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 Mythologie Greco-romaine-

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ninnenne
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MessageSujet: Mythologie Greco-romaine-   Jeu 18 Déc - 17:16

Mythologie Greco-romaine - Jason et la Toison d'Or -

 
Jason et la Toison d’or
Mythe ou réalité ?




L’histoire de Jason et des Argonautes est l’une des plus anciennes quêtes légendaires que nous ait léguées la mythologie grecque.
Ce mythe nous raconte les aventures de Jason parti vers la Colchide pour rapporter la Toison d’or.
Il y a-t-il une réalité à cette expédition maritime ? Les descriptions réalistes des lieux et des batailles sont-elles le vestige d’expéditions réelles ?
De nombreux auteurs de l’Antiquité, parmi lesquels Apollonios de Rhodes et Ovide, ont raconté l’expédition des Argonautes.
Les archéologues et historiens se sont penchés sur ce mythe afin de savoir si la légende de Jason et de la Toison d’or avait une réalité historique.


La trame du mythe de Jason et de la Toison d’or

Jason est le fils d’Eson, roi d’Iolcos, en Thessalie. Son oncle Pélias, qui a usurpé le trône, avait été prévenu par un oracle qu’il périrait des mains de l’un de ses parents qui ne porterait qu’une seule sandale.
Il fut donc inquiet en voyant arriver Jason, ne portant qu’une seule sandale, et réclamant le trône. Jason venait de perdre une sandale en aidant une vieille femme à traverser une rivière. Cette femme n’était autre que la déesse Héra.


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Ruines du temple d'Héra. Image Pingendiartifex .

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Pélias lui assura qu’il lui rendrait le trône si Jason se rendait en Colchide pour en ramener la Toison d’or.
Il était bien sûr persuadé que son neveu ne reviendrait jamais et périrait au cours de cette expédition périlleuse.

La Toison d’or est la laine d’un bélier fabuleux gardée par un dragon. Ce bélier volant avait servi de monture à Phrixos et Hellé pour s’enfuir vers Colchide.
Jason embarqua donc avec ses 52 compagnons, les Argonautes, sur le navire Argo vers la Colchide, qui représente alors les confins orientaux du monde connu.
Parmi les Argonautes, il y avait de nombreux héros grecs dont Héraclès, Castor et Pollux ou Orphée.


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Castor et Pollux. Image Ketrin 1407

a déesse Héra, qui protégeait Jason, l’aida en route. Héra est la sœur et l’épouse de Zeus.

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Au cours de leur voyage, les Argonautes rencontrèrent les Harpyes, des divinités malfaisantes, mi-femmes mi-oiseaux, qui firent pourrir leurs vivres.


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Représentation moderne d'une Harpye. Image Norma Desmond

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Après de multiples péripéties et de nombreux combats, ils abordèrent en Colchide chez le roi Aiétès, possesseur de la Toison d’or.

Grâce à l’aide de Médée, magicienne et fille du roi, Jason réussit à s’emparer de la Toison d’or. Il épousera d’ailleurs un peu plus tard Médée.
Médée donna une herbe magique à Jason pour affronter sans danger les monstrueux taureaux qui soufflaient le feu.
Le dragon qui gardait l’arbre auquel était suspendue la Toison d’or fut endormi grâce à une herbe aux vertus soporifiques.


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Arrivée de Jason et des Argonautes sur les côtes de Colchide. (Peinture de Lorenzo Costa)

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De retour à Iolcos, Jason apprend que son père s’est suicidé et que sa mère est également morte à cause de Pélias.
Il demande donc à Médée de l’aider à se venger.


Cette dernière raconte aux filles de Pélias qu’elle peut rendre sa jeunesse à leur père. Elle en fait une démonstration en dépeçant un bélier qu’elle fait bouillir. Puis, elle profère une formule magique et les morceaux se transforment en un jeune agneau.


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Jason apportant à Pélias la Toison d'or. (Face A d'un cratère en calice apulien à figures rouges, 340-330 av. J.-C.). Image Jastrow

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Les jeunes incrédules s’empressent donc de découper leur père en petits morceaux et de faire bouillir le tout. Puis, elles vont chercher Médée afin qu’elle dise la formule magique mais bien sûr celle-ci est introuvable.


Jason et Médée s’installèrent à Corinthe et eurent deux enfants. Mais, Jason décida d’épouser la fille du roi Créon et donc de répudier Médée. Elle se vengea en tuant sa rivale et ses propres enfants.
Jason vieillira seul à Corinthe. Il fut tué par une poutre pourrie qui se détacha de son vieux navire, l’Argo, et qui l’écrasa.


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Jason en vieillard, mélancolique, près de l'Argo. (Museum Amsterdam)

L’histoire de Jason et Médée est un thème récurrent dans la mythologie. Médée est souvent représentée comme une sorcière démoniaque. Cependant, sa personnalité est beaucoup plus complexe. Dans sa pièce Médée, Euripide la représente en femme bafouée, dévorée de jalousie, qui finit par tuer ses enfants dans un accès tragique de désespoir.


Sur la piste de Jason

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Les textes et les témoignages archéologiques ont montré que la Grèce possédait une longue tradition maritime. A l’époque mycénienne, la Méditerranée et la mer Noire étaient parcourues de navires grecs.
La plupart des experts situent l’expédition de Jason vers 1300 avant notre ère. A cette époque, la construction de navires était commune en Grèce.


On peut penser que, comme d’autres explorateurs, les Argonautes démontaient leur bateau lorsqu’ils touchaient terre et le transportaient en pièces détachées jusqu’au prochain rivage. L’Argo devait ressembler à une trirème.


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Maquette d'une trirème. Image Marshall Astor Food Pornographer . 

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Il est aussi probable que Jason et ses compagnons n’ont pas été des héros en quête d’un trophée.
Les marins étaient alors surtout motivés par l’espoir d’un butin. On sait d’ailleurs que les rivières de Colchide étaient réputées, à l’époque, pour charrier de l’or.
Il n’y a donc qu’un pas pour penser que l’or était le vrai but de l’expédition.


Si l’on se fie aux observations astronomiques qui émaillent le récit, on constate que Jason ne navigue pas au hasard.
Les aventuriers se dirigent cap à l’est, jusqu’au bout de la mer Noire. Ils découvrent d’ailleurs que ce n’est pas un simple golfe comme le pensaient les marins grecs.


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Mer Noire photographiée des côtes bulgares. Image Sashomasho .

Selon plusieurs historiens, la route du retour les emmène sur les grands fleuves russes, et vers le nord jusqu’en Scandinavie, puis en Grande-Bretagne, en direction du sud le long des côtes d’Europe, et enfin à travers le détroit de Gibraltar (alors appelé colonnes d’Héraclès), en Méditerranée.



Vue aérienne du détroit de Gibraltar. Image Zsoltika 

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Alors que les sites de Mycènes, de Cnossos et de Troie sont connus depuis le 19e siècle, les archéologues désespéraient de jamais découvrir la cité mythique d’Iolcos.
Depuis l’an 2000, non loin de Volos, en Thessalie, les ruines d’un palais d’au moins 3 600 m² datant de 1400 à 1300 avant notre ère, ont été mises au jour.
Ces ruines donnent donc une vraisemblance à l’existence du royaume de Jason.


Nul doute qu’il existe une certaine réalité derrière ce mythe. Cependant, les faits historiques ont été largement déformés par une représentation poétique et idéalisée.
Si l’on épure la légende de ses monstres, de ses dieux et magiciennes, il nous reste une expédition maritime périlleuse afin de rapporter de l’or.
Cette expédition a d’ailleurs permis aux Grecs de mieux se situer par rapport aux pays d’Asie.

[size=24]Mythologie Greco-romaine - Hercule - Fin...[/size]




Hercule luttant contre Achéloos, 
huile sur toile, Le Dominiquin, 1621.
 
 
Un concours qui finit mal 
  
  
A la suite des douze travaux, Héraclès ne connaît qu'un bref répit, en effet tout en accompagnant un moment Jason et les argonautes, il prépare à Tirynthe ses campagnes répressives contre Troie et L'Elide afin d'y punir les malhonnêtes Laomédon et Augias (voir travail 5 et 9). Mais un léger contr-temps va retarder ses projets. Il apprend qu'un concours au tir à l'arc est organisé par Eurytos, roi d'Oechalie. Le challenge en vaut la peine car le vainqueur épousera la princesse Iolè. Sans plus attendre, Héraclès prend part à la compétition et l'emporte haut la main. Devant l'assistance subjuguée, Eurytos reconnaît rapidement l'homme qui, quelques années auparavant, avait massacré sa famille dans un accès de folie et c'est bien logiquement que le roi annule le concours et retire sa fille des lots gagnants. Cependant, l'un des ses fils, du nom d'Iphitos, s'oppose à cette décision et lui fait remarquer qu'Héraclès mérite amplement la récompense prévue. Mais le vieux roi ne l'entend pas ainsi, il ne veut faire courir aucun risque à Iolè. Une nouvelle fois victime du manque de parole d'un homme, Héraclès s'en retourne rouge de colère, tout en fixant de son regard de feu la tribune royale. Quelques jours plus tard, on annonce à Eurytos que plusieurs bêtes de son bétail ont disparu. Il ne lui en faut pas plus pour soupçonner Héraclès et il charge donc son fils, Iphitos, grand admirateur du héros, d'éclairer cette affaire au plus vite. Il parvient rapidement à retrouver Héraclès et lui fait part, avec diplomatie, des soupçons qui planent sur lui. Très docilement, le héros accepte de se rendre auprès du roi afin de lui prouver son innocence. Malheureusement, de passage à Tirynthe, une pulsion meurtrière envahit Héraclès et d'un coup, il tue le pauvre Iphitos en le précipitant du haut des murailles qui entoure la ville. Ce nouvel acte de démence tant craint par Eurytos était d'autant plus inutile que le voleur n'était autre que le célèbre brigand Autolycos, grand-père d'Ulysse. 
 
 
Toujours est-il qu'Héraclès doit de nouveau se faire purifier de son crime. Les refus consécutifs de Nélée, ami d'Iphitos et de la Pythie de Delphes ne vont pas arranger sa situation. Dans un accès de colère, il va même jusqu'à menacer cette dernière en lui arrachant du sol son trépied sacré. Sans l'intervention d'Apollon puis surtout de Zeus, nul doute que l'impulsif héros aurait saccagé la ville entière. Le verdict divin ne se fait pas attendre : le roi de l'Olympe condamne son fils à trois années de captivité et c'est Hermès qui, déguisé en marchand d'esclave, vend Héraclès à la reine de Lydie, Omphale. Quant à Eurytos, il refuse l'argent qu'on lui propose en dédommagement, et pleure la disparition de son fils. En voulant sauver sa fille, il venait de perdre le plus courageux de ses fils. 
 
 
 
 
Héraclès soulevant le tripode, 
amphore à figures rouges, Vème avJC. 
 
 
Aux pieds d’Omphale 
 
Durant ces trois ans d'esclavage, Héraclès va non seulement se plier aux exigences militaires d'Omphale mais aussi à ses étranges fantasmes. En effet, la reine de Lydie l'oblige à se travestir en femme et lui apprend à filer la laine. Inversant les rôles, Omphale revêt la peau de lion du héros et s'arme de sa massue dans un ambigu jeu de rôle de dominant et dominé. Quand il finit de purger ses années de captivité, Héraclès quitte sans regret l'étrange Omphale avec laquelle il aura quand même eu le temps de faire un enfant du nom de Lamos. 
 
 
 
 
Hercule et Omphale, huile sur toile, 
Lucas Cranach l'ancien, 1537. 
 
 
 
 
Hercule et Omphale, huile sur toile, 
François Lemoyne, 1724. 
 
 
Règlements de compte et gigantomachie 
 
Après avoir retrouvé sa liberté, le héros peut, comme promis, se venger des infâmes Laomédon et Augias. Il commence par se rendre dans la cité de Troie à la tête d'une armée impressionnante. Sur place, il tue de ses propres mains Laomédon qui n'avait pas tenu parole après qu'Héraclès eut libéré sa fille Hésioné (voir Travail 9) et extermine ensuite, de la même manière ses valeureux fils. A la suite de ce premier règlement de compte, Héraclès reprend la mer pour rejoindre au plus tôt les côtes du Péloponnèse. Mais un vent violent, soulevé par Héra, sévit au large de Troie et fait échouer le héros au sud de l'île de Cos. 
 
 
 
 
Hercule contre les Troyens, dessin de Barthel Beham, XVIème siècle. 
 
 
Héraclès a tout juste le temps d'aider les Grecs insulaires contre les Méropes quand soudain la déesse Athéna lui apparaît et lui ordonne de l'accompagner en Chalcidique où a lieu les terribles combats entre les dieux de l'Olympe et les Géants. Or, selon un oracle révélé à Zeus, ce dernier ne pouvait pas triompher sans l'aide d'au moins un mortel. Sans hésiter, le héros se rend, avec Athéna, sur le continent et comme prévu son intervention donne le coup de grâce aux Géants assurant une victoire incontestable de Zeus et des dieux de l'Olympe. 
 
 
 
 
 
 
 
Héraclès et les dieux de l'Olympe... 
...écrasant les Géants, fresque, Giulio Romano, XVIème siècle. 
 
 
 
 
Héraclès contre les Géants, céramique 
grecque à figures rouges, Vème avJC. 
 
 
Après ce brillant succès, Héraclès poursuit sa route vers le Péloponnèse et l'Elide où réside Augias. Ce dernier l'avait banni de son royaume à la suite des humiliants travaux dans les écuries (voir Travail 5) et le héros avait juré qu'il le lui ferait payer. C'est rapidement chose fait lorsque, aidé de son armée, ils éliminent dans une embuscade les Molionides, alliés d'Augias et excellents stratèges. La suite n'est qu'une formalité pour Héraclès. Il neutralise l'armée du roi et tue Augias d'un coup de massue. Fidèle en amitié, le héros place sur le trône Phylée, fils du souverain déchu, qui avait, par le passé, témoigner en sa faveur (voir Travail 9). 
 
 
Le chien d’Hippocoon 
 
Peu après avoir éliminé Laomédon et Augias, Héraclès prend une nouvelle fois le commandement d'une armée. Aidé de Céphée, roi de Tégée, et de ses fils ainsi que d'Iphiclès, le héros s'attaque au roi spartiate Hippocoon. En effet, quelques temps auparavant, Oenos, cousin d'Héraclès, avait été tué par les fils d'Hippocoon pour avoir osé jeter une pierre sur leur horrible chien. Le héros ne pouvait donc pas laisser ce crime impuni. A Sparte, la bataille fait rage et le massacre tourne une nouvelle fois à l'avantage d'Héraclès même si cette fois les pertes humaines sont énormes : son frère jumeau Iphiclès ainsi que Céphée et ses fils périssent dans la bataille. Hippocoon et ses fils vaincus, Héraclès place sur le trône de Sparte Tyndare, jadis banni par son souverain de frère. Cette horrible guerre, déclenchée par une dérisoire histoire de chien, a pourtant permis à Héraclès de connaître la belle Augée, sœur du défunt Céphée, et qui lui donnera un fils du nom de Télèphe. 
 
 
 
 
Bataille avec Hercule, relief de Di Giovanni, 1478. 
 
 
Le combat contre Achéloos 
 
Après plusieurs années de nouveaux exploits, Héraclès se souvient de sa promesse faite à Méléagre (lors de sa visite aux enfers) d'épouser Déjanire. Pour cela il se rend en Etolie où habite la ravissante jeune fille. Mais à sa grande surprise, un étrange prétendant s'apprête à demander la main de la princesse terrifiée, il s'agit du dieu-fleuve Achéloos. Ce dernier prend différentes formes pour déclarer sa flamme : tantôt changé en taureau, tantôt en serpent, il se métamorphose également en homme cornu dont la barbe fait jaillir des fontaines d'eau de source. Rien de moins en somme pour effrayer une future mariée. Héraclès ne l'entend pas de cette oreille, il se précipite sur la divinité aquatique, transformé à l'occasion en taureau, l'attrape par les cornes et brise l'une d'elle avec sa force surhumaine. Acheloos vaincu et honteux se retire dans les roseaux pour retrouver le lit de son fleuve. Sauvée par son vainqueur, Déjanire se jette dans les bras du héros et le mariage a lieu dans les jours qui suivent. Le couple vit paisiblement pendant plusieurs années donnant le jour à deux enfants Hyllos et Macaria avant qu'un nouveau drame ne les contraigne à s'exiler. 
 
 
 
 
Hercule combattant Achéloüs métamorphosé en serpent, 
bronze, François-Joseph Bosio, 1814-1824. 
 
 
Le cadeau empoisonné de Nessus 
 
En effet dans un nouvel accès de colère, Héraclès tue le pauvre Eunomos, serviteur maladroit, qui lui avait renversé du vin. Entaché par ce crime inutile, le héros se décide à quitter l'Etolie avec sa famille. En cheminant vers la cité de Trachis, ils doivent traverser le fameux fleuve Evénos. Là, sortant de nul part, un centaure se présente au nom de Nessus. Il propose aimablement ses services afin de porter la dame sur l'autre rive sans qu'aucune goutte d'eau ne vienne mouiller ses vêtements. 
 
 
 
 
Héraclès, Déjanire et Nessus, stamnos à 
figures noires, peintre du Vatican, 540 avJC. 
 
 
 
 
Déjanire enlevée par Nessus, 
huile sur toile, Guido Reni, 1621. 
 
 
En toute confiance, Héraclès soulève Déjanire, la pose sur le dos du centaure et celui-ci entame avec précaution la traversée. Malgré un fort courant, il parvient au milieu du fleuve assez rapidement. Mais d'un coup, le comportement de Nessus change du tout au tout : il attrape violemment l'épouse du héros, la colle contre sa poitrine et galope jusqu'à l'autre bord dans le seul but de la violer. Sans plus attendre, Héraclès tend son arc et décoche l'une de ses flèches empoisonnées. Le projectile atteint sa cible avec précision et le centaure s'effondre, tétanisé par la douleur. Dans son agonie, le perfide Nessus parvient à convaincre Déjanire de recueillir quelques gouttes de son sang. Il s'agissait, selon lui, d'un puissant philtre d'amour qui lui serait utile si Héraclès venait à la délaisser pour une autre femme. Pour son grand malheur, elle crût le malin centaure et remplit un flacon à l'insu d'Héraclès. Ce qu'elle ignorait, c'était que la flèche envoyée par Héraclès avait été jadis trempée dans le puissant venin de l'Hydre de Lerne (voir Travail 2). 
 
 
 
 
Nessus et Déjanire, bronze, 
Jean de Bologne (Giambologna), 
fin XVIème siècle. 
 
 
 
 
L'enlèvement de Déjanire, huile sur toile, 
Gustave Moreau, XIXème siècle 
 
 
 
 
Nessus et Déjanire, bronze, 
Adrien de Vries, 1608. 
 
 
Le combat contre Kycnos 
 
Après cette mésaventure, Héraclès et sa petite famille atteignent la cité de Tarchis où le roi Kéyx lui offre l’hospitalité en échange de quelques services et notamment des opérations militaires contre les Dryopes et les Lapithes. Cependant, un épisode plus insolite va avoir lieu en Thessalie lorsque Héraclès se voit provoqué en duel par un dénommé Kycnos, gendre de Kéyx. Le combat est extrêmement équilibré puisque aux côtés du brigand se tient son père le dieu Arès. Mais Héraclès ne faiblit pas et il parvient même à tuer Kycnos et à blesser Arès. Pour éviter un accident, Zeus va une nouvelle fois séparer les deux combattants. Il jette sa foudre entre le dieu et le héros, lesquels s’inclinent devant l’autorité paternelle. 
 
 
 
 
Héraclès contre Kycnos, céramique à 
figures rouges, Vème siècle avJC. 
 
 

 
La mort de Lichas 
 
La suite des événements va malheureusement précipiter la chute du héros. Parti une nouvelle fois à la tête d’une armée, il prétend retourner à Oechalie et attaquer son roi Eurytos pour laver l’affront causé après sa victoire dans le concours du tir à l’arc (voir premier paragraphe). Laissant Déjanire et ses enfants dans la cité de Trachis, il marche vers l’Eubée. Son armée s’engage rapidement dans la bataille et sous ses ordres, la cité est saccagée, Eurytos et ses fils sont tués. Quant à la blonde Iolè, après s'être jetée du haut des murailles, elle fut portée par les vents et déposée miraculeusement sur la terre ferme. Sans plus attendre, Héraclès expédie le butin de la victoire et Iolè à Trachis. En outre, il envoie son messager Lichas auprès de Déjanire pour que celle-ci lui prépare une tunique neuve en vue du sacrifice à Zeus qu’il s’apprête à célébrer au Cap Cenaeon en Eubée. 
 
 
 
 
Hercule et Lycas, marbre, Antonio Canova, XIXème siècle. 
 
 
Le bûcher 
 
Quand elle voit arriver la jeune Iolè parmi les prisonnières, Déjanire ne peut s’empêcher d’éprouver de la jalousie et, tout naturellement, elle repense au philtre d’amour de Nessus. C’était le moment idéal d’y recourir. Elle imbibe la plus belle tunique du héros avec le sang du centaure et la confie au brave Lichas. Quand ce dernier fait revêtir le vêtement à Héraclès, le venin de l’hydre produit son effet : en pleine cérémonie en l'honneur à Zeus, le héros ressent une terrible brûlure sur tout le corps. Dévoré par la douleur et envahit par la rage, il attrape le malheureux Lichas par un pied et le lance dans la mer. Tandis que le venin plante un peu plus profondément ses crocs dans sa chair, Héraclès demande à se faire transporter auprès des siens à Trachis. Quand elle voit le héros agonisant, la pauvre Déjanire comprend que le philtre d'amour était en fait un terrible poison ; pleurant sur le sort de son époux, elle préfère se pendre plutôt que de le voir souffrir. Sur l'ordre de l’oracle de Delphes, on dresse un bûcher sur le mont Oeta en Thessalie. Mais malgré les supplications d’Héraclès, personne ne se résout à y mettre le feu. On appelle alors Philoctète, un berger des environs et futur protagoniste de la guerre de Troie, qui accepte de se charger d’enflammer la bûche en échange de l’arc et des flèches du héros. Pendant que les flammes dévorent l’enveloppe charnelle d’Héraclès, un nuage enveloppe le héros et l’emmène au ciel. Zeus dans un coup de tonnerre venait d’emporter son fils sur l’Olympe. 
 
 
 
 
Hercule sur le bûcher, marbre, 
Guillaume Coustou, 1703. 
 
 
L’apothéose d’Héraclès 
 
 
 
Apothéose d'Hercule, huile sur toile, 
Pierre Paul Rubens, XVIIème siècle. 
 
 
 
 
Hercule monte vers l'Olympe, dessin de 
Charles Lebrun, XVIIème siècle. 
 
 
Héros parmi les immortels, Héraclès peut banqueter à la table des dieux de l’Olympe et savourer le délicieux nectar et l’ambroisie. En guise de réconciliation, Héra lui offre en mariage sa fille Hébé, il connaît alors un repos bien mérité après 52 années d’une trépidante existence. Aujourd’hui encore, il suit les affaires des Hommes depuis le ciel où brille sa constellation.
 
 
 
 
La constellation d'Hercule, représentant le héros 
agenouillé dans le ciel, tête en bas, entre la constellation de la
Lyre (à l'ouest) et le Couronne boréale (à l'est). 

[size=24]Mythologie Greco-romaine-Hercule-Travaux-12- Le Cerbère -[/size]




 
Hercule et Cerbère, Paul Manship, 1966.
 
Le douzième et dernier travail va mener Héraclès dans un Au-Delà beaucoup moins enchanteur que le jardin des Hespérides ; Eurysthée lui ordonne en effet de se rendre aux Enfers pour capturer Cerbère, le monstrueux chien de garde qui empêche à toute âme défunte de regagner le chemin de la vie. Et après bientôt douze années de souffrances, le roi de Mycènes s'engage à le libérer à l'issue de cette ultime épreuve mais il sait très bien qu'il est pratiquement impossible de sortir de l'Hadès. Cependant, cela n'inquiète guère le héros, il a déjà vaincu d'innombrables adversaires et il n'est pas question pour lui de fléchir avant sa totale expiation ; même si cette fois-ci, c'est à la mort qu'il devra se mesurer. 
 
 
 
 
Hercule aux Enfers, huile sur toile, Zurbarán, 1637. 
 
 
Pour atteindre l'Hadès, Héraclès sait qu'il doit se rendre dans l'une des nombreuses entrées, l'une d'elles est située au Cap Ténare (à l'extrême sud du Péloponnèse), dans une grotte qui s'ouvre sur le sanctuaire de Poséidon, tout près d'un temple du dieu ; mais bien vite, à peine franchis les remparts cyclopéens de Mycènes, il apprend de quelques prêtres que le passage vers le monde des morts ne peut se faire sans certains rituels préalables ; tout d'abord il doit être initié aux mystères célébrés à Eleusis, au nord-ouest d'Athènes, et pour cela deux conditions sont nécessaires : être adopté par un grec et se purifier du sang qu'il a versé, notamment lors du massacre des Centaures. Sans perdre plus de temps, le héros change de cap et s'oriente vers l'est ; il traverse l'isthme de Corinthe qui, tel un pont naturel, relie le Péloponnèse à l'Attique, et en quelques heures de marche il atteint la petite ville d'Eleusis, voisine d'Athènes de quelques kilomètres. C'est dans ce lieu sacré, tant vénéré par les grecs, qu'on célèbre les Eleusinies ou "mystères de Déméter" ; la déesse de la terre y possède d'ailleurs son plus grand temple. Comme leur nom l'indique, les mystères d'Eleusis consistent à pratiquer d'étranges rituels dont le secret est tellement bien gardé que les non-initiés n'ont jamais pu savoir exactement de quoi il en ressortait. Toujours est-il qu'Héraclès, bien décidé de clore ses travaux dans le délai le plus court, exige des prêtres assignés qu'ils l'initient à ces fameux mystères. L'un d'eux, répondant au nom d'Eumolpos, lui explique toutes les formalités d'usage ; comprenant bien vite que le héros jouit d'un destin hors du commun, le prêtre parvient à le faire adopter par un athénien nommé Pylios comme l'exigent les lois ecclésiastiques, ensuite Eumolpos procède au cérémonial de la purification destiné à l'expiation des meurtres commis par Héraclès (ce qui préfigure déjà son rachat devant Eurysthée). Enfin, le prêtre introduit le héros à l'initiation proprement dite et l'emmène au Télestérion (ou salle des initiations) à l'abri des regards indiscrets. Après ces quelques jours passés à l'intérieur du sanctuaire des "deux déesses"(en l'honneur de Déméter et Perséphone), Héraclès est fin prêt à affronter le royaume des ombres, non pas que les mystères d'Eleusis lui ont fourni la clé de l'immortalité mais plutôt qu'ils lui confèrent une immunité face à la peur de la mort. Enrichi par une expérience aussi singulière, le héros reprend le chemin de Corinthe encore plus serein et confiant dans le succès de son épreuve. Il traverse le Péloponnèse sans difficulté et parvient au Cap Ténare, là où se terminent les terres méridionales de la Grèce. A l'intérieur du sanctuaire de Poséidon, Héraclès est attiré par une concavité située près du temple principal ; pas de doute, il s'agit bien là de la caverne qui mène droit aux Enfers. Le héros pénètre dans le tunnel et plonge dans la plus totale obscurité... 
 
A tâtons, Héraclès s'enfonce dans la terre avec cette étrange impression d'être observé ; malgré cela, il poursuit son chemin sans broncher. Pas à pas le noir se fait moins intense, les détails des parois commencent à se dessiner, des ombres inquiétantes apparaissent aussi et tout ce qui l'entoure s'illumine d'une faible lueur rousse. Bientôt c'est le bruit de l'eau qui attire son attention, un léger clapotis résonne dans toute la grotte et parvient à ses oreilles. Il débouche alors sur une région désolée, sans aucune forme de vie, où des eaux froides et stagnantes, des fleuves sans courant accentuent cette impression de néant : il y a là le Styx, l'Achéron ou encore le Pyriphlégéton et le Cocyte dont les noms seuls suffisent à glacer le sang des mortels. 

 
Le héros aperçoit bientôt, revenant de l'autre rive, une barque délabrée conduite par un vieil homme à l'aspect sinistre : c'est Charon, le passeur qui est chargé de faire traverser les âmes des défunts. Quand Héraclès se présente devant le vieux nautonier ce dernier est épouvanté de voir tant de vie dans ce corps et tant de détermination dans ce regard ; le héros saute sur la petite embarcation devant la passivité inhabituelle de Charon, pétrifié par la peur. Le vieil homme tremblant de tous ses membres pagaie en silence et conduit docilement Héraclès sur l'autre rive ; d'ailleurs, Hadès le condamnera une année aux fers pour avoir laissé passer un vivant. 

 
Le héros poursuit donc son chemin, il remonte un sentier où virevoltent de nombreuses âmes damnées ; les fantômes s'écartent devant les pas d'Héraclès et sous la menace de son arc les ombres préfèrent s'enfuir ou disparaître. Seulement deux spectres persistent à tourner autour du héros et ils parviennent même à l'étourdir ; Héraclès reconnaît l'un d'eux, il s'agit de Méduse, la gorgone aux cheveux de serpents, il tend son arc avec détermination mais son geste est arrêté par le second fantôme : c'est le célèbre Méléagre que le héros pointe déjà avec l'une de ses flèches. Cependant le revenant, d'une voix douce et calme, parvient à le tranquilliser et il l'avertit qu'il est inutile de tirer sur des ombres. Rassuré par le discours de Méléagre, Héraclès l'écoute attentivement: le spectre propose au héros la main de sa sœur Déjanire et lui fait promettre de l'épouser dès qu'il sera de retour parmi les vivants. Le fantôme de Méléagre disparaît brusquement et Héraclès reprend son ascension vers la porte des Enfers sans savoir que le mariage avec la belle Déjanire le mènera à sa perte. 
 
En continuant sa route il fait une seconde rencontre fortuite, il aperçoit, enchaînés au sol, en position assise, Thésée et son compagnon Pirithoos; ce dernier voulait devenir l'amant de Perséphone, l'épouse d'Hadès, et pour ce projet hardi il avait demandé l'aide du héros athénien. Visiblement les choses n'avaient pas tourné en leur faveur...sans hésiter une seule seconde, Héraclès tire sur les bras de son ami Thésée et brise les chaînes avec son aisance habituelle ; par contre, quand vient le tour de Pirithoos, la terre se met à trembler si fort qu'il ne parvient pas à le redresser, apparemment le maître des Enfers se refuse à libérer un homme qui a tenté de déshonorer sa reine. 

 
Un peu plus loin, Héraclès croise un autre damné du nom d'Ascalaphos ; ce dernier avait été condamné par Déméter à supporter le poids d'une énorme pierre car son témoignage avait condamné sa fille Perséphone à vivre auprès d'Hadès. Pris de pitié pour ce pauvre homme coincé sous l'énorme bloc de roche et dont la tête seule dépasse, le héros pose l'une de ses épaules sur le monolithe et le fait rouler sur le côté en poussant de toutes ses forces. Cependant, au moment même où Ascalaphos est libérer de l'énorme fardeau, il est immédiatement transformé en chat-huant par Déméter ; et quand Héraclès s'apprête à constater l'état du misérable détenu, à sa grande surprise, il aperçoit uniquement un petit oiseau de nuit s'envoler devant lui en hurlant de terreur... 
 
 
 
 
Héraclès et Cerbère, dessin, 
anonyme, XVIIème siècle. 
 
 
 
 
Hercule luttant contre Cerbère, 
Antonio Tempesta, XVIème siècle. 
 
 
Arrivé tout près des portes, Héraclès a la bonne idée de vouloir sacrifier l'un des bœufs du troupeau qu'il remarque en train de paître sur les terres désolées des Enfers. Il se jette sur l'une des bêtes et l'égorge offrant son sang frais à toutes les âmes errantes du royaume des morts. Ménoitès, le bouvier d'Hadès -que le héros a déjà eu l'occasion de croiser en Erythrée lors du dixième travail- consterné par cet outrage, se précipite sur Héraclès et le provoque à la lutte en ignorant le danger qu'il court à vouloir combattre un tel guerrier. Le combat ne dure en effet que quelques secondes, juste le temps pour le héros d'attraper Ménoitès par la taille et lui casser quelques côtes ; il faut même l'intervention de Perséphone en personne pour arrêter le massacre : elle intercède en faveur du bouvier et exige que le héros le laisse partir. Héraclès relâche le corps frêle à contrecœur et la reine des Enfers au teint blafard et aux habits sombres lui propose de la suivre jusqu'à son palais car il est son honorable invité. 

 
L'accueil de Perséphone tout d'abord froid et autoritaire va devenir très chaleureux à son arrivée dans la résidence royale : la reine reconnaissant en lui le fils de Zeus le traite comme son égal ; elle lui fait apporter des pains brûlants, des marmites de pois cassés, un bœuf à la braise, des galettes et des croissants au four. Le succulent menu rassasie Héraclès à tel point qu'il en oublie presque la raison de sa venue ici-bas ; mais l'arrivée d'Hadès va rapidement lui rafraîchir la mémoire. Le prince des Ténèbres est beaucoup moins accueillant que Perséphone et quand le héros se présente et lui expose son dessein d'enlever Cerbère, il lui impose une série de conditions : d'abord, il ne devra utiliser ni arme de fer ni bouclier, ensuite il devra vaincre à mains nues le monstre sans jamais le tuer ni lui faire couler une seule goutte de sang. 

 
Bien décidé de clore ce douzième travail par une victoire, Héraclès promet de ne faire aucun mal au molosse quitte à risquer sa vie pour cela. Hadès lui indique alors qu'il trouvera l'animal près des portes de l'Achéron ; sur ces mots, le héros se lance à la recherche de Cerbère et bien vite, il retrouve les traces du monstre et il n'a qu'à suivre les empreintes laissées dans le sol couvert de cendres et de boue. Quand il aperçoit enfin la bête, le spectacle qui s'offre à lui est monstrueux : le chien possède trois énormes têtes et son poil est hérissé de serpents... mais il en faut plus pour effrayer Héraclès qui se précipite en hurlant sur l'une des terrifiantes gueules du monstre. Vêtu de son invincible peau de lion, le héros peut sans trop de crainte affronter l'animal au corps à corps ; bien que la fourrure de serpents tente de le mordre à plusieurs reprises, Héraclès s'agrippe au cou de la tête centrale et il commence à serrer jusqu'à ce que la bête gémissante et suppliante reconnaisse en lui son nouveau maître. Après avoir domestiqué Cerbère, le héros lui attache une laisse et entame le chemin du retour à la surface en traînant derrière lui la bête craintive et obéissante. 
 
 
 
 
Mercure, Hercule et Cerbère sortent de des enfers, 
Edme Bouchardon, XVIIIème siècle. 
 
 
 
 
Hercule sortant Cerbère des Enfers, 
fresque, Niccolo dell'Abate, XVIème siècle. 
 
 
Bien qu'aucun témoignage n'ait pu confirmer le lieu exact d'où Héraclès et Cerbère sortirent des Enfers (on parle de tunnels de sorties sur le mont Laphystion en Béotie, à Hermione, à Héraclée du Pont ou même sur le Cap Ténare), toujours est-il que le héros s'introduit dans Mycènes avec le monstre et il poursuit jusqu'au palais royal effrayant toute la population : c'est l'occasion rêvée pour terroriser une dernière fois le malheureux Eurysthée qui, à la vue de Cerbère, court une nouvelle fois se jeter au fond de sa jarre et ordonne à Héraclès de ramener le chien aux Enfers et de quitter les lieux pour toujours. Ainsi, bien loin de déplorer une nouvelle fois l'inutilité de ses travaux, Héraclès restitue le gardien de l'Hadès avec toute la joie d'un prisonnier qui retrouve sa liberté après douze années d'expiation. Son repos, aussi bref qu'il soit, lui sera bien mérité... 
 
 
 
 
Héraclès montrant Cerbère à Eurysthée, hydrie 
ionienne à figures noires, 530-520 avJC. 


Ninnenne      
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MessageSujet: Re: Mythologie Greco-romaine-   Jeu 18 Déc - 17:19

[size=24]Mythologie Greco-romaine-Hercule-Travaux-11-Le Jardin...[/size]




 
[size=16]Hercule dans le jardin des 
Hespérides
, huile sur toile, 
Pierre Paul Rubens, XVIIème siècle.

 
Le Jardin des Hespérides 
  
 
Après déjà plus de huit années d'épreuves épuisantes, Héraclès se voit ajouter à ses dix travaux accomplis deux autres tâches supplémentaires, Eurysthée n'ayant pas validé ceux de l'Hydre de Lerne et des écuries d'Augias. Et cette fois, le roi de Mycènes place la barre très haute : il contraint le héros à deux voyages dans l'Au-Delà dont le premier consiste à découvrir le jardin des Hespérides afin d'y dérober les mystérieuses pommes d'or. Héraclès part donc à la recherche de cette obscure terre d'Occident dont il ignore totalement l'emplacement ; il quitte alors Mycènes pour se diriger vers le nord de la Grèce. 

 
Quittant les terres familières grecques, Héraclès atteint la Macédoine en quelques jours de marches. Sur place, au passage du fleuve Echédôros, le héros va essuyer son premier contretemps : un certain Lycaon se présentant comme le fils d'Arès (Dieu de la guerre) prétend le battre en duel. Avivé par le défi, le sourire aux coins des lèvres, Héraclès se lance à toute allure sur l'ambitieux personnage pour lui faire goûter sa fameuse masse. Cependant, il s'aperçoit très vite que ses formidables coups sont tous esquivés et que ce Lycaon se permet même le luxe de le frapper en retour... or seul un dieu peut rivaliser avec la force d'Héraclès. D'ailleurs Zeus, qui observe cette étrange scène depuis le mont Olympe, se rend très vite compte que c'est en fait Arès qui dirige le combat de son fils. S'en est trop ! il prend son foudre et, tel un lanceur de javelot, l'envoie entre les deux lutteurs en signe d'interruption du combat. Abandonné par son féroce adversaire et encore ébloui par l'éclair divin, Héraclès constate avec joie que son illustre géniteur veille toujours sur lui. Après cet épisode, le héros s'interroge sur la direction qu'il va emprunter ; et même si le passage du fleuve Echédôros l'orientait plutôt vers l'est, c'est bien vers l'ouest qu'il poursuit son chemin. 

 
Longeant la côte Adriatique vers le pays des Illyriens (dans l'actuelle Bosnie-Herzégovine) il atteint assez rapidement le fleuve mythique du nord-ouest : L'Eridan qui évoque à la fois le Pô et le Rhône. Héraclès remonte le mystérieux fleuve jusqu'à sa source, guidé par le chant envoûtant des naïades. Ces dernières s'avancent doucement vers le héros, virevoltent autour de lui, frôlent son corps, mais leur charme ne perturbe pas l'impassibilité d'Héraclès ; froid comme le marbre il questionne les nymphes aquatiques sur le jardin des Hespérides, sur ses pommes d'or et sa localisation. Mais les naïades continuent leur ronde, couronnées de fleurs, fredonnant les paroles d'une étrange sérénade.... Devant l'agacement évidant du héros, les gracieuses néréides vont lui livrer, toutes en chœur, une information importante : bien qu'elles ne connaissent pas l'emplacement du jardin des pommes d'or, elles connaissent un personnage nommé Nérée, Vieillard de la mer, qui pourrait l'aider dans sa quête ; elles lui indiquent avec un inquiétant sourire l'endroit où le vieux sage à l'habitude de dormir. Sur ces derniers mots Héraclès se lance sur les traces de ce mystérieux Nérée qu'il compte bien faire parler quoiqu'il advienne. 

 
Après seulement une centaine de pas, le héros aperçoit un vieil homme endormi profondément dans une petite grotte, une longue barbe et de longs cheveux ne pouvait cacher son visage creusé par le temps. Héraclès s'approche lentement, à pas de velours... quand CRAC ! une branche cède sous son poids réveillant brusquement le vieillard. Pris de panique, ce dernier utilise la ruse classique des divinités marines : la métamorphose. Malheureusement pour lui, les mains robustes du héros tiennent déjà solidement ses membres et il a beau s'épuiser à se changer en pierre, en animal sauvage ou en en plante verte, il ne parvient pas à se libérer de l'étau qui le tient prisonnier. Vaincu par la force herculéenne, Nérée accepte de livrer quelques renseignements. 
 
 
 
 
Hercule luttant contre Nérée, lécythe à figures noires, 500-490 avJC. 
 
 
Sans lâcher le vieux magicien, Héraclès apprend que les pommiers aux fruits d'or sont gardés par un serpent aux cent cris différents, dans un jardin de l'Extrême Occident où vivent les nymphes Hespérides("Occidentales"). Mais ces informations un peu vagues laissent Héraclès dans le flou et Nérée profite de ce moment d'inattention pour se transformer en serpent et se faufiler entre deux pierres. Peu importe, le héros se dirige déjà vers les terres de l'ouest qu'il a eu l'occasion de visiter lors de son périple dans le royaume de Géryon. Après quelques jours de voyage il atteint la région de Tartessos (dans l'actuelle Andalousie) et, sans le savoir, il est tout proche du jardin des Hespérides. Cependant, il ne parvient pas à découvrir l'entrée du lieu sacré que lui a décrit Nérée et, bien vite, il se met à tourner en rond fouillant chaque recoin du sud-ouest de la péninsule ibérique. Le héros est dans l'embarras : bien qu'il sache où se situent les pommes d'or il ne sait pas comment y parvenir. Il se résout donc à aller consulter le Titan Prométhée, frère d'Atlas, qui sera certainement en mesure de l'aider dans sa quête ; le seul souci est que Prométhée se trouve enchaîné sur le Caucase, à l'autre bout de l'Europe... 

 
En quelques jours, Héraclès franchit le détroit de Gibraltar d'où s'élèvent les colonnes à son nom, et parcourt toute l'Afrique du nord en longeant le littoral. Il traverse sans incident la Mauritanie, la Petite et la Grande Syrte (l'actuelle Tunisie et l'ouest de la Libye) avant de se voir retarder à l'est de Cyrène, en Libye, par le géant Antée (ou Antaios), fils de Gaia, la Terre. Ce roi cruel a pour habitude de couronner le temple de Poséidon avec les crânes des pauvres voyageurs qui traversent sa région. Le héros, bien loin d'être impressionné, accepte sans hésiter le combat que lui propose le libyen et il n'a d'ailleurs pas beaucoup le choix s'il veut poursuivre sa route. Les deux guerriers s'empoignent et, à la manière des lutteurs classiques, Héraclès tente de projeter le colosse au sol ; mais bien vite il s'aperçoit que c'est peine perdue : à chaque fois, Antée retrouve ses forces au contact de sa mère, la Terre. Pour le vaincre, le héros procède à l'inverse de la lutte habituelle, il saisit le géant à la taille, le soulève et le maintient suspendu ainsi, sans plus aucun contact avec le sol. Sentant ses forces l'abandonner, Antée tente en vain de se défaire de l'étreinte fatale de son adversaire ; Héraclès ne lâche prise qu'au moment où le fils de Gaia n'est déjà plus de ce monde. 
 
 
 
 
Hercule et Antée, bronze, 
Jean De Bologne, XVIème siècle.
 
 
 
 
 
Hercule soulevant Antée
Zurbarán, 1637.
 
 
 
Une spectatrice inattendue a suivi avec passion le combat qui vient de s'achever : c'est Iphinoé, la femme du géant. D'abord attristée par la mort de son époux, elle ne peut résister longtemps au charme de son vainqueur. A peine a-t-il rendu à la Terre la dépouille de son fils que le héros voit cette femme se jeter à son cou et s'offrir à lui ; de cette union naîtra un fils du nom de Palaimon. 

 
Fatigué par son combat et par sa nuit d'ivresse amoureuse, Héraclès s'endort à même le sol dans un sommeil lourd et régénérateur. C'est alors qu'il est attaqué sans s'en rendre compte par une horde de pygmées venu du sud-ouest de l'Egypte ; les petits hommes profitent du repos du héros pour ligoter solidement ses poignets et ses chevilles. Ce dernier se réveille, sentant des fourmillements sur tout son corps, et se libère sans peine de ses liens. Il observe calmement la fuite des pygmées et range les cordelettes (pour les enseigner à Eurysthée) dans un pan de sa peau de lion en souvenirs de cet étrange épisode. 
 
 
 
 
Hercule attaqué par les Pygmées, gravure de Cornelis Cort (d'après Flans Floris), 1563. 
 
 
Héraclès reprend son voyage à rebours d'ouest en est et se dirige vers la grande et glorieuse Egypte où règne le terrible pharaon Bousiris ; celui-ci sacrifie les étrangers sur l'autel de Zeus car, selon un oracle, c'était la seule manière d'en finir avec la disette. Ce fut d'ailleurs un chypriote nommé Phrasios, devin professionnel, qui prophétisa à la cour du roi ; en remerciement, il fut le premier étranger égorgé par le pharaon. 

 
Dès qu'il a franchi les frontières qui séparent la Libye de l'Egypte, Héraclès est immédiatement arrêter par les autorités du pays. On lui lie ses poignets derrière le dos et on lui impose une marche forcée sur Per-Ousere (aujourd'hui Abousir), lieu de résidence du sanguinaire Bousiris. Bien loin de se rebeller, le héros constate avec amusement que les coutumes locales sont décidément très enclines au ligotage des voyageurs et il est bien loin d'imaginer qu'on le mène sur l'autel des sacrifices. Escorté par une centaine de guerriers, il est présenté au pharaon à l'intérieur de son somptueux palais, et c'est en son honneur que Bousiris lève un fastueux banquet rempli des mets les plus succulents. Tel un mort de faim Héraclès se jette sur la table et avale tout ce qu'il peut, ingurgite, dévore, croque à pleines dents dans un tel élan de gloutonnerie que beaucoup en sont écœurés. Cependant, bien loin d'être un message de bienvenue ce repas semble plutôt s'apparenter au dernier festin d'une victime qu'on engraisse avant de sacrifier au dieu. D'ailleurs, Bousiris ordonne déjà à ses valets de placer l'insatiable héros sur l'autel du temple tel un bœuf pendant l'hécatombe. A ce moment, le héros prend conscience de la menace qui pèse sur lui ; il attend patiemment le moment opportun, et quand le pharaon en personne lève sa lame tranchante au-dessus de sa gorge, il brise ses liens et écrase son poing sur le visage de Bousiris, le tuant sur le coup ; il procède de même avec le fils du roi nommé Amphidamas, réglant par avance les problèmes de succession. Profitant du chaos occasionné par le crime de lèse-majesté, Héraclès s'enfuit du palais pharaonique et, au pas de course, il atteint rapidement l'Arabie laissant derrière lui l'Egypte orpheline de son souverain. 
 
 
 
 
Héraclès luttant contre Busiris, amphore à figures noires, Vème siècle avJC. 
 
 
De l'éprouvante traversée du héros dans les régions désertiques d'Arabie on ne retiendra que sa rencontre fortuite avec un certain Emathion, fils d'un prince troyen, dont le goût pour les défis au combat lui coûtera la vie. Héraclès, pour calmer les esprits, intronise Memnon, le frère du roi défunt, et il poursuit son chemin vers le nord où il aperçoit déjà, dans le lointain, les sombres montagnes du Caucase. 

 
En escaladant quelques rochers, il finit par apercevoir, enchaîné contre la paroi d'un sommet, le Titan Prométhée. Ce dernier avait était sévèrement puni par Zeus pour avoir appris aux hommes l'usage du feu ; prisonnier pour l'éternité, il devait subir un supplice terrible : son foie était dévoré par un aigle puis régénéré chaque jour pour que se perpétue le châtiment. 
 
 
 
 
Héraclès et Prométhée, fresque, 
Annibale Carracci, XVIIème siècle
 
 
 
 
 
Hercule délivrant Prométhée, dessin, Toussaint Dubreuil, XVIème siècle. 
 
 
 
 
Hercule et Prométhée, huile sur toile, Christian Griepenkerl, XIXème siècle. 
 
 
Et quelle ne fut pas sa surprise quand il vit le rapace transpercé par une seule flèche du héros! Ensuite, Héraclès rompt les chaînes de Prométhée et, pour ne pas contrarier Zeus qui s'était juré autrefois de le garder attaché, il les remplace par des liens d'oliviers ; par la même occasion, il fournit à son divin père le malheureux Chiron -l'immortel centaure que le héros avait involontairement blessé lors de son quatrième travail-qui acceptait de mourir en échange de Prométhée. Après sa libération, le Titan consent à aider Héraclès dans sa quête : il lui décrit avec précision le chemin qu'il doit prendre et lui dévoile ses futures péripéties. Sans plus attendre, le héros se lance de nouveau vers l'Extrême Occident en suivant scrupuleusement les conseils prodigués par Prométhée ; quittant le Caucase, il rejoint la Thrace et le nord de la Grèce par le détroit du Bosphore, en quelques semaines de marche il atteint le pays des Ligures (au nord de l'Italie et au sud de la France) où, comme le lui avait prédit le Titan, il est attaqué par des indigènes locaux tellement nombreux que les flèches viennent à lui manquer ; le sol trop mou ne lui offre aucun type de projectile pour exterminer les derniers survivants et c'est Zeus lui-même qui fait tomber une avalanche de pierres pour aider son fils à chasser les belliqueux latins. Héraclès poursuit sa route et franchit les Pyrénées pour la seconde fois dans ce onzième travail. 
 
 
 
 
Hercule cueille les pommes d'or, Georges Desvallière, XXème siècle. 
 
 
 
 
Hercule luttant contre le serpent, XVIIème siècle. 
 
 
De nouveau il traverse la péninsule ibérique et, sur les conseils de Prométhée, il enjambe le détroit de Gibraltar afin de rencontrer le Titan Atlas : ce dernier est le seul à pouvoir aider le héros dans sa quête des pommes d'or car le jardin des Hespérides est une région extra-océanique réservée uniquement aux immortels. Arrivé sur la pointe nord du continent africain, Héraclès découvre l'immense Atlas courbé sous le poids de la voûte céleste qu'il est chargé de supporter depuis la défaite des Titans contre les dieux de l'Olympe ; c'est tout naturellement que le héros relate à Atlas les raisons de sa visite. Après avoir écouté avec la plus grande attention, le Titan accepte sans hésiter de se rendre au jardin des Hespérides pour y cueillir trois malheureuses pommes mais il explique à Héraclès qu'il ne peut pas se déplacer sans lui laisser son terrible fardeau. Impatient d'obtenir enfin ces pommes, le héros accepte le marché sans broncher et il endosse sur ses épaules le poids du ciel tandis que le Titan Atlas s'éloigne d'un pas léger, tout heureux de s'être débarrasser un moment de sa douloureuse charge. Le cou endolori, les épaules en feu, Héraclès attend patiemment le retour de la cueillette mais ne voyant personne à l'horizon il commence à se demander si Atlas n'a pas pris goût à sa nouvelle liberté. Et, en effet, c'est après plusieurs heures de promenade que le Titan apparaît enfin, trois fruits d'or à la main, bien décidé à profiter encore un peu du bon temps. Sans lui demander son avis, Atlas se propose d'aller porter lui-même les pommes à Eurysthée. Conscient du risque qui pèse sur lui, Héraclès utilise une ruse infaillible: il feint d'accepter le service du Titan et le prie de reprendre le poids du ciel, pour quelques secondes seulement, le temps de trouver un bon coussin pour ses cervicales. Atlas pose les pommes d'or sur le sol et reprend la voûte céleste en toute confiance ; mais quand il aperçoit le héros ramasser les fruits qu'il a cueillis et s'éloigner avec un geste d'adieu, il se rend bien compte qu'il a été piégé de la manière la plus stupide. Dans une colère noire, immobilisé par le poids du ciel, Atlas profère insultes et menaces tandis que le héros entame le chemin du retour vers la Grèce sous les grondements sourds du Titan humilié. 
 
 
 
 
Hercule soutenant le monde, dessin, 
Annibale Carracci, XVIIème siècle.
 
 
 
 
 
Héraclès reçoit d'Atlas les pommes d'or, métope 
du temple de Zeus à Olympie, Vème avJC.
 
 
 
En quelques semaines, Héraclès rejoint la Grèce en traversant l'Espagne, le sud de la France et le nord de l'Italie sans aucune complication. Après un si long voyage autour de la Méditerranée, il est content de présenter les fruits sacrés à Eurysthée dans son palais mycénien. Ce dernier les contemple longuement et, sans doute conscient de leur caractère inviolable, il préfère en faire cadeau à celui qui les a dérobé. Le héros, décontenancé par le comportement du roi, est bien décidé à se débarrasser d'une si lourde possession ; il demande à quitter le palais pendant quelques heures et, quand il se retrouve aux portes de la ville pour y enfouir les fruits d'or, la déesse Athéna lui apparaît. Elle lui explique que les pommes n'ont rien à faire dans le monde des mortels et que leur place ne peut être ailleurs que dans le jardin des Hespérides. Sans hésiter, Héraclès rend à sa déesse protectrice ces objets tant convoités par les hommes et celle-ci disparaît comme elle était venue. Une nouvelle fois, le héros voit s'échapper le but matériel de son travail : les pommes d'or, à peine conquises, s'en retournent à cet Au-Delà mystérieux qui enveloppe le monde des hommes.
 
 
 
 
 
Les pommes des Hespérides, bronze, Norman Sunshine, 2002. 
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Mythologie Greco-romaine-Hercule-Travaux-10-Le troupeau...

 
Le troupeau de Géryon 
 
Non content d'avoir envoyé Héraclès aux confins méridionaux, septentrionaux et orientaux, Eurysthée exige cette fois-ci qu'il mette le cap vers les régions inexplorées d'occident. Pour son dixième travail, usé par quasiment sept années d'épreuves, le héros se voit ainsi obliger de gagner les mystérieuses terres de l'ouest et, plus précisément, l'île d'Erythie (l'actuelle Cadix, en Andalousie) car c'est là-bas qu'il est sommé de capturer le plus beau troupeau du monde. Et la tâche s'annonce plus rude qu'il n'y paraît car les superbes bœufs au pelage écarlate sont jalousement gardés par le monstrueux Géryon, fils du titan Okéanos et qui a eu la particularité de naître avec trois têtes, six bras et trois corps unis à la taille ; autant dire qu'il ne laisserait personne lui confisquer son bien le plus précieux. 
 
Héraclès s'élance donc en solitaire sur la Méditerranée afin d'atteindre au plus vite ces lointaines contrées où, chaque soir, Hélios (le soleil) et ses formidables montures terminent leur course effrénée. Bien vite, le héros s'ennuie sur sa barque et la monotonie des vagues le rend de plus en plus nerveux ; il décide d'abréger sa croisière en s'échouant sur les côtes les plus proches et il débarque donc en Libye sur le continent africain. Il n'était décidément pas un grand marin et son attrait pour l'aventure se limitait à la terre ferme : rien de tel qu'une bonne marche pour se dégourdir les jambes. Durant plusieurs jours, il longe les côtes africaines qui le mènent vers l'ouest, son trajet est à peine interrompu par quelques fauves affamés qui ont la malchance de tomber sous le joug de sa massue. Quand Héraclès atteint enfin le bout de la Méditerranée, là où Atlas soutient la voûte céleste (dans l'actuel Maroc), il repasse sur le continent européen par l'intermédiaire d'une petite bande de terre qui relie encore le sud de l'Espagne et l'Afrique du nord, il se résout à laisser une trace de sa venue dans ces contrées : en écrasant ses deux énormes poings au sol il ouvre en deux l'écorce terrestre ; la secousse, comparable à un séisme, fait trembler le monde entier et forme ainsi deux colonnes rocheuses appelées depuis "les colonnes d'Hercule"(de nos jours Ceuta et Gibraltar). Mais en séparant l'Europe de l'Afrique, Héraclès a involontairement ouvert ce qu'on appelle aujourd'hui le détroit de Gibraltar, en effet, la Méditerranée, jadis immense lac d'Europe, s'engouffre rapidement entre les deux colonnes et se convertit alors en mer ouverte sur l'océan Atlantique. 
 
 
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Les colonnes d'Hercule, dessin, Michel 
Corneille II, XVIIème siècle.
 
 
 
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Héraclès ouvrant le détroit de Gibraltar
huile sur toile, Zurbarán, 1637.
 
 
 
Le soleil torride qui règne sur la région de Tartessos (dans l'actuelle Andalousie) force Héraclès à trouver un refuge à l'ombre. Cependant, à peine a-t-il entamé sa sieste que déjà un rayon ardent lui martèle le visage et bien qu'il change de place, le soleil réapparaît pour l'éblouir à nouveau : Hélios chercherait-il à l'observer ? Toujours est-il que, bientôt assommé par la chaleur et irrité par cette farce, le héros décide de menacer l'astre du jour ; en plissant les yeux il pointe l'une de ses flèches vers le ciel et bande lentement son arc vers le Soleil...Ce dernier, à la fois admiratif et surpris par l'audace du héros, lui somme de ne pas tirer, il lui déclare même que la témérité de son comportement lui vaudrait un présent ; c'est ainsi qu'Hélios, loin d'être offensé par le geste d'Héraclès, lui offre une gigantesque coupe d'or qu'il dépose dans l'océan : le héros pourra désormais traverser l'océan sans aucun souci ; d'ailleurs, il se hâte à embarquer sur l'étrange navire qui, légèrement poussé par une force mystérieuse, se dirige vers l'île d'Erythie déjà en vue. 
 
 
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Héraclès dans la coupe d'or d'Hélios, céramique à figures rouges, Vème avJC. 
 
 
Il atteint rapidement les rivages du domaine de Géryon et entame une longue marche qui le mène jusqu'à un petit monticule. La colline lui offre une vue parfaite de toute l'île, il commence alors à scruter chaque zone de verdure susceptible de nourrir les merveilleux bovins du géant et il aperçoit bientôt, dans un coin de l'île, l'énorme troupeau gardé par un berger endormi et un étrange chien à deux têtes. Le monstrueux animal, qui répond au doux nom d'Othro, paraît sans cesse être à l'affût de quelque danger et ses deux museaux semblent sonder chaque parcelle du territoire en une seule inspiration. D'ailleurs, Héraclès va pouvoir constater l'efficacité de l'odorat du chien car celui-ci a déjà senti sa présence et se lance vers lui en aboyant furieusement. Quand la bête se trouve à bonne distance, le héros brandit sa massue et l'écrase sur les deux têtes du monstre bicéphale ; le coup est si fort qu'il résonne dans toute l'île et alerte Eurythion, le bouvier de Géryon, qui, de ses pas de géant, s'empresse de venir au secours d'Othro. Mais malheureusement pour lui, à peine a-t-il le temps de découvrir la dépouille mortelle du chien qu'il reçoit sur le crâne un coup de massue. Inspectant les deux corps inertes des gardiens du troupeau, Héraclès soupire de soulagement : à partir de maintenant, les superbes bœufs étaient en sa possession, il lui suffisait donc de les regrouper dans le bol d'or d'Hélios afin de rejoindre le continent et d'entamer le chemin du retour...mais voilà, le héros ignore qu'un bouvier du nom de Ménoitès est parti prévenir Géryon du double meurtre dont il a été témoin : il était tranquillement en train de surveiller les bœufs de Hadès (prince des Enfers) quand il aperçût, au loin, un sauvage qui frappait de toutes ses forces les malheureux Othro et Eurythion. Le géant se lève brusquement de son trône à la fin du récit du bouvier et, dans un immense fracas, Héraclès voit débouler sur lui une montagne à trois têtes et dont le comportement ne lui laisse que peu de choix ; le héros bande alors son arc et, avant que le monstrueux roi d'Erythrée n'arrive à sa hauteur, il décoche trois flèches qui viennent se planter au milieu des trois fronts répandant instantanément leur venin mortel. Géryon s'écroule dans un dernier triple soupir laissant Héraclès s'éloigner avec le superbe troupeau qui avait fait sa gloire. 
 
 
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Hercule et Géryon, huile sur toile, 
Zurbarán, 1637.
 
 
 
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Hercule luttant contre Géryon, amphore 
à figure noires, 550-540 avJC.
 
 
 
Ayant chargé la totalité des bœufs dans le bateau rond, Héraclès s'embarque à son tour sur l'instable embarcation qu'il lance à nouveau sur la Méditerranée. De retour sur le sol ibérique, le héros prend le soin de ne pas oublier une seule tête de bétail dans le bol d'or qu'il restitue ensuite à Hélios en lui exprimant toute sa gratitude. Commence alors pour Héraclès le long chemin du retour dans lequel tous les peuples qu'il croise cherchent à lui voler de si belles bêtes ; il guide son troupeau vers le nord traversant l'actuelle Espagne et franchit les Pyrénées pour atteindre la Gaule qu'il longe simplement par la côte sillonnant la région d'Alébion, plus connue aujourd'hui sous le nom de Provence. Hormis quelques tentatives de rapts perpétrées par les fils de Poséidon le voyage se passe plutôt bien jusqu'à l'arrivée en Italie. Car c'est en Toscane que le héros va vivre l'une de ses aventures les plus célèbres qui va le confronter à Cacus, le voleur de vaches. Cet épisode spécifiquement romain nous conte comment Héraclès poursuit le larron jusque dans l'Aventin (l'une des sept collines de la future Rome) afin d'y récupérer les quelques bœufs si difficilement acquis sur l'île d'Erythrée. D'ailleurs, le héros fait payé le prix fort à Cacus pour ce léger contretemps...en lui écrasant sa massue sur le crâne. Cependant, les soucis d'Héraclès ne s'arrêtent pas là ; quand il s'apprête à remonter son troupeau vers le nord, l'un des bœufs prend la fuite vers le sud, à l'opposé du chemin du retour. L'animal, poursuivit par le héros et le reste du troupeau, se jette alors à la mer et nage vers la Sicile en espérant s'y perdre définitivement. 
 
 
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Hercule et Cacus, huile sur toile, 
Nicolas Poussin, XVIIème siècle.
 
 
 
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Hercule et Cacus, huile sur toile, 
Hendrick Goltzius, 1613.
 
 
 
Mais la légendaire ténacité du héros lui interdit de laisser échapper ne serait-ce qu'une seule bête, il lance donc son bétail à l'eau et plonge à son tour dans la mer ; accroché à l'une des cornes d'un bœuf il navigue vers l'île aux trois cornes. A son arrivée en Sicile, les problèmes vont se poursuivre avec le vol de plusieurs bêtes par le célèbre monstre marin Skylla (ou Sylla), mi-jeune fille mi-chienne ; comme à son habitude Héraclès ne fait pas dans les détails et tue l'odieuse hybride (que son père Phorkys fera bouillir et ressusciter : il faut bien que Skylla reste en vie pour attaquer, plus tard, l'embarcation d'Ulysse). L'épisode sicilien du héros se résume en une série de combats (dans les cités d'Himère, de Syracuse...) et de victoires sur les nombreux chefs indigènes et la fondation de nouveaux cultes censés civiliser les barbares ; toujours est-il qu'Héraclès et son troupeau de nouveau au grand complet regagnent la côte sud de l'Italie... à la nage. 
 
De retour sur le continent, entre Rhégion et la Locride (dans la Calabre actuelle, sur la pointe sud de la botte), le héros est gêné dans sa sieste par les cigales qu'il chasse à jamais de la région. Poursuivant son chemin vers le nord, Héraclès et son troupeau atteignent Crotone où un certain Lakinios fait la connaissance de la massue du héros après avoir tenté de voler quelques bêtes, puis ils traversent sans encombre le reste de la péninsule pour contourner le fond de la mer Adriatique par voie de terre ; Héraclès laisse derrière lui de nombreuses traces de son passage en fondant notamment les cités de Pompéi, d'Herculanum et d'Héraclée... 
 
Le robuste bouvier poursuit sa longue et lente marche en longeant la côte est de la mer Adriatique ; il atteint paisiblement les frontières grecques sur les rives de la mer Ionienne quand intervient la perfide Héra : elle envoie un taon qui provoque une énorme panique dans le troupeau, les bœufs s'affolent, fuient et s'éparpillent dans la nature. Mais Héraclès ne se décourage pas pour autant, pendant plusieurs semaines il poursuit sans relâche les bêtes apeurées jusque dans les montagnes de Thrace et il parvient à grand peine à en rassembler suffisamment pour reprendre le chemin vers Mycènes ; le reste des bœufs laissé sur place devint sauvage. Fatigué et éreinté par ce très long voyage, le héros s'en prend au fleuve Strymon : irrité par ses maintes traversées à la nage il jette dans l'eau tant de pierres qu'il se fabrique un pont assèchant définitivement la rivière. Le bouvier et ses bêtes peuvent ainsi franchir le Strymon au sec ; en laissant une rivière pierreuse derrière lui, Héraclès dépose une nouvelle fois la marque de son passage. 
 
Le reste du voyage se déroule sans entrave et le héros arrive à Mycènes avec la quasi-totalité du troupeau de Géryon et malgré les nombreuses tentatives de vols dont il a été victime le dixième travail arrive à son terme. Eurysthée commençait à trouver le temps long quand on le prévint que le héros attendait aux portes de la ville. Le roi, fit introduire l'immense troupeau, admira leur beauté et ordonna de les sacrifier en l'honneur d'Héra. Quelle récompense plus merveilleuse pour le héros que de voir ces bœufs, si difficilement conduits jusqu'en Grèce, sacrifiés à cette si charmante déesse ? 

[size=24]Mythologie Greco-romaine-Hercule-Travaux-9-La ceinture...


 
La ceinture d'Hippolythé 
 
 
Héraclès n'a à peine le temps de souffler qu'Eurysthée lui assigne une nouvelle épreuve. Le roi de Mycènes cède à tous les caprices de sa fille Admète et celle-ci exige expressément qu'on lui rapporte la ceinture d'or d'Hippolyté, la reine des amazones. Ce peuple guerrier est uniquement composé de femmes, elles ne connaissent ni la pudeur ni la pitié et sont célèbres pour leurs coutumes sauvages et cruelles, elles s'unissent aux hommes (avant de les assassiner) uniquement pour perpétuer la lignée féminine abandonnant ou tuant les nourrissons de sexe mâle ; on raconte aussi que, arrivées à l'âge de se battre, elles se coupent le sein droit pour mieux manier l'arc et le glaive et n'épargnent leur sein gauche seulement pour pouvoir allaiter leurs filles. Héraclès sait donc ce qu'il lui reste à faire et il met le cap vers l'est en direction de la Bithynie (au bord de la mer Noire, dans l'actuelle Turquie) ; accompagné par un groupe de volontaires il s'embarque donc une nouvelle fois à bord d'un navire. 
 
En raison du climat défavorable la traversée de la mer Egée s'interrompt brusquement sur l'île de Paros, célèbre pour la pureté de son marbre blanc. La petite armée réalise rapidement que l'archipel n'a rien de paradisiaque quand deux des compagnons d'Héraclès sont abattus par des flèches à leur descente sur la plage. Les auteurs de se double meurtre ne sont autres que les quatre fils du roi Minos: Eurymédon, Chrysès, Néphalion et Philolaos ; ces derniers aimaient à prendre pour cible les pauvres voyageurs et naufragés qui avaient la malchance de s'échouer sur l'île. Cependant, cette fois-ci se sont eux qui jouent de malchance : à peine ont-ils le temps de voir leurs deux victimes tomber au sol qu'Héraclès est déjà en train de se précipiter sur eux brandissant sa massue et hurlant sa colère d'autant plus que les traversées en bateau le rendait particulièrement nerveux. En deux temps trois mouvements le héros écrase son arme sur le crâne des insouciants fils du roi de Crète et les tuent sur le coup. Mais Héraclès ne s'arrête pas là, il continue dans son élan, animé par une rage inassouvie, et s'attaque aux habitants de l'île, à l'intérieur même de la ville. Il fracasse les maisons, défonce les palais, écrase les récoltes... bref, le héros se convertit en véritable tornade dévastatrice. Pour apaiser cette furie la population décide de lui envoyer une ambassade capable de calmer les esprits ; profitant d'un moment de répit, les diplomates proposent au bouillonnant Héraclès de choisir deux hommes de l'île de Paros en remplacement de ses deux défunts compagnons. Le héros accepte le marché, il met fin à ses ravages et choisit les robustes Alcéos et Sthénélos, les deux rejetons d'Androgée (lui-même fils de Minos et de Pasiphaé), pour substituer la perte de deux de ses soldats. Héraclès reprend donc la mer avec le même nombre de combattants qu'à son arrivée sur l'île. Les habitants de Paros ne sont pas mécontents de voir s'éloigner la flotte de cet homme caractériel qui détruisit leur ville sur un coup de colère. 
 
Après plusieurs jours de navigation qui paraissent durer une éternité, Héraclès et son armée atteignent enfin les bords du continent en arrivant en Mysie (en actuelle Turquie). Là, le héros et sa bande trouvent la généreuse hospitalité de Lycos, un homme constamment en guerre contre le peuple des Bébryces. Toujours aussi serviable, Héraclès donne un petit coup de main à son hôte en exterminant à lui tout seul la totalité de l'armée ennemie ; il offre alors à Lycos l'immense région qu'il subtilise aux Bébryces, le territoire ainsi constitué fut dénommé Héraclée. Mais Héraclès n'en a pas fini, il doit pénétrer plus loin dans les terres orientales pour trouver le royaume des amazones ; pour cela la petite armée traverse la Dardanie pour embarquer dans un port de la mer de Marmara, de là ils atteignent la mer Noire et après de longs jours de navigation, ils jettent l'ancre dans le port de Thémycire (Yhemiscra) en Bithynie. 
 
 
 
 
Hercule et Hippolyté, dessin, 
Charles Lameire, XXème siècle
 
 
 
 
 
Hercule et Hippolyté, huile sur toile, 
Pierre Paul Rubens, XVIIème siècle.
 
 
 
 
 
Hercule prend la ceinture à Hippolyté
bronze, Paul Manship, 1966
 
 
 
A la grande surprise d'Héraclès, Hippolyté lui rend visite dès qu'il met pied à terre, sans la moindre intention belliqueuse, comme s'il s'agissait de la réception d'un hôte de la plus haute autorité. En descendant du navire, tous sont subjugués par la beauté sauvage de la reine, ses vêtements, composés de morceaux de fourrures hirsutes, laissent entrevoir une peau brunie par le soleil, des bras musclés par les combats à l'épée et de longues jambes sculptées tout au long de l'année par ses excursions à cheval, monté "en amazone". Héraclès aussi a les yeux fixés sur la reine mais pas pour les mêmes raisons : son regard se dirige vers l'objet de sa venue en Bithynie, à savoir la ceinture d'or qui enveloppe la fine taille d'Hippolyté. Cet objet incarne la suprématie que lui offrit son père Arès (le dieu de la guerre) sur le peuple des amazones ; autant dire que l'objet qui ceignait la reine était bien plus qu'une simple parure, il représentait bel et bien son pouvoir moral et militaire, ce qui compliquait quelque peu les desseins du héros... 
 
La charmante Hippolyté invite alors Héraclès, comme dans tout bon protocole, à l'entretenir en privé au sujet de sa venue en terres amazones, ce à quoi consent le héros sans aucune méfiance. Une fois n'est pas coutume, son attitude calme et pondérée allait enfin pouvoir lui permettre de résoudre l'un de ses travaux sans verser la moindre goutte de sang...du moins l'espérait-il. De ce tête-à-tête nous ne connaissons que très peu de détails, toujours est-il que le héros plait beaucoup à Hippolyté, sans doute séduite par ses puissants pectoraux et sa barbe foisonnante, et qu'il se permet de révéler à la reine, sans rien occulter, la raison de son arrivée en Bithynie. Après avoir écouté très attentivement le récit du héros, la reine, envoûtée et conquise, lui promet son merveilleux ceinturon d'or qu'elle dégrafe assez vite... 
 
Mais le destin d'Héraclès était décidément écrit en lettre de sang, surtout dans les moments où il s'y attendait le moins ; en effet, la méchante Héra s'était résolue à contrecarrer les plans de l'homme qu'elle détestait le plus au monde. Pour cela, la déesse s'était déguisé en amazone et répandait la rumeur d'une incursion étrangère visant à enlever la reine. Il n'en faut pas moins aux amazones pour prendre leurs montures et de fondre sur le campement d'Héraclès. C'est au petit matin que le héros se réveille au bruit sourd d'une armée au galop ; les sens aux aguets, il scrute l'horizon et aperçoit les milliers de cavalières enragées prêtes à l'attaquer, lui et ses compagnons. Fidèle à son manque de clairvoyance, Héraclès est alors convaincu de la trahison d'Hippolyté, il comprenait maintenant l'accueil pacifique de la reine qui n'avait été en fait qu'un moyen de l'amadouer. Aveuglé par la colère, il se jette sauvagement sur la pauvre reine endormie et lui assène un coup mortel sans qu'elle n'ait eu le temps de s'éveiller : la brutalité de cette mort s'ajoutait à son injustice, le tempérament inconstant du héros, associé à la malveillance d'Héra, avait provoqué la mort de la belle et généreuse reine des amazones. Dans la hâte, Héraclès arrache la ceinture d'or du corps d'Hippolyté et réunit ses hommes pour embarquer au plus vite. Avant de quitter les lieux, le héros a juste le temps de massacrer une petite centaine de guerrières acharnées en faisant tournoyer sa célèbre massue. 
 
 
 
 
 
Hercule contre les amazones, amphore 
à figures noires, VIème avJC.
 
 
 
 
 
Amazonomachie, frise du mausolée 
d'Halicarnasse, 350 avJC.
 
 
 
Le navire s'éloigne au large de la mer Noire laissant le chaos le plus total au pays des amazones. Durant la traversée, Héraclès put repenser tranquillement aux événements qui venaient de survenir mais il était bien loin d'imaginer que l'intervention d'Héra avait faillit lui être fatale et la rancunière déesse n'en avait pas encore fini avec lui. Toujours est-il que le héros est maintenant en possession de la ceinture d'Hippolyté et il est bien décidé à la remettre coûte que coûte à la fille d'Eurysthée. La traversée dure plusieurs jours avant que l'embarcation ne fasse escale au port de Troie, la célèbre cité grecque. 
 
Cependant, ce qui devait être une simple halte va se convertir en nouvel épisode héroïque. En effet, lorsque Héraclès et ses compagnons atteignent les côtes de Dardanie ils aperçoivent, enchaînée à un rocher de la falaise, une jeune fille terrorisée par la présence d'un gigantesque monstre marin que l'embarcation a peine à contourner. Cette scène intrigue le héros et celui-ci s'empresse de débarquer dans le prestigieux port de Troie. Sur place, il apprend bien vite que la donzelle qui se débat pour sortir de ses chaînes n'est autre que la princesse Hésione, fille du roi Laomédon. Ce dernier avait eu l'audace de refuser de payer deux extraordinaires ouvriers après que ceux-ci aient fortifié la cité de Pergame (située au sud de Troie). Or il s'avéra que ces deux formidables bâtisseurs n'était autre que Poséidon et Apollon : les deux dieux s'étaient justement déguisés pour mettre à l'épreuve l'outrecuidance du roi. La punition divine fut cruelle puisque Apollon répandit une épidémie de peste dans la cité tandis que Poséidon envoyait le monstre marin pour tourmenter les navigateurs de la côte. Ainsi, quand l'infortuné Laomédon reçoit Héraclès dans son palais, son désespoir est infiniment grand ; il explique au héros que les oracles lui avaient prédit la fin de ses malheurs seulement s'il donnait sa fille en sacrifice au monstre des mers : la jeune Hésione était donc la victime de la déloyauté de son père. Sensible à ce genre d'injustice, Héraclès s'engage à sauver la princesse ; en échange, il réclame simplement que le roi lui cède ses superbes juments que Zeus lui avait offert en compensation de l'enlèvement de son fils Ganymède dont le dieu de l'Olympe était éperdument tombé amoureux... Laomédon lui donne sa parole d'honneur et le prie qu'il fasse au plus vite car la marée montante menace la vie d'Hésione. Sans plus attendre, le héros s'en va secourir la princesse. En quelques heures Héraclès atteint la côte et arrive juste à temps pour éviter que la jeune fille ne se fasse dévorer : Héraclès n'hésite pas et se jette de la falaise pour atterrir sur la tête visqueuse du titanesque poisson qui a juste le temps de voir s'abattre la massue du héros. L'impacte est colossal, le crâne du monstre se brise dans un énorme fracas projetant Héraclès dans la mer. Mais le héros refait rapidement surface, il se hisse jusqu'en haut de la falaise pour constater la mort de la bête et délivre Hésione de ses chaînes. Cependant, son succès va être quelque peu refroidi quand il ramène la princesse à son père. Comme il l'avait fait avec Poséidon et Apollon, ce dernier manque à sa parole et refuse de lui livrer la récompense promise : humilié, Héraclès quitte le palais et promet à Laomédon qu'il reviendrait lui faire la guerre ; le roi peut trembler car le héros tient toujours sa parole quand il est en colère! 
 
 
 
 
Hercule sauvant Hésioné, dessin, école hollandaise, XVIIIème siècle. 
 
 
Mais le temps lui est compté, Héraclès doit accomplir sa mission et pour cela il doit quitter Troie au plus vite et entamer le chemin du retour. Mais le trajet vers Mycènes ne se réalise pas sans obstacles, en effet, des courants défavorables emportent l'embarcation vers les côtes thraces s'échouant sur Ainos. Après quelques jours passés dans la cité ( où il fait la rencontre de deux fils de Poséidon : Poltys et Sarpédon, ce dernier trouvant la mort pour son impertinence), le héros met les voiles pour l'île de Thasos. Sur place, il mate les quelques habitants thraces pour offrir l'archipel à ses deux fidèles compagnons de substitution, Alcéos et Sthénélos ; la générosité d'Héraclès n'a pas de limite quand il faut récompenser des amis. Enfin, le bateau s'arrête au port de Toronè en Chalcidique où le héros a le temps de donner une bonne leçon à Polygonos et Télégonos (fils de Protée et petits-fils de Poséidon) lesquels avait eu l'audace de défier Héraclès en duel ...(mal leur en a pris !). 
 
Le reste du voyage fut beaucoup plus tranquille, en quelques jours, le navire rejoignît le port de Mycènes et le héros, exténué par la traversée, pût enfin remettre la ceinture d'or à Eurysthée. On raconte que sa fille Admète ne fut pas plus impressionnée que cela, il faut dire qu'il s'était écoulé pas mal de temps depuis le départ d'Héraclès ; toujours est-il que beaucoup de sang avait coulé pour céder aux caprices d'une princesse. 


La suite demain

a demain    Ninnenne      [/size]
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