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 Petites histoires de l'Histoire

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ninnenne
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MessageSujet: Petites histoires de l'Histoire    Sam 20 Déc - 15:16

Petites histoires de l'Histoire - Mata Hari -

 
Sous le nom de Mata Hari, Margaretha Zelle ajoute des danses indonésiennes à son répertoire de charme. Elle est belle et fascinante. En ce début du 20e siècle, Mata Hari mène une vie anticonformiste qui la rend forcement suspecte.
Lorsque Mata Hari est arrêtée pour espionnage, ses accusateurs affirment qu’elle utilise un code à base de notes de musique pour transmettre des secrets à l’ennemi.
Cette femme, amoureuse de la vie, était-elle une espionne ?


Les débuts de Mata Hari

Née dans une riche famille néerlandaise de Leeuwarden le 7 août 1876, Margaretha Geertruida Zelle, est destinée comme toute jeune fille de l’époque à un riche mariage et à avoir de nombreux enfants.
Pourtant, son destin va être tout autre et elle symbolise toujours aujourd’hui, le mystère, l’érotisme et l’espionnage.


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La jeune fille rejette très tôt le conformisme bourgeois et devient une courtisane ainsi qu’une danseuse exotique.
Elle apprend l’art de la séduction. Mariée à un officier de l’armée coloniale néerlandaise, on raconte qu’elle séduit et attire chez elle des hommes importants.
Son premier mari semble être l’instigateur de ces rencontres. Une fois les amants dans le feu de l’action, le mari surgit, un appareil photo à la main, et immortalise la scène pour faire chanter les imprudents.


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Photo de Mata Hari prise à Paris (Archive photos)

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Séparée de son mari, Margaretha s’installe à Paris à la fin de l’année 1903, bien décidée à réussir une carrière de danseuse.
Après une période difficile, pendant laquelle elle gagne en fait sa vie comme courtisane, la jeune femme décide de changer d’image.
Ainsi naît la danseuse exotique Mata Hari, qui entame rapidement une carrière internationale.


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Une espionne pleine de charme

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Elle rencontre Truffaut von Jagow, chef de la police berlinoise. Celui-ci tombe amoureux d’elle et devient son amant. Il comprend aussi qu’il peut utiliser les charmes de sa maîtresse à son avantage et surtout à celui de l’Allemagne.
Il l’incite à poursuivre ses activités de courtisane et l’encourage à s’occuper d’hommes politiques, de personnalités de l’armée et de la diplomatie.
Elle pourra ainsi obtenir d’importantes informations d’ordre militaire.
Elle accepte et c’est ainsi qu’elle commence sa carrière d’espionne sous le matricule H 21.
La jeune femme participe à de nombreuses soirées et noue des liens avec des hommes influents.


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Photo de Mata Hari en train de danser (Photo Popperfoto)

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Très douée, elle leur soutire des informations qu’elle rapporte ensuite aux Allemands.
Ses talents de séductrice ont des conséquences graves quand commence la Première Guerre mondiale.

Elle s’engage comme infirmière, près de Vittel, et parvient à arracher aux officiers blessés des détails des plans des prochaines offensives.
Etrangement, à plusieurs reprises, des offensives françaises se heurtent à une concentration imprévue de troupes allemandes.
Lors de l’une de ces offensives, plus de 100 000 soldats trouvent la mort.


Pour la France, cette défaite est directement imputable aux informations glanées parMata Hari.




Courtisane ou espionne ?

Au début de l’année 1917, Mata Hari est arrêtée. Elle avoue ses liaisons mais ne reconnaît pas avoir obtenu de renseignements confidentiels.
Elle affirme qu’elle est effectivement une courtisane mais pas une espionne.
Elle clamera son innocence jusqu’à sa condamnation et son exécution quelques mois plus tard.
Convaincue de l’implication de la jeune femme dans des activités d’espionnage, la cour de justice militaire ne délibère pas longtemps avant de prononcer la condamnation à mort.
Face au peloton d’exécution, elle refuse qu’on lui bande les yeux et meurt sans avoir baissé les yeux.


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Cette affaire n’est pourtant pas vraiment close. En se fondant sur des documents d’archives, la Fondation Mata Hari et la ville natale de la jeune femme ont déposé, fin 2001, une demande de révision du procès auprès du ministre français de la Justice.


Ils sont persuadés que Mata Hari, jugée à huis clos, a fait les frais d’un procès falsifié à des fins patriotiques.
Pour Léon Schirmann, qui a mené une enquête approfondie, il qualifie ce procès de machination et de crime judiciaire.
D’après lui, Mata Hari a été le jouet des services d’espionnages allemands qui se seraient servi d’elle comme bouc émissaire.


Alors, Mata Hari n’était-elle qu’une femme qui aimait profiter de la vie ?



[size=24]Petites histoires de l'Histoire - Raspoutine -[/size]




 
Qui était vraiment Raspoutine ?
 
Le 16 décembre 1916, le prince Ioussoupov et le grand-duc Dimitri Pavlovitch décident de mettre fin à la vie de Grigori Raspoutine, moine débauché, entré dans les faveurs de la famille impériale en raison de ses pouvoirs de guérisseur.

Réputé pour faire des miracles, Raspoutine n’était-il qu’un moujik ivrogne mais intelligent ou un vrai guérisseur aux pouvoirs hors du commun ?
 
Les débuts de Raspoutine
 
Grigori Iefimovitch Raspoutine dit Raspoutine est né probablement en 1869. Il vient d’un petit village sibérien qu’il a quitté pour se consacrer à la religion, à la méditation et à l’errance. Après quelques années de ces vagabondages, il acquiert une réputation de saint homme (starets) et de guérisseur. (Starets ou stariets (mot russe signifiant vieillard. Dans l’ancienne Russie, saint moine ou ermite, considéré par le peuple comme prophète, ou thaumaturge.)
 

Raspoutine
 
En 1904, il quitte la Sibérie pour se rendre à Saint-Pétersbourg et vient demander l’hospitalité à l’Académie de théologie.
L’évêque Hermogène et le grand prédicateur Illiodore sont séduits par sa foi et favorisent son entrée dans la société de la capitale.
 
Dès lors, Raspoutine commence à faire parler de lui. Il est réputé pour faire des miracles mais également pour être l’initiateur de nombreuses débauches.
 
Le faiseur de miracles
 
La cour du tsar Nicolas II vit un drame familial. Le tsarévitch, Alexis, unique héritier de la couronne, est atteint d’hémophilie, maladie incurable à l’époque.
 
La réputation de Raspoutine est arrivée aux oreilles de la tsarine Alexandra. Par amour pour son fils, elle convoque le moine guérisseur.
 
On sait de source sûre que Raspoutine a, à plusieurs reprises, atténué les souffrances du garçon. Il a également réussi à stopper plusieurs hémorragies qui auraient dû être fatales. Il le sauvera encore lors de graves hémorragies en 1912 et 1915. Aussi est-il vénéré par l’impératrice comme l’« homme de Dieu » voué à sauver son fils et la Russie.
 

Le tsar Nicolas II avec sa femme et le jeune Alexis
 
Chaque fois que Raspoutine se rend au chevet de l’enfant, on assiste à une nette amélioration de son état de santé. Difficile de parler de simple coïncidence.
 
Nul ne sait quelle technique utilise Raspoutine. Une chose est certaine, son influence sur la tsarine et sur la Cour est de plus en plus importante.
 
Un mystique débauché
 
La famille impériale voue à Raspoutine une telle amitié qu’on commence à le surnommer le « tsar au-dessus des tsars ». Cependant Grigori Raspoutine abuse cyniquement de bon nombre de ses admiratrices ou des solliciteuses et s’adonne de plus en plus ouvertement à la débauche.
Tout en abusant des jolies filles, il leur parle de Dieu et de la rédemption.
 
Cette vie de débauche bien connue ne l’empêche d’ailleurs nullement d’avoir autour de lui une cour féminine prête à tout pour lui.
 
L’appartement de Raspoutine devient le lieu de passage obligé de toutes les sollicitations possibles provenant des personnages les plus importants.
 

Raspoutine entouré d'une cour féminine - Image De Selva Tapabor
 
En 1916, le président du conseil Sturmer et le ministre de l’intérieur Protopopov participent aux séances de spiritisme qu’il organise régulièrement.
 
Attaqué par la presse, il est l’objet d’une discussion à la douma en 1912, mais les diverses démarches pour faire comprendre à Nicolas II les risques qu’encourt le régime du fait de ses relations avec le prétendu homme de Dieu demeurent vaines.
 
La haine qu’il inspire est très probablement à l’origine du mythe de l’omnipotence qu’on lui prête. Si la tsarine est à ses ordres, le Tsar ne tient en réalité pas compte de ses conseils.
 
Un assassinat programmé
 
En 1916, les défaites de la Russie au front et la décomposition de l’Etat suscitent une grande indignation dans tout le pays.
 
Tout va mal et le responsable est tout de suite trouvé. C’est la mauvaise influence de Raspoutine sur le Tsar qui provoque ces désastres.
La défaite de l’armée s’explique, selon l’opinion publique, par le fait que Raspoutine est vendu à l’Allemagne.
 
Raspoutine devient un monstre à abattre. C’est le jeune prince de 19 ans, Felix Ioussoupov, qui va se charger de cette mission.
 
Le 29 décembre 1916, il invite Raspoutine chez lui sous le prétexte de lui présenter une femme pour laquelle il languit depuis longtemps. Avec ses complices, le prince fait préparer des gâteaux imprégnés d’une dose de cyanure capable de tuer 20 personnes et verse en supplément ce poison dans le verre destiné à l’invité.
 

Le Tsar Nicolas II
 
Arrivé chez le prince, Raspoutine mange et boit. En principe, une telle dose de cyanure aurait dû le tuer en quelques minutes mais il continue à se porter comme un charme pendant plus de deux heures.
 
Le prince est à bout tandis que le moine redemande à boire. Décidé à en finir, Ioussoupov prend son revolver et tire à bout portant.
Juste après la détonation, les complices arrivent accompagnés d’un médecin. Ce dernier examine le corps mais Raspoutine est toujours vivant.
 
Enfin, il cesse de respirer et le corps est descendu au sous-sol du palais. Mais, quelques minutes après, Raspoutine se relève et tente d’étrangler le prince.
 
Il faudra quatre nouvelles balles et des coups de matraque qui lui défoncent le crâne pour que Raspoutine cesse de se débattre.
 
Les conjurés enveloppent alors le corps et le jettent dans la Neva.
 
Quand on découvrira le cadavre dans l’eau, on constatera que Raspoutine était toujours en vie quand il a été jeté dans le fleuve. En réalité, il est mort noyé.
 
Il est certain que cette endurance vraiment exceptionnelle a contribué au mythe du surhomme.
 
Raspoutine était-il insensible au poison ? . Une chose est sûre, il possédait une constitution hors du commun.

[size=24]Petites histoires de l'Histoire - Guillaume Tell -[/size]




 
L’histoire de Guillaume Tell est généralement considérée comme l’acte de naissance de la Suisse. 
En effet, grâce à Guillaume Tell, la Suisse acquière son indépendance en luttant contre les Habsbourg.
Mais, cette histoire se fonde t-elle sur des faits historiques réels ? Probablement pas. Cela n’empêche d’ailleurs nullement à la légende de Guillaume Tell de continuer à faire le tour du monde.
 
La légende de Guillaume Tell
 
A la fin du XIIIe siècle, alors que la Suisse dépendait du Saint Empire romain germanique, il y a avait dans un bourg du canton d’Uri un représentant de l’empereur, le bailli Hermann Gessler, qui terrorisait la population.
Un jour, il exigeât que tous les habitants saluent son chapeau hissé sur la place publique d’Altdorf.
Toute la population obéit sauf un homme, un montagnard. Un matin, il passa devant le chapeau, son arbalète à la main, accompagné de son fils de 10 ans, sans se découvrir.
 

Statue de Guillaume Tell. Image Kathleenie
 
Il fut aussitôt arrêté et conduit devant Gessler.
« _ Tu as la réputation d’être le plus habile arbalétrier du canton. Tu vas pouvoir le prouver. Que ton fils se place sous cet arbre. Compte cent pas et attends mes ordres. »
Gessler demande alors à un garde d’aller chercher une petite pomme et de la placer sur la tête de l’enfant.
« _Si tu ne veux pas finir ta vie en prison, transperce cette pomme avec une flèche ! »
Guillaume Tell prit deux flèches dont l’une qu’il cacha dans ses vêtements. Devant la foule amassée, il visa longuement et tira. La flèche siffla et traversa la pomme sans la faire tomber.
Gessler demanda : « _Pourquoi as-tu placé une deuxième flèche dans tes vêtements ? »
« _Elle était pour toi au cas où j’aurais blessé mon fils ! »
 

Illustration de Guillaume Tell. Collection de particulier, AKG Berlin
 
Le bailli, fou de colère, ordonna que Guillaume Tell et son fils soient jetés dans une barque pour être menés à la forteresse de Kussnach.
Mais, alors que le bailli et ses deux prisonniers se trouvaient sur le lac de Lucerne, un terrible orage éclata.
 

Le lac de Lucerne aujourd'hui. Image Nlnnet
 
Gessler proposa à Guillaume Tell de prendre le gouvernail. « _Mènes nous à bon port et tu seras libre. »
C’est ce que notre héros fit. Mais, en arrivant au pied de la forteresse, il sauta à terre en prenant son fils et repoussa l’embarcation.
Il pointa son arbalète sur le bailli et le tua d’une flèche en plein cœur.
La mort du bailli déclencha un soulèvement des cantons contre l’Autriche. Une ligue se forma qui fut à l’origine de la Confédération helvétique.
 

La ville de Altdorf. Image Ark
 
Voilà comment Guillaume Tell devint un héros national et le fondateur officiel de la Suisse.
La légende a connu de nombreuses variantes pour la rendre crédible. Jusqu’en 1901, les écoliers suisses apprenaient l’histoire de Guillaume Tell puisque officiellement les historiens avaient validé cette version de la création du pays.
 
Quand la légende ne fait pas l’histoire
 
La légende de Guillaume Tell est très belle. Elle valorise le courage et la résistance d’un peuple face à l’oppression des occupants.
Malheureusement, elle est entièrement fausse. Guillaume Tell n’a en fait jamais existé. En Suisse, un tilleul a longtemps marqué l’endroit où, selon la tradition, le fils de Guillaume Tell se tint une pomme sur la tête.
Cette légende a été magnifiée par Friedrich von Schiller, dans son drame romantique daté de 1804, Guillaume Tell, un des classiques du théâtre allemand.
 

Image D P
 
L’authenticité de la légende a été mise en doute dès le XVIe siècle.
Au milieu du XIXe siècle, l’historien Joseph Kopp, après avoir étudié les archives des cantons forestiers, a conclu que Guillaume Tell n’avait jamais existé.
La première référence écrite à Guillaume Tell apparaît dans quatre strophes d’une ballade datée de 1477, la Chanson de l’origine de la Confédération.
 

Paysage du canton d'Uri. Image Chris
 
On y trouve mention d’une arbalète et de flèches mais aucune allusion à un bailli du nom de Gessler.
D’autres documents, le Livre blanc de Sarnen par exemple, font référence à un bailli impérial nommé Gessler et à un archer appelé Thall.
Cette chronique a été publiée entre 1467 et 1474.
 
Les racines du mythe
 
Les renseignements que nous possédons ont été puisés dans une chronique écrite au XIIe siècle, intitulée Gesta Danorum, par un moine au curieux nom de Saxo Grammaticus.
Cette chronique nous parle d’une histoire qui se déroule à la fin du Xe siècle, soit trois siècles avant la légende de Guillaume Tell.
Elle nous conte l’histoire d’un archer nommé Toke, qui s’est vanté de pouvoir traverser d’une flèche une pomme, posée sur un piquet éloigné de cent pas.
 

Image Click-Clack-Kodak
 
Le roi, agacé par cette vantardise, ordonna que l’on remplace le piquet par le fils de Toke. L’archer dut s’exécuter et sortit trois flèches de son carquois. Il releva le défi avec succès. Le roi demanda alors pourquoi il avait sorti trois flèches.
« _Les deux autres t’étaient destinées si j’avais raté mon coup ! »
Il existe une autre version, assez semblable, et plus ancienne qui date des premiers siècles de l’histoire de la Norvège.
 

Vitrail en l'honneur de Guillaume Tell. Image 2fs
 
Guillaume Tell est donc né de l’imagination des conteurs scandinaves.
Comment cette histoire est-elle arrivée jusqu’en Suisse pour devenir un véritable mythe national ?
Les historiens pensent que des populations vikings de l’île de Gotland s’installèrent dans un nouveau pays qui deviendrait la Suisse.
Chassées par la famine, ces populations amenèrent avec elles leurs traditions et leurs légendes qui se mêlèrent aux traditions locales.

[size=24]Petites histoires de l'histoire - Robin des Bois -[/size]




 
Robin des Bois a-t-il existé ?
 
Robin Hood, Robin des Bois, était un fier hors-la-loi, volant les riches pour donner aux pauvres. C’est du moins le portrait que nous en font les ballades anglaises du Moyen Âge. Mais, Robin des Bois était-il vraiment ce bandit au grand cœur ? A-t-il même jamais existé ? Les historiens ont cherché des preuves de l’existence de ce héros légendaire. 
On peut aussi se demander pourquoi ce symbole de la résistance des paysans de race saxonne aux nobles est passé à la postérité.
 
A la recherche de Robin Hood
 
Au 19e siècle, les historiens qui ont grandi en écoutant les histoires chevaleresques remises à la mode par Walter Scott, estiment que les aventures de Robin des Bois manquent de bases historiques sérieuses.
L’un deux, Francis James Child, déclare en 1882 que Robin des Bois n’est qu’un personnage imaginaire de ballade populaire.
Des recherches ultérieures montreront cependant que la légende recèle peut-être certains éléments véridiques.
La première version complète de l’histoire de Robin des Bois est datée du XVe siècle. Il s’agit d’une ballade intitulée « Lyttle Geste of Robyn Hode ».
On y trouve déjà les personnages qui nous sont devenus familiers grâce au cinéma : le shérif de Nottingham, Petit Jean …
Dans la plupart des références anciennes à Robin des Bois, les premières remontent à 1350, ses exploits se déroulent dans la forêt de Barnesdale, dans le Yorkshire.
 

Illustration de la fin du 19e siècle
 
Les historiens se sont donc demandés si « un prince des voleurs » n’a pas existé dans cette région au XIIIe siècle.
Vers 1228-1230, les archives seigneuriales mentionnent un Robert Hood, décrit comme un fugitif qui « a volé pour le plus grand nombre ».
Le problème c’est que Robert Hood était un nom très courant en Angleterre.
 
De nombreux candidats au titre de Robin des Bois
 
Il existe de nombreuses contradictions entre les différentes références historiques. Les ballades situent les exploits au cours de quatre règnes différents : de celui de Richard Cœur de Lion (1189-1199) à celui d’Edouard II (1307-1327).
On a surtout retenu le règne de Richard Cœur de Lion. Dans la plupart des films, Robin des Bois devient un défenseur du Roi, parti en croisades, contre son perfide frère Jean Sans Terre.
Mais, les historiens ont également établi un lien entre Robin Hood et la révolte qu eut lieu en 1265 contre le roi Henri III, sous la conduite du comte de Leicester Simon de Montfort.
 

Robin des Bois tourné en 1938 avec Errol Flynn
 
Le chroniqueur anglais Walter Bower raconte que, après la rébellion contre Henri, « le fameux voleur Robert Hood […] prit la tête de ceux qui avaient été déshérités et bannis à la suite de la révolte ».
Mais cette histoire est mise en doute par les historiens modernes. Ces derniers font remarquer que l’arc long, que l’on voit dans les versions de la légende, n’était pas utilisé sous le règne d’Henri III (1216-1272).
Le candidat le plus plausible est un paysan de Wakefield, dans le Yorkshire, qui a probablement pris part à un soulèvement contre le duc de Lancastre en 1322. Les archives de la ville mentionnent un Robert Hood, condamné pour avoir transgressé « les lois de la forêt «, résisté au seigneur du lieu, et pour ne pas avoir pris part à la guerre contre les Ecossais.
Il semble également que la maison de Robert Hood ait été confisquée pour cette raison, ce qui expliquerait que cet homme se soit réfugié dans la forêt.
 

Robin des Bois, prince des voleurs, sorti en 1991, avec Kevin Costner et Morgan Freeman
 
Cela situerait la légende au cours du règne d’Edouard II qui, lui-même, a eu un valet nommé Robert Hood.
Beaucoup d’autres rebelles et hors-la-loi ont été identifiés à Robin des Bois. Parmi eux, Robert Thwing, qui a pillé les monastères pour distribuer du grain aux pauvres. Il y a également Robert Fitzooth dont les dates de naissance et de décès, 1160-1247, correspondraient à celles de Robin des Bois.
Du moins, c’est ce que prétend un document retrouvé.
 
Un héros national
 
Les œuvres littéraires ont tellement transformé les éléments historiques qu’il devient impossible de retrouver les traces originales d’un Robert Hood.
Marianne, la belle dont tombe amoureux Robin, n’est par exemple apparue qu’au XVIe siècle, tout comme le frère Tuck.
Il est probable que l’un des conteurs a dû estimer qu’il manquait une dimension sentimentale à cette légende.
 

Illustration du peintre américain N.C Wyeth
 
Selon les versions, Robin est un défenseur des pauvres et des opprimés ou un héros national qui combat les envahisseurs normands aux côtés des Anglo-Saxons.
Peu importe finalement que le personnage ait vraiment existé ou non. Cette légende est presque universelle.
On y valorise l’amour de la justice, le courage et l’honnêteté. Savoir que de tels héros ont pu ou pourraient exister nous rassure sur la nature humaine.
La réalité était cependant certainement moins distrayante que les héros qu’elle a engendrés.
 

[size=24]Petites histoires de l'Histoire - Le Chevalier d'Eon -[/size]




 
Le 5 octobre 1728, Françoise de Charanton donne un enfant à son époux, Louis d'Éon de Beaumont –qui est directeur des domaines du roi. L’enfant est baptisé Charles-Geneviève-Louise-Auguste-Andrée-Thimothée. Chose étrange pour un garçon d’avoir trois prénoms masculins et trois féminins ! Car pour tout le monde, il s’agit bien d’un fils. Le jeune Charles-Geneviève commence ses études en 1743 à Tonnerre dans sa Bourgogne natale avant d’intégrer le collège Mazarin à Paris. Diplômé de droit en 1749, Charles-Geneviève devient avocat au Parlement de Paris. Remarqué par Louis XV après ses écrits «Considérations Historiques et Politiques», il est nommé censeur royal pour l’Histoire et les belles lettres. Parallèlement, le jeune d’Eon de Beaumont apprend l’escrime et devient un bon cavalier. En 1755, Louis-François Ier de Bourbon-Conti charge le chevalier d’Eon d’une mission secrète auprès de la Tsarine de Russie Elisabeth Ire.
 
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 La France souhaite une alliance avec la Russie et Charles-Geneviève a pour rôle de séduire et de gagner la confiance de la Tsarine. Afin qu’Elisabeth Ire se sente plus proche de son espion, le prince de Conti décide de travestir le chevalier d’Eon qui devient Mlle Lya de Beaumont. Gagnant la confiance la Tsarine, Mlle de Beaumont devient l’une de ses intimes et sa lectrice.
 

 
C’est à son retour en France que les gens commencent à se poser des questions sur le chevalier : Charles-Geneviève a trop bien joué son rôle de femme pour n’être qu’un travesti. De plus, on ne connaît au jeune Beaumont aucune amourette ni fiancée alors qu’il passe pour être un fort bel homme. Il s’appelle Charles certes mais également Geneviève ! De 1758 à 1760, le chevalier est de nouveau en Russie où il passe pour une femme. Il parcourt l’Europe pour mener à bien des missions confiées par Louis XV mais il est tantôt habillé en homme, tantôt en femme. A son retour à Paris en 1760, Charles-Geneviève devient capitaine des Dragons et reçoit la croix du Saint-Esprit. Durant deux ans, il s’illustre au combat et les rumeurs sur sa féminité cessent : une femme ne peut se battre de la sorte et recevoir des commandements de la part du roi. En 1762, le chevalier d’Eon quitte l’armée pour reprendre son rôle d’agent secret en Angleterre à Londres où il travaille pour la politique de Louis XV. Selon les intrigues qu’il doit mener, le chevalier d’Eon se présente en homme ou en femme. Les anglais, perplexes face à cet étrange chevalier d’Eon se mettent à parier sur son sexe si bien qu’en 1771, le montant parié atteint 300.000 livres sterling ! Louis XV demande alors en 1774 à Charles-Geneviève de mettre un terme aux rumeurs et de déclarer s’il est un homme ou une jolie demoiselle. Le chevalier signe alors une proclamation dans laquelle il annonce être de sexe féminin. Cette constatation est établie et approuvée par plusieurs médecins. Dés lors, le roi ordonne à Charles-Geneviève de conserver ses vêtements féminins et de ne plus apparaître travesti en homme. Le chevalier d’Eon devient donc officiellement Mlle d’Eon. Il aura fallu des négociations de quatorze mois pour faire admettre au chevalier son sexe moyennant une rente. Etant une femme, Charles-Geneviève n’a plus accès à l’armée, aux affaires politiques et à la diplomatie. Devenant inactive, la jeune femme demande à Louis XV la permission de pouvoir à nouveau porter des vêtements d’hommes. Louis XV n’a pas envie que Mlle d’Eon de Beaumont soit de nouveau au milieu des rumeurs concernant son sexe et refuse. Après la mort de Louis XV, Mlle d’Eon de Beaumont renouvelle sa requête auprès de Louis XVI. C’est ainsi qu’en 1777, vêtue de son uniforme de capitaine des dragons, Charles-Geneviève supplie le roi de lui permettre d’user de nouveau de sa personnalité masculine. Mais Louis XVI soutenu par son ministre Maurepas campe sur les positions de son prédécesseur. Après un exil en Tonnerre, Charles-Geneviève repart pour Londres en 1785 où elle mène une vie de lady avant de perdre sa rente octroyé par le roi de France. Même après la révolution française et la mort de Louis XVI, la vieille Mlle d’Eon de Beaumont ne reprendra pas l’habit d’homme, sans doute résignée à être ce qu’elle a toujours été : une femme. Son père, déçu de ne pas avoir eu de fils avait-il dés la naissance de la petite Charles-Geneviève fait de sa fille un garçon ? Cette hypothèse est retenue et on imagine que Mlle d’Eon qui avait été habituée et élevée en tant qu’homme avait voulu revenir à cette personnalité après 1774.
 

 
Le 21 mai 1810, l’ex chevalier d’Eon s’éteint. Oubliée de tous, Charles-Geneviève était morte dans la misère. Lors de la toilette funéraire, les médecins et une quinzaine de personnes s’aperçoivent que la vieille dame était en fait…un homme ! Retournement incroyable de situation ! En 1774, le chevalier d’Eon avait pourtant affirmé être une femme et plusieurs médecins avaient confirmé ses dires. Pourquoi donc Charles-Geneviève a-t-il accepté d’être une femme durant quarante années ? Louis XV et Louis XVI étaient-ils au courant que Mlle d’Eon était en fait de sexe masculin ? Dans ce cas, pourquoi ont-ils refusé qu’elle redevienne un homme ? Après la mort de Louis XVI, pourquoi donc le chevalier d’Eon n’a-t-il pas reprit sa véritable identité ? Le 23 mai, un des membres de la faculté d’Angleterre déclara : « Par la présente, je certifie que j'ai examiné et disséqué le corps du chevalier d'Éon et que j'ai trouvé sur ce corps les organes mâles de la génération parfaitement formés sous tous les rapports ». Mais qui sait….si ces quelques personnes présentes autour de la dépouille de Charles-Geneviève s’étaient mises d’accord pour affirmer qu’il était un homme alors que c’était en réalité une femme ? Car pourquoi le chevalier d’Eon aurait-il menti sur son sexe féminin ? Le mystère demeure…
 

 
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MessageSujet: Re: Petites histoires de l'Histoire    Sam 20 Déc - 15:20

Petites histoires de l'histoire - Le Roi Arthur -




 
Le Roi Arthur a-t-il existé ?
 
Héros de la résistance celte à l’invasion anglo-saxonne, le roi Arthur est le personnage qui inspire les plus beaux récits des poètes médiévaux.
Arthur, Merlin l’enchanteur, Lancelot, les chevaliers de la Table ronde, Tristan ou Perceval évoquent un monde chevaleresque où l’honneur est primordial.
Mais le grand roi qui aurait tranché des têtes d’un revers de son épée Excalibur n’est-il qu’une légende ?
Arthur a-t-il réellement existé ? Quel est l’antique secret du Graal ?

 
La légende d’Arthur
 
Quelques temps après que les Romains ont quitté la Grande-Bretagne, les Celtes, livrés à eux-mêmes, s’organisent en une multitude de petits royaumes qui, rapidement, se querellent. L’un de ces Etats est dirigé, nous disent les conteurs, par le roi Uther Pendragon.
Grâce à une ruse de son druide Merlin, Uther parvient à abuser de la femme de l’un de ses ennemis, la belle Igraine.
L’enfant qui naît, Arthur, est élevé par Merlin.

Adolescent, Arthur révèle son sang royal en parvenant sans peine à dégager d’un rocher l’épée merveilleuse Excalibur.
En effet, Merlin organisa un rassemblement de toute la noblesse. Dans un pré, se trouvait une magnifique épée fichée dans une enclume. Sur la pierre était inscrit : »Celui qui retirera l’épée de cette pierre et de cette enclume sera roi de toute l’Angleterre. »
On cria au miracle quand le jeune Arthur libéra l’épée de l’enclume. L’Angleterre avait trouvé son roi.
 

 
Le roi arthur écoutant les doléances de l'un de ses sujets (Bibliothèque nationale de France, Paris).
 
Il fédère les royaumes d’Angleterre et repousse l’envahisseur saxon. Il règne, son épouse Guenièvre à ses côtés, dans sa brillante cité de Camelot où il réunit autour d’une immense table ronde de preux chevaliers : Gauvain, Kay, Perceval, Lancelot, Tristan …
 

 
Couronnement du roi Arthur (Extrait d'un manuscrit du XIVe siècle, Bibliothèque nationale de France, Paris).
 
Mais, Arthur a de nombreux ennemis dont Loth de Lothian. Ce dernier envoie sa femme, Morgane, comme ambassadrice. Arthur la séduit et un enfant est conçu, Mordred. Ce qu’ignore Arthur c’est que Morgane est sa demi-sœur.
Merlin prédit que Mordred amènera la ruine du royaume.

 

 
Le roi Arthur et ses chevaliers (Gravure de Gustave Doré).
 
En cadeau de mariage, Arthur a reçu une magnifique table ronde. Lorsque les chevaliers prennent placent autour, une place reste vide. Elle est réservée à celui qui ramènera le Saint- Graal, une des reliques les plus sacrées de la chrétienté.
 

 
Lancelot, manuscrit enluminé du XVe siècle. En haut, naissance et éducation de Lancelot par la Dame du Lac; en bas, à gauche, Lancelot participant à un tournoi; à droite, sa vision du Graal.
 
L’amour tient une grande place dans la légende arthurienne. Lancelot et Guenièvre s’aiment. Poussé par Mordred, Arthur accuse le couple d’adultère et de trahison. Lancelot s’enfuit alors sur le continent avec sa bien-aimée et de nombreux chevaliers.
Arthur part à leur poursuite. Le combat mettra fin à l’esprit de la Table ronde. L’honneur perdu et prisonniers de leurs passions, les chevaliers se précipitent vers la catastrophe finale.

Profitant de l’absence d’Arthur, Mordred lève une armée et s’empare du trône. Lors de la bataille de Camlann, Arthur tue Mordred mais est mortellement blessé.
 

 
Combat final entre Arthur et Mordred (Peinture de W.Hatherall).
 
Arthur, agonisant, fait jeter son épée dans un lac : la lame magique est rendue à la fée Viviane, la « Dame du lac », qui éleva Lancelot et envoûta Merlin.
Selon la légende, Bédivère installe le roi mourant dans une barque qui emmène le roi vers l’île magique d’Avalon.
Il est également dit que le roi Arthur reviendra car, sur sa tombe, est écrit : »Hic Iacet Arthurus Rex Quondam Rex futurus « (Ici gît le grand roi Arthur, celui qui fut et qui sera).

Voilà le résumé de la vie du roi Arthur. Mais quelle est l’origine de cette belle légende ?
 
La diffusion de la légende arthurienne
 
L’existence d’Arthur est fixée à la fin du Ve siècle et au début du VIe siècle de notre ère. Le premier auteur à évoquer le roi est l’historien Nennius, dans son histoire des Bretons, rédigée en 826, mais qui s’inspire d’un récit remontant à une époque bien antérieure.
L’histoire d’Arthur est en fait une collection de récits qui ont été ensuite rattachés à un seul héros et à une seule histoire. Cette dernière a été enrichie au cours des siècles.
 

 
Le roi Arthur représenté dans une fresque italienne du XIIe siècle. La légende a été rapportée en Italie par l'invasion normande.
 
Les exploits d’Arthur ont été vraiment développés par Geoffroi de Monmouth, auteur d’une Histoire des rois de la Grande Bretagne (Historia regum Britanniae), écrite en 1136. C’est lui qui rassembla tous les récits en y mêlant un peu d’histoire vraie et beaucoup de fiction.
Il fait d’Arthur un roi et créé le personnage de Merlin.

 

 
Manuscrit flamand du début du XVe siècle montrant une joute en présence du roi Arthur
 
D’autres auteurs ont écrit des ouvrages sur le roi Arthur dont Sir Thomas Mallory (la Mort d’Arthur), Lord Tennyson (Les Idylles du roi) et T.H White (The once and futur king).

Ce sont deux auteurs français qui ont diffusé la légende arthurienne. Vers 1154, Robert Wace traduit l’Historia en un poème, le Roman de Brut.
On y voit pour la première fois les chevaliers prendre place autour d’une table ronde.
 

 
Le film Excalibur (1981) s'attache à l'esprit du mythe
 
Chrétien de Troyes a écrit plusieurs romans (1170 à 1182) retraçant la légende d’Arthur. On lui doit notamment Tristan et Iseut (poème perdu), Lancelot. C’est lui qui introduit le thème de l’amour passion.

Le thème de la quête du Graal n’apparaît qu’en 1215 avec la parution de poèmes français. L’origine du Graal se perd dans la nuit des temps. Attribut païen, puis chaudron magique des Celtes, il fut transformé au Moyen Age en un symbole chrétien.
 
Les preuves de l’existence du roi Arthur
 
Les ruines du château de Tintagel où, d’après la légende, Arthur est né, existe toujours. Il se dresse sur une pointe de terre fichée dans l’Océan, au nord des Cornouailles. L’édifice date sans aucun doute de la période concernée.
Une table ronde nous est parvenue. C’est un disque de chêne de six mètres de diamètre, exposé au château de Winchester.
Mais, les analyses ont montré que la table date en fait du XIIIe siècle.

 

 
Le roi Arthur et la liste des royaumes conquis (document de la Chronicle of England, datée de 1300)
 
En 1191, les moines de l’abbaye de Glastonbury déclarèrent avoir découvert les corps d’Arthur et de Guenièvre.
Le lieu s’accorde avec la légende qui fait de Glastonbury l’île d’Avalon.
Le supposé souverain eut doit à de nouvelles funérailles grandioses. Mais, comment les moines ont-ils identifiés les ossements du roi, cinq siècles après sa mort ? « A sa noble stature », répondent-ils.
Cette réponse est loin de garantir l’authenticité des cadavres.


Cependant, nous disposons de quatre récits de cette exhumation. Tous se rejoignent sur deux points
essentiels :

  • La tombe était protégée par deux pyramides de pierre
  • Sous le cercueil, on trouva une croix sur laquelle étaient inscrits les mots suivants : Ici gît le grand roi Arthur, et Guenièvre, sa seconde femme, enterrés dans l’île d’Avalon





Cette croix a été perdue. On en possède une reproduction dans la sixième édition du Britannia de Camden.
L’analyse épigraphique a révélé que la croix n’était pas du VIe siècle (siècle de la mort d’Arthur) mais du Xe siècle.
 

 
Reproduction de la croix
 
En 1962, des archéologues firent des fouilles sur l’emplacement présumé de la tombe d’Arthur. Ils trouvèrent un puits, d’où un monument en pierre aurait pu être retiré, ainsi qu’un grand trou qui avait été comblé entre 1180 et 1191.
La croix a très certainement été rajoutée par l’évêque Dunstan, au cours de travaux, au Xe siècle.

 

 
Les ruines de Stonehenge. Selon la légende, Merlin en aurait été le bâtisseur. Bien que ce soit faux, Stonehenge joue un rôle non négligeable dans le cycle arthurien. image qalinx
 

Les historiens ont cherché à situer Camelot, la capitale d’Arthur, dont le nom vient probablement de Camulos, dieu celtique de la Guerre.
Les archéologues ont retrouvé dans le Devonshire, à Cadbury, les vestiges de puissantes fortifications circulaires. Une place forte importante existait là au Ve siècle. Il est logique de penser que si un roi luttait contre les envahisseurs, Cadbury devait être sa capitale.
Il est certain qu’à la fin du Ve et au début du VIe siècle, les envahisseurs saxons, ont été repoussés pour un temps.
Cette victoire a forcement nécessité une alliance des nombreux rois celtes. Cette alliance devait avoir un chef, sans doute un ancien officier romain, rompu à la stratégie et l’art de la guerre.
Pourquoi ne se serait-il pas appelé Arthur ?
D’autres historiens pensent que Arthur n’était qu’un chef de clan ordinaire qui guerroyait près de la frontière écossaise. Vers 500, les Bretons remportèrent la bataille de Badon. Cette bataille importante assura la paix pendant 50 ans. L’artisan de cette victoire s’appelait Arthur.

Petites histoires de l'histoire - Les Amazones -




 
Les Amazones. Mythe ou réalité ?
 
De nos jours, une amazone désigne une femme qui monte à cheval avec les deux jambes du même côté. Cela montre à quel point le mythe des amazones a franchi les siècles. Le nom grec « amazones » signifie « celles qui sont privées d’un sein ».
Cette appellation fait peut-être référence au fait que ces femmes se coupaient un de leur sein pour tirer plus facilement à l’arc.
Une citation de l’historien grec du Ier siècle avant notre, Diodore de Sicile fait référence à de farouches guerrières qui pratiquent les arts de la guerre.
Mais, le mythe des amazones nous vient principalement d’Hérodote, grand voyageur et très certainement le premier historien grec.
Cependant, Hérodote croyait aux dieux et ses récits comportent de multiples références à des mythes et des légendes.
Même si nombre de ses références historiques s’avèrent exactes, on ne peut que prendre du recul face à ses informations.
Néanmoins, certaines découvertes peuvent nous amener à nous demander si les amazones ne sont pas un peu plus qu’un simple fantasme masculin.
 
Les Amazones selon la mythologie grecque
 
Peuple de femmes guerrières issu de l’union entre Arès, Dieu de la guerre, et la nymphe Harmonie, les Amazones habitaient une région à l’est de la mer Noire.
 

 
Arès (Mars). image Smeerch
 
Elles ne vivent qu’entre femmes et élèvent leurs filles pour en faire des combattantes et des chasseresses.
 

 
Amazonomachie, 2ème moitié du IV° s. ap. J.-C., Turquie. Fragment de mosaïque de pavement, détail, une Amazone, marbre et calcaire, Musée du Louvre. image Antiquité Tardive
 
Elles ne s’unissent avec des hommes que pour se reproduire. Mais, elles ne conservent auprès d’elles que les filles.
Selon Hérodote, « une fille ne se marie pas avant d’avoir tué un ennemi. Certaines meurent et vieillissent sans avoir été mariées, faut de pouvoir remplir cette mission » (Histoires, livre IV).
 

 
Hérodote
 
Les Amazones vénéraient également Artémis, la virginale déesse de la chasse. Leur société matriarcale ne laissait qu’une place secondaire aux hommes, cantonnés aux travaux domestiques.
 

 
Artemis. image Mary Harrsch
 
Les Amazones apparaissent à plusieurs reprises dans la mythologie grecque. L’épisode le plus connu concerne le 9e travail d’Héraclès (Hercule).
 
La ceinture d’Hippolyté, reine des amazones :
Admétè rêvait de recevoir un cadeau extraordinaire. Son père eut l’idée d’envoyer Héraclès auprès d’Hippolyté, la reine des amazones, et de lui prendre sa ceinture.
Accompagné de Thésée et de Télamon, Héraclès se rendit sur le territoire des farouches guerrières.
La reine ne fut pas insensible à la virilité du héros et accepta de lui donner la ceinture sans livrer bataille.
Cette ceinture lui avait été offerte par Arès.
 

 
Héraclès. image ?σ?σ.
 
Mais, cette histoire n’était pas du goût d’Héra, épouse de Zeus. La déesse prit donc la forme d’une amazone et incita les guerrières à se révolter contre Héraclès.
Ce dernier pensa que Hippolyté l’avait trahi et la tua ainsi que de nombreuses autres amazones.
Peu après cette malheureuse aventure, Thésée s’est rendu chez les amazones pour enlever leur nouvelle souveraine, Antiope, qu’il trouve à son goût.
 

 
Thésée et les Amazones. Londres, British Museum
 
En représailles, les Amazones quittent leur territoire et envahissent l’Attique. Elles sont repoussées par l’armée de Thésée.
De l’union de Thésée et d’Antiope naît Hippolyte qui deviendra le héros de la pièce de théâtre de Racine, Phèdre.
Dans l’Iliade, les Amazones sont citées à trois reprises mais les indications sont trop vagues pour accréditer leur réelle existence.
 
Mythes sur les Amazones
 
Beaucoup d’auteurs, à différentes époques, ont écrit sur ce thème. Selon la coutume, ces femmes servaient dans l’armée pour une période déterminée durant laquelle elles conservaient leur virginité.
Ensuite, elles pouvaient s’accoupler mais conservaient le pouvoir et toutes les responsabilités des affaires de l’Etat.
Pour perpétuer la race, les Amazones se rendaient une fois par an, chez les Gargaréens, pour s'accoupler. Les nouveaux-nés mâles étaient tués ou renvoyés chez leurs pères.
 

 
Gros plan sur une amazone. Musée du Louvre. image Antiquité Tardive
 
Pour être crédible, le mythe devait se dérouler dans une région inconnue des Grecs. A l’origine, ils situaient le peuple des amazones dans la région du Caucase.
Mais, quand les Grecs colonisèrent cette partie du monde, ils ne trouvèrent aucune trace de ce peuple mythique.
Cela n’était pas un problème. On révisa tout simplement la légende et on plaça le royaume beaucoup plus loin à l’est.
 

 
Peinture des Amazones (Pierre-Paul Rubens)
 
Selon Hérodote, elles avaient migré en Scythie, près de l’actuelle mer d’Azov.
Ce mythe n’est pas purement grec d’ailleurs. Bien après la fin de l’Antiquité, les amazones sont citées par plusieurs explorateurs dont Marco Polo.
Mais aucune preuve n’est jamais venue étayer ces affirmations.
 
Mythe ou réalité ?
 
Y a-t-il un fond de vérité dans cette légende ? On sait que dans certaines sociétés anciennes, telle la société nomade des Kourganes en Russie, les femmes étaient traitées comme les égales des hommes.
 

 
Le combat des Amazones et des Grecs, détail d'un vase attique, IVe siècle avant notre ère (Naples, musée national d'Archéologie). image Antiquité Tardive
 
Il semble qu’il y ait eu des sociétés dans lesquelles les femmes participaient à l’art de la guerre.
On a retrouvé un tombeau dans le sud de l’Ukraine qui contenait plusieurs squelettes de femmes enterrées avec des armes.
Certains indices archéologiques semblent démontrer que des femmes, à cheval, ont guerroyé. Par exemple, les os incurvés d’une femme découverts dans une tombe du Kazakhstan attestent une vie passée à cheval.
Il est bien sûr possible que le mythe provienne de descriptions déformées de ces pratiques, inconnues dans le monde grec.
 

 
Détail du "sarcophage des Amazones" (Musée archéologique de Florence). image Antiquité Tardive
 
Certains historiens pensent d’ailleurs que des tribus primitives et matriarcales seraient à l’origine du mythe des centaures.
Il est probable que le mythe des amazones se fonde sur une certaine réalité. Pour les Grecs dont la société était dominée par les hommes, nul doute que les amazones représentaient un fantasme.
Cette image inversée avait un impact incontesté sur l’imagination des hommes.
Jusqu’à quel point ces cultures pratiquaient le matriarcat ? Cela reste à découvrir.

petites histoires de l'histoire - Barbe Bleue -




 
La véritable histoire de Barbe-Bleue  
  
Charles Perrault n'a pas inventé Barbe-Bleue à partir de sa seule imagination, il s'est largement inspiré d'une personnalité ayant existé, le roi d'Angleterre Henri VIII (1491-1547). Ce monarque eut pas moins de 6 épouses : certaines moururent naturellement, d'autres divorcèrent et les dernières eurent la tête coupée. Toute ressemblance avec un personnage imaginaire est loin d'être fortuite... 
  
  
 
  
  
Henri VIII, un prince 
(pas vraiment) charmant

  
Prince charmant et fils cadet 
  
  
Né en 1491, Henri VIII est le deuxième fils du roi Henri VII Tudor. Par son rang, il n'est pas destiné à régner : c'est son frère aîné, Arthur, qui est l'héritier direct du trône. En 1501, Arthur épouse la fille du roi d'Espagne, Catherine d'Aragon : celle-ci, en plus d'être belle et intelligente, est pourvue d'une dot fort importante. Mais le prince héritier a une mauvaise constitution et meurt quelques mois après l'union. En 1502, Henri devient l'héritier du trône d'Angleterre et un parti très convoité : grand, athlétique, il a la réputation d'être "le plus beau prince de l'Europe". 
 
  
  
 
  
Portrait de Henri VIII par Hans Holbein 
 
  
  
Marié à sa belle-soeur 
  
  
Mais la veuve reste un parti intéressant. Le roi d'Angleterre n'entend pas rendre Catherine à son père... et encore moins sa dot. Il propose donc de donner la jeune veuve à Henri. Pour que le mariage soit possible, il faut vérifier que la première union n'a pas été consommée, sauf dispense papale. Ni une ni deux, le pontife Jules II accorde la dispense de constatation de virginité. A 19 ans, Henri, très amoureux, épouse Catherine, de 6 ans son aînée. La première de ses six femmes... 
 
  
  
Catherine d'Aragon, la femme répudiée
  
 
  
Portrait de Catherine d'Aragon Auteur anonyme - Kunsthistorisches Museum, Vienne, Autriche 
  
  
Un mariage fastueux et heureux   
  
 
Le nouveau roi aime le faste, le luxe, la fête et est très amoureux de son épouse. Comme le veut la tradition, il commence son règne en faisant décapiter deux des anciens conseillers de son père. Côté vie privée, le roi et la reine, bien que de cultures fort différentes, s'estiment. Seule ombre au tableau : l'héritier mâle tarde à arriver. 
 
  
  
Le divorce à l'anglaise 
  
 
Vers 1523, Henri s'interroge : en 20 ans de mariage, Catherine n'est parvenue à lui donner qu'une fille, Marie. La différence d'âge se fait sentir et la vieille reine ne peut plus porter d'enfant. Par ailleurs, il s'est entiché de la jeune Anne Boleyn, qui se refuse à lui tant qu'ils ne sont pas mariés. Mais comment se débarrasser de l'infante d'Espagne, tante du très puissant Charles Quint ? Comment faire annuler le mariage alors que le pape s'y refuse ? Henri invoque l'inceste (n'a-t-il pas épousé la femme de son frère ?), mais rien n'y fait. Finalement, l'ecclésiaste Thomas Cranmer trouve une solution : il suffit de décider que le roi d'Angleterre va également être le chef de l'Eglise. Henri est libéré et crée l'Eglise anglicane... 

 
  
  
Anne Boleyn, une intrigante exigeante
 
 
 
 
Portrait d'Anne Boleyn Auteur anonyme, fin du XVIe siècle - National Portrait Gallery 
 
 
 
 
Une intrigante en Cour d'Angleterre 
  
  


Fille de gentilhomme, Anne Boleyn a été élevée à la Cour de François Ier, où elle a accompagné Marie d'Angleterre (l'épouse de Louis XII). En France, la jeune femme a collectionné les soupirants et peut-être même les amants. En 1525, à son retour en Angleterre, elle est attachée à la reine Catherine d'Aragon. Henri VIII s'éprend rapidement d'elle et la couvre de titres et de bijoux. Mais cela ne suffit pas à la jeune femme, qui ne cède pas aux avances du roi : pour l'avoir, il devra lui passer la bague au doigt...  
 
 
Du trône à l'échafaud 
  

Le mariage a lieu en 1533. Le roi est fou amoureux et gâte son épouse, mais il est vite déçu. Très jalouse, colérique, la jeune femme ne lui donne par ailleurs qu'un enfant vivant, et ce n'est qu'un fille (la future Elizabeth I) ! Henri décide de se défaire de sa femme et l'accuse de trahison, d'adultère et même d'inceste avec son frère, George Boleyn. Le procès est expéditif. Le 19 mai 1536, deux jours après son frère, elle est décapitée par un bourreau spécialement venu de France, qui lui tranche la gorge d'un coup d'épée. 
 
 
Jane Seymour, la femme aimante
 
 
 
Portrait de Jane Seymour par Hans Holbein - Kunsthistorisches Museum, Vienne, Autriche 
 
 
 
 
Une union paisible 
  


Une semaine après l'exécution d'Anne, Henri prend Jane Seymour pour épouse. Cela fait plusieurs mois déjà qu'il fréquente la jeune femme. Douce, modeste, calme et de sang royal, cette jeune demoiselle d'honneur est tout le contraire d'Anne. Très aimée de la Cour, elle apporte la paix au roi Henri, notamment en pacifiant ses rapports avec Marie, la fille qu'il a eue avec Catherine d'Aragon. Le roi, quant à lui, a bien changé : le prince dont toutes les princesses d'Europe étaient éprises s'est transformé en colosse obèse et aux traits boursouflés. 
 
 
Un fils, enfin ! 
  
 

En 1537, Henri VIII éprouve enfin la joie qu'il attendait depuis des années : Jane Seymour lui donne le fils tant espéré, Edouard. Mais cette joie va de pair avec une nouvelle moins heureuse : 12 jours après la naissance de l'enfant, Jane meurt d'une fièvre puerpérale (maladie infectieuse qui peut suivre un accouchement). Henri fait construire un monastère bénédictin en son honneur et la fait enterrer à la chapelle Saint-Georges de Windsor. Le mariage aura duré à peine un an et demi. 
 
 
Anne de Clèves, reine grâce à son portrait
 
 
 
Portrait d'Anne de Clèves par Hans Holbein - Musée du Louvre, Paris, France 
 
 
Séduit par un portrait 


Après la disparition de Jeanne Seymour, le roi, décidé à épouser une princesse, envoie ses émissaires dans toute l'Europe pour lui chercher une nouvelle femme. Parmi ses ambassadeurs envoyés sur le continent se trouve notamment le peintre allemand Hans Holbein. Il est chargé de faire les portraits des jeunes filles pour que le roi prenne sa décision : sont ainsi envoyés à Londres les tableaux de Christine de Danemark, de Louise de Guise, Anne de Lorraine, mais c'est finalement celui d'une princesse allemande, Anne de Clèves (que l'on peut voir ici), qui séduit le roi. Henri VIII voit par ailleurs d'un bon œil une alliance avec une maison protestante allemande. 
 
 
A peine arrivée, déjà repartie 
 

Mais la princesse allemande ne correspond guère aux attente de Henri : grande, maigre, fade, elle porte des toilettes peu seyantes, ne parle qu'allemand et ne sait pas apprécier la musique. Le roi la surnomme la "jument des Flandres" et s'ennuie tant à ses côtés qu'au bout de 6 mois, il l'envoie vivre à Richmond. Pour ne pas blesser les princes allemands, il lui alloue une rente princière. Anne vivra tout le reste de sa vie en Angleterre, discrètement et paisiblement. 
 
 
Catherine Howard, la femme-enfant
  

 
 
 
Portrait de Catherine Howard par Hans Holbein - Toledo Museum of Art, Toledo, Ohio 


 
 
Une jeune femme vive et fraîche... 
 


Après avoir fait annuler son mariage avec la fade Allemande, le roi vieillissant s'éprend de Catherine Howard. La jeune Anglaise, âgée de 18 ans, est vive, piquante, insouciante. Issue d'une grande famille aristocratique, celle des Norfolk, d'une très grande beauté et fort courtisée avant son mariage, elle fait tourner la tête du roi, qui apprécie son côté "femme-enfant" et la surnomme bientôt sa "rose sans épine". 
 
... Mais délurée 
 

Mais la jeune écervelée conserve ses habitudes prises avant le mariage, en continuant à avoir des aventures, désormais adultérines. Au cours d'une absence prolongée du roi, pendant l'été 1541, elle noue une relation avec Francis Derham, bel esprit des soirées mondaines. Mais on ne trompe pas un roi impunément ! On vient bientôt lui demander des comptes et la jeune femme, après s'être fait promettre la clémence du roi, passe aux aveux. Mal lui en prend : fou de rage, Henri VIII la fait décapiter en février 1542. Et édicte une loi : désormais, seront condamnées à mort toutes les femmes n'étant pas vierge et ne l'ayant pas avoué au roi avant leur union et toutes les femmes de prince ou les reines convaincues d'adultère. 

 
 
 
Catherine Parr, l'ultime survivante
 
 
 
Portrait de Catherine Parr par Hans Holbein - Toledo Museum of Art, Toledo, Ohio 


 
 
Une femme de bonne compagnie 
 


Un an après l'exécution de Catherine Howard, Henri VIII décide d'épouser une dernière Catherine : celle-ci a 31 ans, est veuve et s'appelle Catherine Parr. Le roi cherche avant tout une garde-malade attentive : devenu impotent, ildoit se faire porter pour monter l'escalier. Catherine répond à tous ses désirs : prudente et sage, cette femme "sans grand charme" est également très cultivée et intelligente, et prend grand soin des enfants du roi. Attentionnée, elle s'occupe également très bien de son mari de plus en plus malade et ... tyrannique. 
 
 
Une fin de règne dans la terreur 
 

Il faut dire qu'il suffit de peu pour s'attirer les foudres du vieux monarque. Henri VIII, à la fin de sa vie, a pour principal loisir de couper les têtes de ses anciens proches et conseillers : tous les cousins et petits cousins du roi montent sur l'échafaud les uns après les autres, tout comme l'ancien conseiller Thomas Cromwell. Le règne, commencé dans la joie, se termine dans la terreur. 


Petites histoires de l'histoire-Philippe Egalité a t il



[size=16]Philippe-Egalité a-t-il échangé sa fille pour un fils ?[/size]
 
[size=16]En juillet 1823, une certaine Maria-Stella, baronne de Sternberg entame en France une série de démarches afin de prouver qu'elle est de sang royal et la fille de Philippe-Egalité. On pourrait penser qu'il s'agit là d'une aventurière. Après tout, combien de personnes se sont présentées comme étant Louis XVII ? Or, il apparaît bien vite que la baronne est une dame de haut rang. Née le 16 avril 1773, elle est civilement la fille de Lorenzo Chippini, geôlier d'une prison en Italie. Elle a épousé un vieil aristocrate Anglais, lord Newborough qui lui laisse une grande fortune à sa mort. Maria-Stella devient ensuite la femme du baron de Sternberg. 
A sa mort en 1820, Chiappini laisse une lettre à Maria-Stella dans laquelle il avoue qu’il n'est pas son vrai père. Il confesse avoir échangé son fils qui venait de naître avec la fille d'une personne de haute naissance sans dévoiler son identité. Maria commence ses recherches et fini par trouver la trace d’un couple nommé Joinville qui était de passage dans sa ville natale Modigliana. En 1824, Maria-Stella est reconnue officiellement comme étant la fille de Mr de Joiville mais qui était cet homme ? Pour Maria-Stella il est certain que Mr Joinville est Louis-Philippe-Joseph d'Orléans. La jeune femme avance plusieurs arguments : la confrontation entre des descriptions de l'époque faite par des personnes qui ont vu ce Mr Joinville et les portraits de Philippe-Egalité montrent une certaine ressemblance. Le duc et la duchesse d'Orléans avaient voyagé plusieurs fois son le nom d’emprunt de Joinville. Et l'un des fils de Louis-Philippe d'Orléans porte le titre de prince de Joinville.
[/size]
 
[size=16][/size] 
 Philippe Egalité
 
[size=16][/size] 
Maria Stella
 
Maria-Stella avance qu'en 1773, Marie-Adélaïde de Penthièvre aurait mis au monde une fille. Le duc d'Orléans, alors duc de Chartres, aurait échangé sa fille avec le fils de l'épouse de Chiappini qu'elle venait de mettre au monde. En effet, en 1771, la duchesse de Chartes avait accouché avant terme d'une fille morte-née et on doutait quelque peu qu'elle puisse de nouveau porter un enfant. La seconde grossesse de 1773 était vue comme un miracle et le duc de Chartres désirait un garçon pour que la dynastie des Bourbon-Orléans ne s’éteigne pas. Avoir une fille l'aurait bien contrarié et moyennant finances comme Chiappini le disait dans sa lettre, il aurait pris le fils du geôlier à qui il aurait confié sa fille. Tout cela voudrait donc dire que Louis-Philippe Ier était un usurpateur et n'aurait jamais dû régner. La principale objection aux dires de la baronne c'est que Louis-Philippe est né en octobre 1773 et non en avril 1733 à l'inverse de Maria-Stella. Donc lors de la naissance de Maria-Stella, le futur roi des français était encore dans le ventre de sa mère. Et lors de la naissance de l'enfant du duc de Chartres le 6 octobre 1773, des dizaines de personnes étaient témoins de l'accouchement. Difficile par la suite de substituer une fille avec un garçon. 
Mais ses « preuves » lui suffirent et Maria-Stella s'en contenta jusqu'à sa mort le 23 décembre 1843 ne cessant de proclamer qu'elle est princesse d'Orléans et rassemblant des partisans. Elle décéda d’ailleurs en léger état de trouble mental. Aujourd'hui des historiens évoquent bien la probable substitution de Maria-Stella mais font de son père un souverain local (Este, Parme, Modène, Deux-Siciles, Toscane). Maria-Stella pourrait également être la fille d'un membre d'une famille princière italienne, qui aurait utilisé le nom de comte de Joinville pour dissimuler sa véritable identité - laquelle était connue des autorités locales. Probablement un membre d'une importante famille régnante, soucieux de sa succession. Il est donc fort possible que la baronne de Sternberg soit de sang royal mais pas de celui des Bourbon-Orléans.
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