
Rune provient de l’ancien scandinave « rûnar » qui signifie « écriture secrète ».  Les runes ont été utilisées par les peuples germaniques du nord de l’Europe (Grande-Bretagne, Scandinavie, Suède, Islande) entre le IIIe s. et le XVIIe s. 
Ces lignes simples étaient faciles à graver. Même sans papier, ni plume, il était possible de tailler une phrase runique dans le bois. 
 
[size=16] [/size]
Runes datés du XIIe siècle. By Mararie 
 
La plupart des quelques 4000 inscriptions qui nous sont parvenues sont cependant marquées dans la pierre, l’os ou le métal.
Il s’agit souvent de pierres tombales, portant le nom du défunt. D’autres inscriptions runiques servaient de bornes ou indiquaient le nom du propriétaire d’un coffre ou d’une arme.
 
A Rok, dans une province suédoise, on a découvert une pierre dressée par un père à la mémoire de son fils défunt. Elle comporte plus de 700 symboles ce qui en fait la plus longue inscription connue. 
 
[size=16] [/size]
Inscriptions de plus de 700 symboles. By Mararie 
 
Les runes servaient également à tenir les comptes dans le commerce. 
Avec l’avènement du christianisme, de nombreux artefacts ont été détruits. Il ne nous sera peut-être donc jamais possible de connaître la véritable origine des runes. 
 
L’origine des runes 
Officiellement, les runes ne sont apparues qu’en l’an 1. Cependant, il est certain que cette écriture est beaucoup plus ancienne. 
En effet, l’écriture dite d'Hallristinger, l’ancêtre du futhark, date de la fin de la préhistoire.
 
 
[size=16] [/size]
Runes sur un vase viking. By Mararie. 
 
Plusieurs théories ont été émises sur l’origine de cette écriture mais, à ce jour, elle reste un mystère. 
Elle pourrait être constituée d’un mélange d’alphabets.
 
 
Les pouvoirs magiques des runes 
Les Vikings prêtaient aux runes des pouvoirs magiques. On jetait des sorts en les gravant et on les portait sur des amulettes pour se protéger. 
Ils expliquaient l’origine des runes par les mythes. D’après la légende, ce fut Odin lui-même qui apprit le premier l’écriture, au terme d’une épouvantable épreuve.
Cette épreuve peut-être d’ailleurs assimilée à la crucifixion du Christ.
 
 
[size=16] [/size]
Les vikings prêtaient aux runes des pouvoirs magiques. By Access.denied 
 
Pour découvrir le secret des runes, Odin se pendit à Yggdrasil, le grand arbre qui reliait les trois mondes de l’univers viking, et se perça le flanc de son épieu.
Ce mythe n’est indiqué que dans une seule source, un poème intitulé Hávámal « Les Paroles du Très Haut », mentionné par l’Edda Poétique :
 
 
Je me souviens d’avoir passé/Neuf nuits entières/Pendu à l’arbre battu par les vents/
Percé par l’épieu/Livré à Odin/Livré à moi-même/
Sur cet arbre/Dont personne/Ne connaît les racines/
Sans recevoir de pain/Ni boire à la corne/Je scrutais les profondeurs/
Je saisis les runes/En hurlant je les saisis/Puis je retombais.
 
 
Ce texte assez énigmatique semblerait indiquer que les runes provenaient du royaume de Hel, Reine de la Mort dans le Niflheim. 
 
[size=16] [/size]
Runes sur une pierre datée de la période viking. By Mararie. 
 
Par les runes, Odin obtint le don de sagesse occulte. 
Le chiffre 9 avait des vertus particulières. Odin se suspendit 9 nuits pour apprendre 9 sortilèges. Ce chiffre apparaît dans tous les mythes nordiques sans que nous sachions pourquoi.
Une grande fête de 9 jours se tenait tous les 9 ans à Uppsala en Suède, au cours desquels on sacrifiait 9 individus de chaque race d’êtres vivants, y compris un être humain.
 
 
[size=16] [/size]
Inscription runique découverte en Suède. By Access.denied 
 
Bien que nous ayons peu de témoignages, les runes jouaient un rôle important dans les divinations et les sacrifices rituels, pour lesquels elles devaient être rougies de sang. 
Des runes ont été retrouvées sur des amulettes. Certaines portent des messages pour accroître leur pouvoir magique.
Un cercle de pierre de Björketorp en Suède présente une inscription qui parle de « runes de pouvoir » et invoque une malédiction sur quiconque détruirait les mégalithes.
 
 
[size=16] [/size]
Runes (U 135). By Mararie 
 
Dans les mythes islandais, les runes favorisent l’accouchement, apportent santé ou maladie, donnent la victoire aux guerriers, provoquent des tempêtes ou les calment. 
Il y a une concordance entre la sorcellerie telle qu’elle était pratiquée au Moyen Age et certaines légendes germaniques.
On pouvait par exemple jeter un sort maléfique ou bénéfique en gravant des runes sur un os, un morceau de bois ou de métal.
 
 
A Arhus, au Danemark, on a découvert une pierre runique ornée  d’un masque cornu à l’aspect plutôt démoniaque.
L’inscription indique qu’elle a été érigée par un forgeron en l’honneur d’un certain Troels, qui lui a donné « l’or et le salut ».
 
 
Le futhark 
C’est le nom attribué à l’alphabet runique d’après les sons attribués à ses six premiers caractères :f,u,th,a,r,k.
Il existait plusieurs versions différentes de cet alphabet. L'alphabet original des runes nordiques comporte 24 lettres qui représentent les 24 constellations visibles des anciens Scandinaves.
Celle des Scandinaves est la plus courte avec 16 caractères.
 
 
[size=16] [/size]
Futhark scandinave à 16 caractères 
 
Comme pour les hiéroglyphes égyptiens, chaque signe représentait un son et symbolisait  en même temps un objet ou une notion abstraite. 
Par exemple, la première rune de l’alphabet correspondait à la lettre « f » mais aussi au mot « bétail » ou « richesse ». 
 
[size=16] [/size]
 
Le nombre limité de runes posait des problèmes car certains sons n’étaient pas représentés ou étaient dédoublés. Par exemple, il n’existait pas de rune propre à « d », « g » ou « p ».
On utilisait « t », »k » ou »b ».
Certains inscriptions sont donc difficiles à traduire à cause de ces ambiguïtés.
 
 
[size=16] [/size]
L'origine des runes reste mystérieuse. By Mararie. 
 
Tiwaz (lettre t ) pouvait signifier la flèche, la fidélité ou se référer au dieu de la Guerre Ziu.  
Kaunan (lettre k) pouvait signifier  la torche ou le bateau.
 
Il y a donc une marge d’erreur dans les traductions qui ont été effectuées. 


Ninnenne      
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
marileine
moderateur
moderateur
avatar

Messages : 25831
Date d'inscription : 08/03/2012
Localisation : belgique

MessageSujet: Re: La fabuleuse histoire de l'ecriture....   Lun 8 Déc - 13:46

La fabuleuse histoire... - Champollion et les hiéroglyphes

 

La pierre de Rosette

TOUT A COMMENCE en ce mois de juillet 1799, quand l’officier français Pierre Bouchard appartenant à l’expédition que Bonaparte mène en Egypte, exhume au pied du fort Rashîd, sur la côte méditerranéenne, une stèle de basalte noire. Sans le savoir, il vient de mettre la main sur un décret datant de Ptolémée V (ca 196 av J-C) retranscrit en trois écritures, grecque, démotique et hiéroglyphique: la Pierre de Rosette. 

Le moine bénédictin Dom Bernard de Montfaucon l’avait écrit: on ne pourrait déchiffrer l’égyptien ancien, langue restée jusque là hermétique aux savants européens, qu’en disposant d’“inscriptions d’anciens Égyptiens répétées ensuite en Grec”. De la rencontre de ce document et d’un jeune homme à l’intuition géniale, Jean-François Champollion va naître l’égyptologie.


La pierre de Rosette

La piste copte

JEAN-FRANCOIS, dans sa prime jeunesse, va se révéler être un élève particulièrement doué pour les langues orientales. Cornaqué par son frère aîné, Jacques Joseph, il va étudier à Figeac puis à Grenoble, le latin, le grec, l’hébreu mais aussi l’arabe, le syriaque et l’araméen. Son intelligence des langues le conduit très tôt à comprendre la parenté qui existe entre les grandes langues sémitiques. Lors de son premier séjour grenoblois (1801-1806), il fait la connaissance d’un moine syrien revenu d’Égypte avec l’armée française, dom Raphaël de Monachis, qui incite le jeune étudiant à s’attaquer à l’éthiopien et surtout au copte. 

L’élève mettra un certain temps à redécouvrir ce que des érudits français avaient énoncé deux siècles plus tôt et que les Coptes eux-mêmes n’avaient cessé de clamer à savoir que leur langue n’est autre qu’une forme tardive de l’ancien égyptien. En 1807, Champollion alors âgé de 16 ans, présente un mémoire à l’Académie de Grenoble, dans laquelle il défend cette thèse. Sa passion pour l’Égypte ne fait que grandir; il écrira cette même année: “Je veux faire de cette antique nation une étude approfondie et continuelle (...) De tous les peuples que j’aime le mieux, je vous avouerai qu’aucun ne balance les Égyptiens dans mon cœur.” 


Papyrus Copte

Peu de temps après, Champollion part pour la capitale, fréquenter les cours d’arabe, de persan, d’hébreu, de syriaque, d’araméen et même de chinois, dispensé par les savants professeurs de l’École spéciale des langues orientales, fondée en 1795. Champollion continue toutefois d’approfondir son hypothèse copte, une langue, écrit-il à son frère, qu’il ne fait pas que parler, mais dans laquelle il rêve ou traduit tout ce qui lui passe par la tête: “Je travaille. Et je me livre entièrement au copte. Je veux savoir l’égyptien comme mon français parce que sur cette langue sera basé mon grand travail sur les papyrus égyptiens.” 

Confronté au manque de matériaux sur le copte, il va composer ses propres outils: deux grammaire, l’une du saïdique, l’autre du bohaïrique (deux dialectes coptes), ainsi qu’un dictionnaire. Dans le processus de la découverte, l’établissement de ce dictionnaire copte va constituer une étape clé. 


Jacques-Joseph Champollion 
dit Champollion-Figeac, 
le mentor de Jean-François

Champollion s’attaque aux hiéroglyphes

LES PREMIERS TRAVAUX PUBLICS de Champollion datent de 1810. De retour à Grenoble où il vient d'être nommé professeur d'histoire, il livre à l'Académie de cette ville, ses premières conclusions sur la nature des écritures des anciens Égyptiens: la première communication réaffirme l'origine commune des trois principaux types d'écriture utilisés par les Égyptiens, hiéroglyphique, hiératique et démotique, la seconde traite du sens des signes hiéroglyphiques. Ces derniers, empruntés à l'univers réel ont longtemps fait croire qu'il ne pouvait s'agir que de symboles ou d'idéogrammes. Champollion défend également l'idée selon laquelle ils doivent aussi transcrire des sons, puisqu'ils servent à écrire des noms de personnes. 

Champollion ne fut pas le premier à défendre cette thèse: en 1761, l'abbé Barthélémy avait émis l'hypothèse selon laquelle les cartouches enfermeraient des noms royaux. Dans la même veine, le diplomate suédois Åkerblad avait à partir de la pierre de Rosette réussi à identifier tous les noms propres. 

Les recherches de Jean-François sont brutalement ralenties par la chute de l'Empire. Bonapartistes, les frères Champollion doivent s'exiler à Figeac, loin des précieuses bibliothèques. Et cela tombe très mal, car en Angleterre, un jeune médecin-physicien, Thomas Young s'est engagé dans la course aux hiéroglyphes et s'affirme comme un prétendant sérieux au déchiffrement. Comme Champollion, Young a compris l'identité du copte et de l'égyptien. Il a identifié sur la pierre de Rosette le nom de 'Ptolémée', le déterminatif qui indique la désinence du féminin ainsi que quelques expressions. Plus important encore, il a le premier reconnu dans l'égyptien la coexistence de signes alphabétiques et non alphabétiques. Enfin, dès 1814, il a noté que certains signes démotiques dérivaient de signes hiéroglyphiques. 


Extrait de l’article de Young dans lequel il pressent l’existence de hiéroglyphes phonétiques 

Après quelques moments d'abattement, Champollion continue de progresser pas à pas. Il identifie des groupes, en général des épithètes, dont , "dieu parfait" qu'il traduit par référence à la version grecque. Il sait également comment les Égyptiens évoquent l'idée du pluriel

Il se heurte par ailleurs à des obstacles de taille. Tout d'abord, les copies de hiéroglyphes dont il dispose ne sont pas toujours très fiable. Or il opère par comparaison de segments de phrase ce qui le mène souvent au contre-sens: il traduit ainsi l'expression, , "remplissant tous les deux jours les fonctions de Ptérophore du dieu", alors que la séquence véritable, , ne signifie que "(Ramsès) em-per-Rê justifié de voix". Ensuite, Champollion persiste à essayer de démontrer la nature fondamentalement idéographique des hiéroglyphes en essayant d'associer à chaque signe une valeur sémantique ce qui l'amène à des conclusions douteuses: ainsi dans le groupe qui désigne le nom d'Osiris (Ousir), il voit comme une prière signifiant: (regarde-moi favorablement ô puissant dieu)! 



Champollion devant l’Académie
LE 27 AOUT 1821, il présente à l'Académie des inscriptions et belles-lettres de Paris, ses premiers résultats, affirmant notamment que l'écriture démotique n'est qu'un dérivé du hiératique, lui même une version cursives des hiéroglyphes. Puis il dresse un tableau de correspondance entre les signes hiératiques et les signes hiéroglyphiques dont ils procèdent. 

Un peu plus d'un an plus tard, le 27 septembre 1822, Champollion est invité par l'Académie à présenter des résultats qui vont révolutionner l'égyptologie. Il est parti des travaux de Young qui avait proposé une transposition du cartouche de Ptolémée, selon toutefois un découpage très aléatoire. Champollion émet lui l'hypothèse que comme pour certaines autres langues de la région, seule les voyelles sonores sont retranscrites à l'aide de semi-voyelles; ainsi "Ptolemaios" en grec, devenait en égyptien "Ptolmys": 


Traduction des cartouches 
de Ptolémée et de Cléopatre

En traduisant le nom de Cléopatre en "Kleopatrà", il valide son hypothèse et peut présenter la valeur alphabétique de onze signes dont quatre semi-voyelles. Il montre également qu'en certains cas pour un même son, il peut exister plusieurs signes; ainsi le 'L' peut être transcrit par un lion ou une bouche . Pour renforcer cette thèse alphabétique, il avance également le fait que sur la pierre de Rosette, 486 mots grecs sont retranscrits en 1419 hiéroglyphes. Cet écart indique à l'évidence que les hiéroglyphes ne peuvent transcrire des mots. Et c'est à partir de ses conclusions partielles que Champollion expose sa thèse: il existe une différence de nature entre la langue égyptienne proprement dite et son usage pour transcrire approximativement des sons: l'écriture hiéroglyphique est à la fois idéographique et alphabétique. Pour rédiger sa communication qu'il dédie au secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, Bon-Joseph Dacier, Champollion se fait aider par son frère. Celle-ci est un succès. 


Lettre à M. Dacier

L’aventure continue

POURTANT ON EST ENCORE LOIN d'avoir appréhendé toute la richesse de l'écriture des anciens Égyptiens. Déjà, Champollion n'a pas révélé certains de ses résultats qui le laissent encore perplexe car ne permettent pas de trancher nettement quant à la nature idéographique ou alphabétique des hiéroglyphes. Un cartouche recopié par l'architecte Jean-Nicolas Huyot à Abou-Simbel, lui donne du fil à retordre et met sa logique à rude épreuve. Graphié , il n'est pas difficile d'en traduire les deux derniers signes car on les retrouve dans le cartouche de Ptolémée: ce sont des 'S'. Le premier signe, un cercle pointé, semble quant à lui représenter le soleil. Or Champollion sait, d'après le copte, que le soleil se lit "Rê". Reste le signe central. Il figure sur la pierre de Rosette dans une expression traduite en grec par "anniversaire". Champollion le rapproche donc du copte "hou-mice" qui signifie "jour de naissance" et en déduit que ce signe correspond au mot copte "micé", qui se traduit par "mettre au monde". Dès lors, il est en mesure de traduire un des noms les plus célèbres de l'histoire: Râ-mes-es-es, Ramsès, qu'il peut traduire par "Rê l'a mis au monde". Sur le même principe, il transcrira le cartouche de Thoutmôsis, , car il ne diffère de celui de Ramsès que par le premier signe: au lieu du dieu Rê, nous trouvons le dieu Thot (un ibis)! 

En 1823, Champollion présente à l'institut plusieurs communications sur le système hiéroglyphique. La même année, il publie son Panthéon égyptien, qui connait un vif succès. Un an plus tard, paraît le Précis du système hiéroglyphique des anciens Égyptiens dans lequel il compile l'ensemble de ses recherches sur les noms de dieux et rois égyptiens et il expose l'organisation d'ensemble de l'écriture en signes phonétiques et idéographiques. Les premiers comportent une, deux ou trois consonnes, le groupe des unilitères (25 signes) formant le premier véritable alphabet de l'humanité. Les seconds se répartissant en idéogrammes qui désignent directement l'objet et en déterminatifs qui permettent de distinguer des mots formés de consonnes apparemment homophones. 


Alphabet hiéroglyphique

Et s’achève prématurément


Champollion l'égyptien

DE 1824 A 1825, Champollion se rend à Turin pour étudier la collection d’antiquités égyptiennes qu’a acquis le souverain de Piémont-Sardaigne. C’est l’éblouissement. Champollion découvre là les fragments du papyrus royal de Turin, vestige de l’époque de Ramsès II. Il rétablit datations et dynasties, fait œuvre d’historien. 

Nommé le 14 mai 1826, directeur de la section égyptienne du musée Charles X du Louvre, pour qui il étudie et classe les collections raportées par l’expédition de Bonaparte, Champollion ne rêve toutefois que d’Égypte. Le 18 août 1828, il réalise son souhait le plus cher et débarque au pays des pharaons dans le cadre d’une mission franco-italienne. Il exulte et clame aux “Lilliputiens” européens que “L’imagination qui, en Europe, s’élance bien au-dessus de nos portiques, s’arrête et tombe impuissante au pied des cent quarante colonnes de la salle hypostyle de Karnak.” 

Il ne reviendra en France que dix-sept mois plus tard, chargé d’une masse de notes, traductions de textes, étymologies, récits historiques, appréciations botaniques... l’égyptologie vient de naître. Mais son créateur ne sera pas là pour en voir les premiers pas. Il s’éteint le 4 mars 1832. Les Monuments d’Égypte et de Nubie, sa Grammaire égyptienne et son Dictionnaire égyptien ne seront publiés qu’après sa mort sous la supervision de son frère. 


Notes de travail de Champollion qui serviront de matière première aux ouvrages posthumes que fera paraitre son frère

La fabuleuse histoire... - l’alphabet grec -

Evolution de l’écriture grecque

rondes sont l’omicron (O) et l’omega (W). En gravant au milieu du cercle un point ou une barre, on obtient le thêta (Q) et le phi (F). Enfin, le bêta est fait d’une barre et de deux moitiés de cercles (B) alors que le rhô ne présente qu’une panse supérieure (R). 

L’intérêt d’une telle standardisation est pour Rémy Peignot, l’harmonie «quasi musicale (qui) naît du jeu rythmique des traits. (...) Dans l’assemblage des lettres, des notes en lignes et en page, le retour périodique de formes simples facilite la lecture; cela plaît à l’œil qui s’y retrouve». 

De l’influence des supports sur le dessin des lettres

Toutefois, le dessin des lettres va se mettre à se redifférencier, cette fois en fonction du support d’écriture utilisé. L’écriture monumentale ou lapidaire, est celle que l’on va utiliser pour graver sur la pierre les documents officiels. De forme rectiligne et anguleuse, elle se distingue nettement des rondeurs de l’écriture des scribes maniant le calame. Dès le IVème siècle, l’écriture courante va être celle sur papyrus. Les Grecs ont en général, utilisé le papyrus de la même manière que les Egyptiens. A ses débuts, l’écriture sur papyrus était très proche de l’écriture épigraphique; appellée écriture scolaire, ses caractères ne sont pas liés entre eux, les mots ne sont pas séparés les uns des autres, les lettres E, S, W gardent leur forme anguleuse mais commencent à apparaître les formes arrondies dans les autres lettres. On ne laissait pas d’espace entre les mots et pour indiquer qu’on passait d’un sujet à un autre, on traçait un petit trait horizontal appelé paragraphos, qui signifie, «écrit sur le côté». 

On écrivait en colonnes sur des bandes de parchemins ou de papyrus longues de six à neuf mètres et que l’on enroulait autour d’un bâton. Ces rouleaux prirent le nom de biblos du nom de la cité phénicienne qui fit connaître le papyrus aux Grecs. Un rouleau plus petit s’appelait biblion. Lorsque le rouleau faisait partie d’un ensemble on l’appelait tomos, c’est à dire la coupure. 


alphabet grec

Les écritures grecques médiévales

A côté de cette écriture fondamentale, d’autres genres se développèrent très rapidement. L’écriture calligraphique était proche du type scolaire mais le gabarit des caractères, leur écartement, leurs enjolivements étaient calculés de façon à produire une impression artistique; c’est l’écriture des manuscrits. Elle évitait les ligatures, ne séparait pas les mots et était appelée également onciale ou parfois biblique, par qu’on la retrouve dans les trois grands manuscrits bibliques que sont le Codex Vaticanus, le Codex Sinaiticus et le Codex Alexandrinus. 

L’écriture cursive était l’écriture courante, ou étirée comme disaient les Grecs eux-mêmes. Plus rapide que l’onciale, elle se distingua nettement de sa parente à partir du IIIème siècle av J-C. Les traits essentiels de la cursive étaient d’une part, la tendance à lier entre eux les caractères d’écriture, dans la mesure où leurs formes s’y prêtaient, et à en simplifier le tracé, à le rendre plus coulant. 

Entre les deux, il existait une écriture administrative dite de chancellerie qui se rapprochait de la cursive mais ses lettres étaient grandes, grêles et stylisées, et l’écriture personnelle, celle des gens d’une certaine culture. 

L’onciale évolua peu et subsista sous cette forme quand on substitua le parchemin au papyrus; elle resta le type même de librairie. La cursive subit elle une transformation radicale qui finit par aboutir à la minuscule. Cette dernière a dégagé et précisé une des caractéristiques alors embryonnaire de l’écriture de chancellerie, à savoir le système des quatres lignes. Les lettres de l’écriture monumentale, comme celle de l’onciale et de notre capitale latine, sont en effet toutes de la même hauteur: on peut en délimiter leur tracé par deux lignes. 

Au début du IVème siècle, la chancellerie impériale, désormais fixée à Constantinople, imposa la cursive byzantine qui subit l’influence de la cursive latine contemporaine, au point que les deux écritures pouvaient facilement se confondre. Cette nouvelle cursive a joué un rôle décisif lors de la véritable renaissance qu’a connue au VIIIème siècle l’Empire byzantin. La nouvelle écriture grecque, celle qui est aujourd’hui encore employée tant pour les livres imprimés que dans la vie courante, la minuscule, s’est en effet formée à partir de la cursive: tout en gardant certaines ligatures usuelles et claires, elle a séparé les lettres, réintroduit, aux IXème et Xème siècles, certaines formes onciales, réduit la dimension des lettres et su allier à la clarté des onciales la fluidité et la rapidité des cursives; elle a conservé et régularisé l’usage des signes diacritiques, esprits et accents, introduits par les Alexandrins. 


Exemple d’écriture 
onciale grecque 
Codex Sinaiticus, IVe siècle

Signe de civilisation

L’ALPHABET adapté en Grèce aux alentours du VIIIème siècle avant J-C eut un grand rôle dans l’histoire des civilisations. Il permit la conservation du savoir qu’allait accumuler l’hellénisme et assura sa transmission jusqu’à nos jours. Il permit également aux anciens Grecs de conserver les mouvements de leur esprit, leurs lois, leurs décrets, l’expression de leur piété, de transmettre leurs rites initiatiques, leurs méditations philosophiques, leurs comptabilités... 

La Civilisation grecque est la première civilisation qui reposa en une si grande part sur l’écrit. Et ceci, grâce à la lecture facile d’un alphabet: la démocratie aurait-elle pu naître si les citoyens n’avaient pu avoir accès aux décrets et aux lois? Les écritures nées en Mésopotamie ou en Égypte réservaient la lecture à une élite au rôle social défini. La Grèce inventa la démocratie, laquelle semble bien être le corollaire d’une autre invention: la pédagogie. Or, comment éduquer sans l’écrit...? 


Copie de l’inscription 
de l’arc romain de Thessalonique 
IIe siècle ap. J-C.

La fabuleuse histoire... - l’alphabet grec -

Histoire de l’ancêtre de notre alphabet latin: l’alphabet grec.
 
[size=16]

Alphabet

L’ALPHABET GREC EST LE PERE de nos alphabets occidentaux : tous les alphabets en usage en Europe lui sont apparentés. Les Grecs, même s’ils n’ont pas à proprement parler inventé l’alphabet, ont donc joué un rôle capital dans le développement de la civilisation occidentale. 

Le terme même d’ «alphabet» est issu de la combinaison du nom des premières lettres de cet ensemble de lettres qui servit à transcrire la langue grecque: alpha et beta. Le terme d’alphabetos n’est apparut que tardivement dans la langue grecque, après que le bas latin eut bricolé ce terme barbare. Les Grecs utilisaient pour désigner leurs lettres l’expression ta grammata. 

L’écriture a d’abord été en Grèce, le fait des commerçants et des prêtres. Les premiers écrits en vers furent des chants religieux et des formules magiques, et les premiers écrits en prose, des contrats de prêt. Mais elle a également permis la fixation des textes littéraires les plus parfaits, qu’il s’agisse de «la grande houle» des vers d’Homère ou du flot paisible de la prose de Platon. 

Son histoire n’est toutefois pas linéaire. L’alphabet grec tel que nous le connaissons aujourd’hui, est en effet le fruit d’une longue maturation qui a duré près de cinq siècles. 

Du phénicien au grec

A LANGUE d’Homère, de Platon, de Sophocle a été couchée par écrit non par le biais d’une invention grecque, mais par l’adaptation d’un système alphabétique né ailleurs sur les côtes méditerranéennes. 

Les écritures grecques archaïques

Ce qui semble bien être le plus ancien exemple d’écriture en Grèce est constitué par des pictogrammes retrouvés en Crète et encore indéchiffrés. Il semble que cette écriture pictographique soit à l’origine d’un autre système d’écriture apparu en Crète au début du minoen moyen (entre approximativement 1750 et 1650 av. J-C), cette écriture n’a pas encore été déchiffrée, et l’on ignore même si la langue mise par écrit était un dialecte grec. Cette écriture cursive, dont la graphie repose essentiellement sur la composition de lignes, a été baptisé par l’archéologue Evans, Linéaire A. Elle a été employée sur tout le domaine de la mer Égée, Troie incluse, de 1700 à 1400. Elle utilise 76 signes syllabiques dont 6 différent du Linéaire B, de signes idéogrammiques et numériques, dont des fractions. 

Un peu plus tardivement (entre 1680 et 1580 env.), une nouvelle écriture se répand, le Linéaire B. Cette écriture cursive, utilisant 158 idéogrammes, 87 signes syllabiques, 11 signes de poids et de mesure, 5 signes numériques, fut déchiffrée par des Britanniques, Ventris et Chadwick en 1952, grâce aux techniques employées par l’Intelligence Service au cours de la Seconde Guerre mondiale pour décoder les messages de l’armée allemande. Il s’agit d’une écriture à la fois syllabique et idéographique. Cette écriture note une langue grecque mais ne survécut pas au déclin de la civilisation minoenne et aux invasions de la Crète et cessa donc d’être utilisée vers 1100. 


Linéaire B 
Tablette de Knossos 
XVIIème siècle av. J-C.

L’île de Chypre connut également un système d’écriture, un syllabaire en usage jusque la période hellénistique (IIème siècle). 

L’alphabet, une invention phénicienne

C’est donc plutôt du côté du Levant qu’il faut chercher l’origine de l’alphabet grec. L’ancien alphabet sémitique est d’abord un emprunt à la civilisation égyptienne. Le principe de fonctionnement de cette écriture pseudo-hiéroglyphique protocananéenne était celui de l’acrophonie: Chaque pictogramme symbolisait le tout premier son du mot sémitique représenté. Le signe de la maison, baytu représentait la « lettre » ‘B’. Or, dans toute langue sémitique, un mot ne peut commencer que par une consonne; un alphabet acrophonique ne peut donc qu’être consonnantique. 

L’influence égyptienne n’est pas l’unique influence à laquelle le pays de Canaan était alors soumis. Le puissant royaume d’Akkadie s’étendait alors et sa civilisation se répandait avec au premier chef sa langue et son système d’écriture, le cunéiforme. Cette écriture a pour caractéristique d’être profondément liée à son support et à l’outil qui en assure la gravure. Sur des tablettes d’argile, de la pierre, une sorte de petit burin permettait de graver de petites encoches, des coins. Le système d’alphabet hiéroglyphique des Canaanéens fut transposé sur ces supports par ce type d’outils aux alentours du XIVème siècle avant J-C. Les principales traces de cette transposition sont celles laissées à Ugarit, l’actuel Ras Shamra, dont le fameux abécédaire à 30 signes cunéiformes est l’exemple le plus frappant. 

Le cunéiforme disparu, l’alphabet linéaire poursuivit son évolution. Avant la fin du XIIème siècle avant J-C, l’alphabet classique de 22 lettres arrivait à maturité après un millénaire d’évolution depuis l’invention des hiéroglyphes. La graphie des lettres se stabilisait de même que le sens de la lecture qui se faisait désormais de droite à gauche. L’alphabet phénicien découpait la syllabe en unités simples, les consonnes, et négligeait les voyelles qui servaient à les prononcer. L’acquis décisif demeurait: l’utilisation d’un ensemble réduit de signes graphiques pour symboliser la langue articulée. 


Inscription pseudohiéroglyphique 
Spatule d'Asdrubal 
XIVème siècle av. J-C

La problématique grecque

La langue grecque, qui appartient au groupe indo-européen comme le persan, le sanscrit et la plupart des langues européennes, offrait des particularités qui en rendaient la notation difficile, que ce fût par l’écriture syllabique crétoise ou par l’écriture alphabétique consonnantique phénicienne. En effet, la difficulté inhérente à toute écriture syllabique est de rendre la consonne isolée, non suivie d’une voyelle. Or les groupes de deux ou trois consonnes sont monnaie courante en grec. 

D’autre part, un texte grec dont les voyelles ne sont pas notées est complètement inintelligible. Enfin le système des consonnes grecs semble avoir différé profondément aussi bien de celui de l’égéen, qui ne paraît pas avoir distingué les occlusives sonores des sourdes, que de celui du phénicien, qui ignorait les aspirées grecques, mais possédait en revanche plusieurs gutturales inconnues du grec et était plus riche que lui en chuintantes et en sifflantes. 

L’élaboration des alphabets grecs

LE PROCESSUS D’ELABORATION de l’alphabet grec tel que nous le connaissons aujourd’hui, ne s’est pas fait du jour au lendemain. De plus, la structure politique éclatée de la Grèce antique, favorisait l’émergence de particularisme locaux forts. On distingue ainsi les alphabets archaïques, employés à Théra et à Mélos, les alphabets orientaux d’Asie Mineure, des îles orientales de la Mer Egée et du nord-est du Péloponèse (Argos, Corinthe, Mégare et leurs colonies) ainsi que ceux du nord-ouest de l’Egée et de l’Attique et les alphabets occidentaux, employés dans la plus grande partie de la Grèce continentale (Laconie, Arcadie, Béotie, Phocide, Thessalie, Eubée mais aussi dans les colonies de Sicile et d’Italie méridionale). Ces systèmes scripturaux servirent dans un premier temps à retranscrire les quatres principaux dialectes grecs: l’éolique, le dorique, l’ionique et l’attique. 

Les mutations de l’alphabet phénicien
Pragmatiques, les Grecs vont transformer l’alphabet phénicien en l’adaptant à leur langue. Dans un premier temps, ils affectèrent à certaines consonnes phéniciennes, des valeurs à peu près similaires dans leur langue. Ainsi, le signe du samek phénicien fut affecté à la consonne grecque de prononciation voisine ‘s’. Après de nombreuses modifications d’orientation, ce caractère se stabilisa sous la forme du sigma, ‘S’, tandis que le têt fut affecté à la notation du son th sous la forme du ‘Q’ et que le qof, q, servit à noter le k et reçut le nom de koppa (‘K’). Le zain sémitique, servit à noter le son grec dz sous la forme ‘Z’. 

Mais l’invention la plus significative des Grecs constituera à attribuer à certaines lettres phéniciennes dont ils n’avaient pas l’usage la valeur de voyelles. C’est ainsi que naquirent le alpha (‘A’), l’epsilon (‘E’), l’omicron (‘O’) et l’upsilon (‘Y’). Pour la sonorité i, ils inventèrent ex nihilo une lettre, le iota. Cette «lumière des voyelles» pour reprendre l’expression d’Etiemble, c’est l’apport décisif que vont faire les Grecs à l’histoire de notre civilisation. 

Le problème pour les Grecs n’était pas seulement de trouver un emploi pour les lettres sémitiques qui ne correspondaient pas à des consonnes de leur langue mais également d’arriver à noter tous les sons de cette dernière. C’est ainsi que le son ph, fut d’abord noté ‘PH’ avant de se stabiliser sous la forme ‘F’. Le son kh fut attribué à l’ancien taw sémitique, ‘C’, resté sans emploi en grec. Le groupe consonnantique ps, fut d’abord noté ‘PS’, mais les Ioniens recoururent rapidement au signe ‘Y’ pour le représenter. 

Ainsi, progressivement, son par son, signe par signe, s’élabora l’alphabet grec avec des différences notables selon les régions, mais suivant toujours le même processus: celui de l’adaptation du vieil alphabet sémitique à la langue grecque. Ceci explique d’ailleurs que les Grecs aient dans l’ensemble hérité des Phéniciens à la fois l’ordre dans lequel sont rangées les lettres et les noms de ces lettres. L’alpha rappelle indubitablement l’aleph phénicien, le bêta, le beth phénicien, etc. 


Du protosinaïtique au grec...

Une longue évolution

Au début les mots étaient écrits sans séparation; plus tard on les sépara les uns des autres. Dans le même ordre d’idée, les accents sont apparus progressivement dans l’alphabet grec. La langue grecque avait en effet cette particularité de posséder un accent musical qui se traduisait dans chaque mot par un changement de hauteur portant sur une des syllabes de ce mot. L’alphabet que les Grecs avaient hérité des Phéniciens ne tenant pas compte de telles nuances, les grammairiens alexandrin Aristophane de Byzance (ca -240) et son disciple Aristarque de Samothrace inventèrent les trois accents de l’écriture grecque: aigu, grave et circonflexe. 

Jusqu’au VIème siècle, l’écriture grecque n’était pas encore stabilisée. Chaque cité grecque archaïque, traditionnellement jalouse de son indépendance, imposaient des graphies très différentes aux lettres. Ainsi, aux côtés de l’alphabet grec ionien, coexistaient différentes variantes de cet alphabet employés en Asie Mineure pour noter le grec et des dialectes locaux. Pour mémoire, il est possible ainsi de mentionner l’existence des alphabets phrygien, pamphylien, carien, lydien et lycien. 

De même le sens de lecture n’était pas encore définitivement fixé. On pratique ainsi le spéirédon (lecture en spirale), le stoïchédon (alignement horizontal et vertical des lettres) et le boustrophédon. Dans ce dernier système, le sens de lecture progressait à l’horizontale, alternativement dans un sens et dans le sens opposé, à la manière des bœufs au labour, revenant sur leurs pas à la fin de chaque sillon (bous: bœufs; strephein: tourner). Le boustrophédon constitue peut-être l’intermédiaire entre le sens phénicien, de droite à gauche, que les Grecs adoptèrent dans un premier temps et le sens ionien de gauche à droite. 


Inscription en boustrophédon 
Stèle, Théssalie, ca 550 av JC.

Stabilisation de l’écriture grecque

L’année -403 marque un tournant décisif dans l’histoire de l’alphabet grec. En effet, sous l’archontat d’Euclide, Archinos fait adopter à Athènes une disposition stipulant que les textes des lois, consignés jusqu’alors dans l’alphabet local, seront réédités dans l’alphabet de Milet dit ionien, qui donnait sa préférence au sens gauche-droite. Les autres villes grecques, suivirent progressivement cet exemple, reconnaissant officiellement la supériorité de cet alphabet. Au IVème siècle, l’unification des alphabets grecs était à peu près réalisée. C’est un fait important dans l’histoire de la civilisation, car l’adoption de ce même type d’écriture coïncide approximativement avec la création d’une langue grecque commune, koiné dialektos, qui fut employé par tous les Héllènes ayant quelque culture, processus déterminant dans l’établissement du sentiment national grec.
[/size]

La fabuleuse histoire... - Alphabet et typographie (2)

 
Dès sa naissance, la typographie fut un art abouti. Le premier ouvrage imprimé de grande taille, la Bible à quarante-deux lignes dite B 42 de Gutenberg, est aujourd'hui encore considérée, valeur historique mise à part, comme un pur chef d'ouvre esthétique.
 
Quelques grands noms, essentiellement italiens et français, vont dans les premières décennies où le nouvel art va se répandre en Europe, le perfectionner et donner au livre imprimé sa forme actuelle. En matière de choix de caractères, ils vont surtout assurer la prédominance du caractère romain sur le caractère gothique.
 
Le caractère gothique de Gutenberg  
et des proto-imprimeurs
 
Lorsque l'imprimerie apparut, les premiers typographes s'appliquèrent à ne pas bouleverser les habitudes de leur clientèle naturelle : celle des manuscrits. Fort logiquement, ils s'efforcèrent d'imiter le plus fidèlement possible le travail des calligraphes.
 
Ils utilisèrent donc la lettre gothique, dans sa version Textura. Cette écriture monumentale se caractérisait par sa compression verticale, ses brisures, sa rigidité et l'opposition des pleins et des déliés.
 
 
Bible à 42 lignes de Gutenberg
 
Cependant, comme toute lettre trop « intellectualisée », elle avait le défaut d'être difficile à lire. En effet, dans le gothique chaque caractère individuel tend à perdre sa spécificité, ce qui ralentit bien évidemment l'oil du lecteur.
 
Par ailleurs, et afin d'imiter au mieux les manuscrits, de nombreux signes furent fondus en plus de l'alphabet de 25 lettres (nous sommes à la fin du Moyen Age). Gutenberg pour sa B 42 fondit ainsi 202 caractères différents : dix lettres 'a' plus ou moins large afin d'optimiser la mise en page, de nombreuses abréviations latines dont les copistes abusaient pour faciliter leur travail, des ligatures et des lettres de liaison (groupement plus compact de lettres).
 
L'introduction du romain en Italie : 
l'ouvre de Nicolas Jenson
 
La fin du XVe siècle est marquée par la progression de l'humanisme en Europe. Le goût des premiers humanistes pour l'Antiquité, devait donner naissance à un nouveau style calligraphique appelé écriture humanistique qui reposait sur une redécouverte des capitales romaines antiques combinées à l'utilisation d'une version simplifiée de l'écriture caroline pour les minuscules.
 
On doit les premiers essais de caractères romains typographiés aux imprimeurs allemands travaillant en Italie : Conrad Sweynheym et Arnold Pannartz (1465). Ces derniers, fondirent à Subiaco d'abord, puis à Rome ensuite, un caractère romain hybride, encore imprégné de l'esprit gothique.
 
 
Romain de Subiaco (1465)
 
Les premiers vrais romains nacquirent à Venise. On les doit aux imprimeurs Jean et Wendelin de Spire. Leur dessin fut perfectionné par le français Nicolas Jenson (1470). Son caractère était encore assez lourd, au faible contraste entre pleins et déliés et comportait des empattements assez épais. Malgré leur couleur un peu trop uniforme, ces lettres vénitiennes n'en offraient pas moins un aspect harmonieux et homogène. 
 
 
Romain de Jenson (1470)
 
A la fin du XIXe siècle, lorsque William Morris décida de recréer un caractère pour combattre les horreurs typographiques de l'ère victorienne, c'est du travail de Jenson qu'il s'inspira ; Jenson est donc vraiment le père de la typographie moderne.
 
 
Vers la fin du XVe siècle, l'imprimerie n'est plus un art de pionniers, mais une véritable industrie. Le XVIe siècle va être marqué par des dynasties d'imprimeurs-éditeurs (Manuce en Italie, Estienne en France) qui vont grandement contribuer à structurer l'industrie naissante et à standardiser le livre typographié.
 
Le perfectionnement du romain :  
Alde Manuce et Claude Garamond
 
Alde Manuce allait parachever le travail de Nicolas Jenson. Imprimeur, éditeur, en bref chef d'entreprise vénitien, cet helléniste curieux et ouvert, parfaite incarnation de l'esprit de ce temps, fit graver un caractère romain tellement abouti, qu'il est encore utilisé de nos jours. Union de la capitale épigraphique romaine et de la calligraphie humanistique, ce caractère fut utilisée pour imprimer le plus illustre des incunables : l'inéstimable Songe de Polyphile(1499).
 
 
Romain de Manuce (1490)
 
Si on compare ce romain, gravé par Francesco Griffo, à celui de Jenson, les différences semblent de peu d'importance : répartition plus subtile des contrastes entre pleins et déliés, affinement des empattements, hauteur de capitale inférieure à l'extrémité des jambages supérieurs des minuscules. Toutefois, la couleur de la page imprimée en est transformée toute de variété et de luminosité.
 
Pendant ce temps, en Europe, étaient publiés les premiers ouvrages théoriques sur la lettre. Tous ces travaux, qu'ils soient de l'Italien Luca Paccioli, de l'Allemand Albrecht Dürer ou du Français Geoffroy Tory, reposaient sur le recours à la géométrie.
 
Luca Paccioli, De Divina proportione (1509)
 
Le graveur qui insufla l'esprit de ces théoriciens dans le caractère de Manuce est un français du nom de Claude Garamond (1530). Il grava pour le plus grand imprimeur de ce temps, Henri Estienne, un romain équilibré, d'une très grande lisibilité, un classique de la typographie, qui fit l'objet d'une large diffusion et fut utilisé à travers l'Europe jusqu'à la Révolution française.
 
 
Romain de Garamond (1530)
 
L'invention de l'italique : Alde Manuce encore
 
Alde Manuce, à qui il faut associer Francesco Griffo, est illustre également à un autre titre : c'est à lui que l'on doit l'italique, caractère penchée inspirée des écritures alors utilisées par la chancellerie pontificale.
 
Ce nouveau caractère fut utilisé par Manuce pour lancer une collection de classiques de petit format destinés aux lettrés souhaitant découvrir un ouvrage sans s'encombrer d'un appareil critique. L'italique convenait parfaitement à cette fin parce qu'elle permettait de gagner de la place mais surtout parce que son élégance le rendait très lisible dans les petits corps.
 
La normalisation typographique
 
Rapidement, le livre imprimé acquit son autonomie par rapport au livre manuscrit. Progressivement, les nombreuses ligatures qui n'avaient plus de raison d'être disparurent des livres typographiés. Les imprimeurs purent ainsi commencer à rationnaliser leur casse.
 
Cette évolution fut accompagnée d'un débat de fond sur les langues nationales et leur transcription. En France, dans les années 1530, Tory mais également Marot, Dolet et Ronsard proposèrent des réformes orthographiques, défendant par exemple l'usage des accents et de la ponctuation. Rapidement, l'orthographe française intégra des règles inspirées des recherches menées par les humanistes italiens à partir de l'étude des langues latine et grecque (les accents viennent par exemple du grec). L'aboutissment de ce mouvement fut la publication par Joachim Du Bellay de l'acte fondateur de la langue française, Défense et illustration de la langue française (1549).
 
Parrallèlement, les métiers se spécialisèrent progressivement. On a vu que Manuce ne gravait pas lui même ses caractères mais avait recourt aux services du talentueux Griffo. De même, Garamond ne nous est connu que pour ses caractères, qu'il gravait pour Estienne ou le Roi lui-même. Cette spécialisation des métiers contribua grandement à uniformiser la typographie européenne.
 
Ainsi, le plus célèbre graveur de caractères français de cette époque après Garamond, Robert Granjon, fondit des caractères pour l'Europe entière. Ce parisien d'origine, travailla longtemps à Lyon, d'où il vendait ses caractères à tous les imprimeurs européens, fut appelé à Anvers par le grand imprimeur Christophe Plantin et finit sa carrière à Rome à la demande de l'imprimerie du Vatican.

La fabuleuse histoire de l'écriture - Les Runes -

Le secret des runes 
 
Les runes, forme primitive d’alphabet, étaient gravées dans le bois, la pierre ou les métaux. Les Vikings pensaient que l’alphabet runique recélait des pouvoirs magiques.
Les origines des runes demeurent un mystère. Cependant, nous savons que d’autres peuples germaniques les utilisaient, bien avant l’ère viking.
Les runes se composent de droites qui sont plus faciles à graver que les courbes. On n'utilisait pas les runes pour écrire de longs documents.
Malgré tout, la plus longue inscription connue comporte 700 symboles.
Les historiens actuels donnent à l’alphabet runique le nom de futhark.
 
 
Utilisation des runes 
Rune provient de l’ancien scandinave « rûnar » qui signifie « écriture secrète ».  Les runes ont été utilisées par les peuples germaniques du nord de l’Europe (Grande-Bretagne, Scandinavie, Suède, Islande) entre le IIIe s. et le XVIIe s. 
Ces lignes simples étaient faciles à graver. Même sans papier, ni plume, il était possible de tailler une phrase runique dans le bois. 
 
[size=16] [/size]
Runes datés du XIIe siècle. By Mararie 
 
La plupart des quelques 4000 inscriptions qui nous sont parvenues sont cependant marquées dans la pierre, l’os ou le métal.
Il s’agit souvent de pierres tombales, portant le nom du défunt. D’autres inscriptions runiques servaient de bornes ou indiquaient le nom du propriétaire d’un coffre ou d’une arme.
 
A Rok, dans une province suédoise, on a découvert une pierre dressée par un père à la mémoire de son fils défunt. Elle comporte plus de 700 symboles ce qui en fait la plus longue inscription connue. 
 
[size=16] [/size]
Inscriptions de plus de 700 symboles. By Mararie 
 
Les runes servaient également à tenir les comptes dans le commerce. 
Avec l’avènement du christianisme, de nombreux artefacts ont été détruits. Il ne nous sera peut-être donc jamais possible de connaître la véritable origine des runes. 
 
L’origine des runes 
Officiellement, les runes ne sont apparues qu’en l’an 1. Cependant, il est certain que cette écriture est beaucoup plus ancienne. 
En effet, l’écriture dite d'Hallristinger, l’ancêtre du futhark, date de la fin de la préhistoire.
 
 
[size=16] [/size]
Runes sur un vase viking. By Mararie. 
 
Plusieurs théories ont été émises sur l’origine de cette écriture mais, à ce jour, elle reste un mystère. 
Elle pourrait être constituée d’un mélange d’alphabets.
 
 
Les pouvoirs magiques des runes 
Les Vikings prêtaient aux runes des pouvoirs magiques. On jetait des sorts en les gravant et on les portait sur des amulettes pour se protéger. 
Ils expliquaient l’origine des runes par les mythes. D’après la légende, ce fut Odin lui-même qui apprit le premier l’écriture, au terme d’une épouvantable épreuve.
Cette épreuve peut-être d’ailleurs assimilée à la crucifixion du Christ.
 
 
[size=16] [/size]
Les vikings prêtaient aux runes des pouvoirs magiques. By Access.denied 
 
Pour découvrir le secret des runes, Odin se pendit à Yggdrasil, le grand arbre qui reliait les trois mondes de l’univers viking, et se perça le flanc de son épieu.
Ce mythe n’est indiqué que dans une seule source, un poème intitulé Hávámal « Les Paroles du Très Haut », mentionné par l’Edda Poétique :
 
 
Je me souviens d’avoir passé/Neuf nuits entières/Pendu à l’arbre battu par les vents/
Percé par l’épieu/Livré à Odin/Livré à moi-même/
Sur cet arbre/Dont personne/Ne connaît les racines/
Sans recevoir de pain/Ni boire à la corne/Je scrutais les profondeurs/
Je saisis les runes/En hurlant je les saisis/Puis je retombais.
 
 
Ce texte assez énigmatique semblerait indiquer que les runes provenaient du royaume de Hel, Reine de la Mort dans le Niflheim. 
 
[size=16] [/size]
Runes sur une pierre datée de la période viking. By Mararie. 
 
Par les runes, Odin obtint le don de sagesse occulte. 
Le chiffre 9 avait des vertus particulières. Odin se suspendit 9 nuits pour apprendre 9 sortilèges. Ce chiffre apparaît dans tous les mythes nordiques sans que nous sachions pourquoi.
Une grande fête de 9 jours se tenait tous les 9 ans à Uppsala en Suède, au cours desquels on sacrifiait 9 individus de chaque race d’êtres vivants, y compris un être humain.
 
 
[size=16] [/size]
Inscription runique découverte en Suède. By Access.denied 
 
Bien que nous ayons peu de témoignages, les runes jouaient un rôle important dans les divinations et les sacrifices rituels, pour lesquels elles devaient être rougies de sang. 
Des runes ont été retrouvées sur des amulettes. Certaines portent des messages pour accroître leur pouvoir magique.
Un cercle de pierre de Björketorp en Suède présente une inscription qui parle de « runes de pouvoir » et invoque une malédiction sur quiconque détruirait les mégalithes.
 
 
[size=16] [/size]
Runes (U 135). By Mararie 
 
Dans les mythes islandais, les runes favorisent l’accouchement, apportent santé ou maladie, donnent la victoire aux guerriers, provoquent des tempêtes ou les calment. 
Il y a une concordance entre la sorcellerie telle qu’elle était pratiquée au Moyen Age et certaines légendes germaniques.
On pouvait par exemple jeter un sort maléfique ou bénéfique en gravant des runes sur un os, un morceau de bois ou de métal.
 
 
A Arhus, au Danemark, on a découvert une pierre runique ornée  d’un masque cornu à l’aspect plutôt démoniaque.
L’inscription indique qu’elle a été érigée par un forgeron en l’honneur d’un certain Troels, qui lui a donné « l’or et le salut ».
 
 
Le futhark 
C’est le nom attribué à l’alphabet runique d’après les sons attribués à ses six premiers caractères :f,u,th,a,r,k.
Il existait plusieurs versions différentes de cet alphabet. L'alphabet original des runes nordiques comporte 24 lettres qui représentent les 24 constellations visibles des anciens Scandinaves.
Celle des Scandinaves est la plus courte avec 16 caractères.
 
 
[size=16] [/size]
Futhark scandinave à 16 caractères 
 
Comme pour les hiéroglyphes égyptiens, chaque signe représentait un son et symbolisait  en même temps un objet ou une notion abstraite. 
Par exemple, la première rune de l’alphabet correspondait à la lettre « f » mais aussi au mot « bétail » ou « richesse ». 
 
[size=16] [/size]
 
Le nombre limité de runes posait des problèmes car certains sons n’étaient pas représentés ou étaient dédoublés. Par exemple, il n’existait pas de rune propre à « d », « g » ou « p ».
On utilisait « t », »k » ou »b ».
Certains inscriptions sont donc difficiles à traduire à cause de ces ambiguïtés.
 
 
[size=16] [/size]
L'origine des runes reste mystérieuse. By Mararie. 
 
Tiwaz (lettre t ) pouvait signifier la flèche, la fidélité ou se référer au dieu de la Guerre Ziu.  
Kaunan (lettre k) pouvait signifier  la torche ou le bateau.
 
Il y a donc une marge d’erreur dans les traductions qui ont été effectuées. 


Ninnenne      
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
marileine
moderateur
moderateur
avatar

Messages : 25831
Date d'inscription : 08/03/2012
Localisation : belgique

MessageSujet: Re: La fabuleuse histoire de l'ecriture....   Lun 8 Déc - 13:49

La fabuleuse histoire de l'écriture - Ecritures africaines


[size=18]Berceau présumé de l’humanité, le continent africain est aussi un immense espace géographique et culturel qui vit naître, en certaines de ses régions, des écritures réputées être parmi les plus anciennement inventées sur la terre, comme les hiéroglyphes d’Égypte ou l’écriture méroïtique de la haute vallée du Nil ; s’y développèrent dès l’Antiquité d’autres systèmes, alphabétiques ou syllabiques : écritures punique et libyco-berbèregrecqueet latine, sur la bordure méditerranéenne ; écritures éthiopiennes en Afrique de l’Est ; écriture arabe à partir du VIIe siècle en Afrique du Nord, et dans les régions sahariennes, soudanaises et nigériennes islamisées ; c’est enfin une partie du monde où s’effectuent actuellement, après des essais pionniers, les expériences les plus modernes pour la transcription des centaines de langues qui y sont parlées.[/size]
 
Dans le continent africain, riche en systèmes de signes, l’écriture participe de toute représentation visuelle.
[size=18]Si l'Afrique foisonne de langues - de 700 à 1 500 selon les critères généraux de distinction entre langue et dialecte - elle est riche aussi en alphabetset en systèmes de signes variés. Ces alphabets d'origine récente, ont la particularité d'être nés de l'imagination d'hommes (d'un roi parfois) dont on connaît le nom. Ils ont été très peu utilisés pour la publication.[/size]
Parmi les moyens de communication couramment utilisés, il existe de nombreux codes symboliques picturaux et graphiques. Notre civilisation, qui n'a jamais eu d'autre expérience de l'écriture que l'alphabet, a pu sous estimer l'importance des signes graphiques dans la communication. Certes, on ne parle pas d'alphabet, de ponctuation ni d'ortographe, mais d'une grammaire visuellequi organise ces signes. Le regard en reconnaît l'ordre, et c'est en inventant la lecture, pour comprendre les messages gravés, que chacun à sa manière s'engage sur la trace de l'écriture. Le signe graphique africain représente le plus souvent, un message completet non une forme phonétique isolée.
[size=18]Idéographiquespictographiquesou abstraits, ces signes nourrissent la tradition graphique et assurent la communication. Ils sont aussi la source première d'inspiration pour les inventeurs d'écritures modernes, syllabaires et alphabets, depuis le XIXe siècle.[/size]
 

Enfin terminé!!!!  bonne lecture       bonne après midi 1    Ninnenne     
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
marileine
moderateur
moderateur
avatar

Messages : 25831
Date d'inscription : 08/03/2012
Localisation : belgique

MessageSujet: Re: La fabuleuse histoire de l'ecriture....   Lun 8 Déc - 13:50

La fabuleuse histoire de l'écriture - Ecritures africaines


[size=18]Berceau présumé de l’humanité, le continent africain est aussi un immense espace géographique et culturel qui vit naître, en certaines de ses régions, des écritures réputées être parmi les plus anciennement inventées sur la terre, comme les hiéroglyphes d’Égypte ou l’écriture méroïtique de la haute vallée du Nil ; s’y développèrent dès l’Antiquité d’autres systèmes, alphabétiques ou syllabiques : écritures punique et libyco-berbèregrecqueet latine, sur la bordure méditerranéenne ; écritures éthiopiennes en Afrique de l’Est ; écriture arabe à partir du VIIe siècle en Afrique du Nord, et dans les régions sahariennes, soudanaises et nigériennes islamisées ; c’est enfin une partie du monde où s’effectuent actuellement, après des essais pionniers, les expériences les plus modernes pour la transcription des centaines de langues qui y sont parlées.[/size]
 
Dans le continent africain, riche en systèmes de signes, l’écriture participe de toute représentation visuelle.
[size=18]Si l'Afrique foisonne de langues - de 700 à 1 500 selon les critères généraux de distinction entre langue et dialecte - elle est riche aussi en alphabetset en systèmes de signes variés. Ces alphabets d'origine récente, ont la particularité d'être nés de l'imagination d'hommes (d'un roi parfois) dont on connaît le nom. Ils ont été très peu utilisés pour la publication.[/size]
Parmi les moyens de communication couramment utilisés, il existe de nombreux codes symboliques picturaux et graphiques. Notre civilisation, qui n'a jamais eu d'autre expérience de l'écriture que l'alphabet, a pu sous estimer l'importance des signes graphiques dans la communication. Certes, on ne parle pas d'alphabet, de ponctuation ni d'ortographe, mais d'une grammaire visuellequi organise ces signes. Le regard en reconnaît l'ordre, et c'est en inventant la lecture, pour comprendre les messages gravés, que chacun à sa manière s'engage sur la trace de l'écriture. Le signe graphique africain représente le plus souvent, un message completet non une forme phonétique isolée.
[size=18]Idéographiquespictographiquesou abstraits, ces signes nourrissent la tradition graphique et assurent la communication. Ils sont aussi la source première d'inspiration pour les inventeurs d'écritures modernes, syllabaires et alphabets, depuis le XIXe siècle.[/size]
 

Enfin terminé!!!!  bonne lecture       bonne après midi 1    Ninnenne     
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Josiane
moderateur
moderateur
avatar

Messages : 7665
Date d'inscription : 08/03/2012
Localisation : Aquitaine

MessageSujet: Re: La fabuleuse histoire de l'ecriture....   Lun 8 Déc - 17:14

kikou3 ma petite Ninnenne,


elle est très intéressante, l'histoire de l'écriture -
MERCI, j'adore apprendre de nouvelles choses -


bonne fin de journée -
gros bisous7 de ton amie Josie

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
marileine
moderateur
moderateur
avatar

Messages : 25831
Date d'inscription : 08/03/2012
Localisation : belgique

MessageSujet: Re: La fabuleuse histoire de l'ecriture....   Mer 10 Déc - 13:17

bonjour  Josie,

merci 1  pour ta visite, au moins toi tu aimes mes articles.
J'ai dû recommencer 3 fois car pages du forum trop petites!!!

Gros :bisous7:de ton amie   Marileine
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Josiane
moderateur
moderateur
avatar

Messages : 7665
Date d'inscription : 08/03/2012
Localisation : Aquitaine

MessageSujet: Re: La fabuleuse histoire de l'ecriture....   Mer 10 Déc - 13:43

bonjour 2ma petite Ninnenne,


je réponds à ton message -
bien sûr que je m'intéresse à tes articles -
j'aime bien apprendre de nouvelles choses -
le problème, c'est que nous ne sommes pas assez nombreuses
sur le forum - du coup, nos articles passent inaperçus -
J.Claude m'avait dit qu'il reviendrait quand il n'aurait plus de soucis avec son PC, mais il n'est pas revenu pour le moment -
je suppose qu'il n'a pas le moral, il est tout seul maintenant que Marcelle est dans une maison de retraite -
il faudrait que je lui téléphone un de ces jours -
bonne  journée00 
bisous 6 de ton amie Josie

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
marileine
moderateur
moderateur
avatar

Messages : 25831
Date d'inscription : 08/03/2012
Localisation : belgique

MessageSujet: Re: La fabuleuse histoire de l'ecriture....   Mer 10 Déc - 14:25

Je lui ai sonné pendant le W.E. et il rend visite tous les jours à Marcelle et à Noël il va manger avec elle à l'hôpital


Pour le pc,il m'a fait comprendre que ce n'était pas le moment.... 


bisous  de ton amie      Ninnenne
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Josiane
moderateur
moderateur
avatar

Messages : 7665
Date d'inscription : 08/03/2012
Localisation : Aquitaine

MessageSujet: Re: La fabuleuse histoire de l'ecriture....   Mer 10 Déc - 14:28

merci 2 pour ton message, ma petite Ninnenne -


je suis très contente d'avoir des nouvelles de J.Claude par ton intermédiaire -
il est gentil d'aller voir Marcelle tous les jours -
je trouve que c'est super qu'il mange avec elle pour Noel -
bonne fin d'après-midi -
gros  bisous4 de ton amie Josie

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: La fabuleuse histoire de l'ecriture....   

Revenir en haut Aller en bas
 
La fabuleuse histoire de l'ecriture....
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» LA FABULEUSE HISTOIRE DE BOLLYWOOD
» [reportage] la fabuleuse histoire des nouilles
» La fabuleuse histoire de l'ecriture....
» [Walt Disney] La Fabuleuse Histoire de Mickey (1970)
» La folle histoire de Max et Léon (Palmashow)

Permission de ce forum:Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum
AU PETIT KIOSQUE DE LA POESIE :: ici on parle de tous-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetSauter vers: