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 Années 50 - Europe n° 1 -+ - vive la consommation -

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ninnenne
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MessageSujet: Années 50 - Europe n° 1 -+ - vive la consommation -   Dim 24 Aoû - 12:44





Sylvain Floirat et Maurice Siegel. Louis Merlin





"Voilà un disque que vous entendez pour la première et la dernière fois!"...Lucien Morisse à propos du premier disque de Johnny Halliday





À partir de 1953 les biens de consommations culturels connaissent un développement sans précédent :multiplication des magazines féminins, revues pour la jeunesse  (Tintin et Spirou), développement de la radio :  malgré l'arrivée de la télévision elle reste plébiscitée par une majorité de Français comme moyen d'information et  elle accompagne en voiture ou sur leurs lieux de travail. Le nombre de postes de radio qui s’élevait à 5,3 millions en 1946 passe à 10,5 millions en 1958.




L' État veille sur le monopole établi par les ordonnances de 1945 fondant la Radio Télévision Française,qui lui permet de contrôler l'information voire de diffuser de émissions de pure propagande. D'où le recherche des auditeurs de programmes à la fois moins contrôlés et plus distrayants sur le postes périphériques (comprendre diffusant à partir d'émetteurs situés hors du territoire français, l'expression  été utilisée en premier par un député Jean Baylet). Radio Monte Carlo qui  émet dès 1945,  Radio Andorre, Radio Luxembourg et Europe  n°1


En 1952, la société de Charles Michelson obtient le monopole de la Télévision et de la radiodiffusion en Sarre(Allemagne). Il forme alors le projet de créer une radio "périphérique"  échappant ainsi au monopole français de la radiodiffusion. En décembre 1954 Charles Michelson annonce: "A 300 km de paris à vol d'oiseau, en Sarre, Europe  n°1 , la station privée de radiodiffusion la plus importante du monde va naître avec l"année nouvelle".




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La station  émettrice de Felsbeg en Sarre





Le 1er janvier  1955 à 6h30 le "Bonjour l'Europe" de Suzanne Gabriello et André Rabs ouvre l'antenne...pour la fermer une demie heure plus tard, son émetteur brouillant le radio-phare de Genève. Commence alors une course poursuite : faute de fréquence propre Europe  n°1  change plusieurs fois, brouillant les émissions d'autres stations européennes qui protestent. Le 10  Radio Luxembourg parasitée s'indigne vigoureusement, et qualifie Europe  n°1  de pirate bien, qu'elle-même ne dispose d'aucune autorisation. Pendant 3 mois la station disparaît ou réapparaît selon les circonstances. En Avril Europe  n°1  se fixe sur 183 kHz, depuis l'émetteur situé sur le plateau du Felsberg, près de Sarrelouis en Sarre et diffuse ses premiers messages publicitaires. En septembre 1955 l'État français demande à Sylvain Floirat de reprendre, pour 500 millions de francs,  la station en difficultés financières. Le ministre de l'intérieur de l'époque Bourges Maunoury reconnaîtra plus tard " En vérité, Michelson battait en brèche le monopole de la radio d'État, n'en faisait qu'à sa tête, et nous ne pouvions pas le tolérer." En fait le gouvernement forcera la main de Michelson, apatride, a coup de menaces d'assignation à résidence.




La naissance d'Europe  n°1 , coïncide avec l'apparition de trois innovations qu'elle sait exploiter pour forger un nouveau style de radio:le nagra, un magnétophone portable qui donne une plus grande souplesse d'intervention aux reporters, le transistor (inventé en 1948  il devient un élément essentiel de la fabrication des postes radio dès 1955) qui favorise l'écoute individuelle de la radio, en libérant la radio du meuble de salon qui la contenait  il permet a chacun de partir avec sa station préférée sous le bras. et le disque microsillon (C'est en1949 que  le producteur Eddie Barclay ramène des États-Unis :  les premières matrices des 45 T et des 33 T)

Louis Merlin, directeur général  (ancien directeur des programmes de Radio Luxembourg) et Maurice Siegel, directeur de linformation(qui s'entourera entre autres d'André Arnaud, Albert Ducrocq et Jacques Paoli) prennent la direction de la station avec pour objectif de  créer un radio plus conviviale que la radio "d'État", une radio qui veut convaincre chaque auditeur que l'on s'adresse à lui personnellement, une nouvelle façon de faire de la radio. Louis Merlin bannit l'expression "Chers auditeurs" en usage sur les autres stations, il la juge démodée et sanctionne son emploi d'une amende. Dans son manuel maison .. et confidentiel il définit "le meneur de jeu qui est au speaker ce que l'homme est au robot. Il s'assied à la table de l'auditeur, sur le bras du fauteuil de l'auditrice, ce qui ne veut pas dire qu'il soit débraillé ou indiscret. Il est l'ami de la maison, mais il faut qu'il ait réussi à se faire inviter"





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Daniel Filippachi et Franck Ténot - Lucien Morisse et Dalida





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Maurice Gardett





Dans le domaine de l'information finies les dépêches lues par des speakers à l'antenne,place au radio-reportage où le reporter se déplace sur les lieux de l'évènement. Grâce à une nouveauté technique, le magnétophone portable "Nagra" ils se passent de camion son. L'utilisation systématique d'une ambiance sonore sonne vraie. Les reporters se doivent d'être polyvalents ils commentent un match de football ou mènent une interview politique, polyvalents et virables ; la rédaction d'Europe possède alors le record du turn-over de journalistes.




Coté variétés, la station révolutionne les ondes avec une programmation beaucoup plus librequ'ailleurs, jusque-là à la radio les annonceurs payaient et décidaient,  les programmateurs d'Europe n°1 diffusent eux les chansons qui leur plaisent.. Brel, Bécaud, Dalida, Gloria Lasso sont ainsi lancés. Avec les événements en Algérie, une chanson de Boris Vian   "Le Déserteur", censurée par Guy Mollet, est bannie des ondes, Europe  n°1  sera seule à la diffuser, chantée par Mouloudji, tout comme elle programme les chansons censurées de Brassens  (Le Gorille entre autres) affirmant ainsi son indépendance... Quoi que... Dans le rayon des passages éclairs  l'émission "Cent mille français ont raison" qui en 1955 interroge les français sur leurs opinions politiques. Las, un jour elle a la mauvaise idée de les interroger sur la guerre d'Indochine... contre laquelle se déclare une majorités des interrogés. Le gouvernement apprécia peu et le fit savoir... L'émission avait vécue deux mois. Pendant la guerre d'Algérie, malgré les coups de téléphone et les pressions de Robert Lacoste (Ministre de l'Algérie de 1956 à 1958)  la station conservera sa ligne éditoriale, il est vrai prudente, jouant avec finesse pour conserver sa liberté de ton sans contrarier par trop le pouvoir. Françoise Giroud reconnaitra que pendant la guerre d'Algérie "Europe n°1 n'a jamais démérité"

"Au café de l'Europe" Roméo Carlès alias Brindavoine et Maurice Biraud alias Galoubet papote et "calembourdent" sur l'actualité.A la mort de Charlie Parker, Siegel confie à Daniel Filipacchi (photographe à Paris Match) une émission sur le génial saxophoniste. Sur la lancée il réunit Filipacchi et Frank Ténot (secrétaire de rédaction de Jazz Hot)  qui créent l'émission mythique "Pour ceux qui aiment le jazz", émission quotidienne ou défileront les plus grands noms : D'Armstrong à Count Basie en passant par Billie Holliday ou Miles Davis. En 1958 l'émission prend pour indicatif  "Blues March for Europe No 1" écrit par Benny Golson  est interprété par Art Blakey and The Jazz Messengers





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Maurice Biraud - Mireille Darc - Louis De Funes





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La Pyramide n°1





L'improbable Maurice Gardett anime un temps, "Chasse Gardett" (il fallait le retrouver dans une ville ou il se cachait.Le personnage est légendaire. Ses débuts dans le métier d'animateur radio seraient dus, alors qu'il était sommelier, à une querelle avec le chef cuisinier qui lui avait refusé à manger. Gardett, arracha son insigne de sommelier et s'installa aussitôt dans  salle à manger, pour s'y faire traiter comme il convient, au milieu des clients hilares. Parmi ceux-ci, un monsieur, conscient de ce que l'avenir réservait au sommelier Gardett dans les minutes à venir, l'invita à bien vouloir considérer les avantages d'une engagement immédiat pour Radio-Tanger... (Maurice Gardett "Gardett-party"). On le retrouvera en 1958, sur un autre poste, animateur de "100 000 francs par jour" (qui deviendra "Le jeu des 1000 francs").





Le 5 avril 1955 c'est la première de "Vous êtes formidables !"émission, dont le principe est de résoudre un problème apparemment insoluble ou d'apporter aide et secours avec l'aide des auditeurs, elle est produite par Jacques Antoine et présentée par Pierre Bellemare. Le succès est immédiat, radio d'État et "vieilles" périphériques marquent le coup et voient leur audience se défiler chez l'insolent petit nouveau à 20 heures. Les plus célèbre émission de "Vous êtes formidables !" seront  celle consacrée en 1956 au coup de grisou de la mine de Marcinelle en Belgique, celle en 1957  celle intitulée "L'extraordinaire aventure du facteur et du milliardaire" : Abraham Spanel, immigré d'Odessa en France  à la suite d'un pogrom a fait fortune en Amérique, milliardaire et francophile il publie des placards à la gloire de Lafayette et de son rôle dans la création des États Unis. Après l'intervention du milliardaire à l'antenne (émouvante , forcément émouvante) Bellemare lance un appel pour qu'on lui envoie des cartes postales de chaque ville et village de France. Trait final Bellemare contacte en direct à l'antenne le facteur de Chavaniac La Fayette et lui demande d'emmener le courrier à New York, celui ci y débarquera avec plus d'un million de cartes pour Abraham Spanel. Également au rang des "grands" moments de l'émission, celle consacrée à la catastrophe de Fréjus en 1959.




Lucien Morisse invente en radio le principe de la "Play List" : multiplier les diffusions d'un titre afin d'en faire un "tube" Les ventes de 45 tours suivront... En 1956 avec Pierre Delanoé il produit Musicorama : la retransmission sur Europe  d'un concert hebdomadaire présenté à l'Olympia à Paris, on y verra entre autres les artistes anglais ou américains de passage à Paris et tout ce qui compte ou comptera dans la chanson française.  "Des talents inconnus sont nos « numéros 1 de demain ». Nous en présentons 5 chaque semaine lors du Musicorama, devants des directeurs de cabarets, de tournées, de maisons de disque et impressarii. Ils sont sélectionnés grâce à un appareil spécial, l’applaudimètre. Le vainqueur de l’épreuve sera lancé" dit  Lucien Morisse






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Francis Blanche "Bonjour chez vous "





1956, c'est aussi l'année ou l'inénarrable Macheprot (alias Francis Blanche)se lance sur Europe (il s'était livré à la même activité sur Radio Luxembourg avec Poissons d'avril) dans une de ses activités favorites la canular téléphonique dans "Bonjour chez vous", baptisée ainsi selon la formule dont il concluait systématiquement les conversations téléphoniques macheprotesques. Le même Francis Blanche avec son comparse Pierre Dac écrit au jour le jour les épisodes de"Signé Furax" .




En 1957, après avoir failli être rachetée par l'État, Europe n°1,avec un sens de la promotion toujours affuté, installe devant Notre Dame à Paris, pour les fêtes de fin d'année ,  "Le Sapin n°1", 36 mètres de haut, il a fait le voyage escorté de motards depuis le Jura, Louis Merlin lance en même temps l'opération "Cœurs d'enfants" qui aboutit  trois ans plus tard à la construction d'un bloc opératoire à l'hôpital Broussais permettant les opérations du cœur chez les enfants.




1958 verra une nouvelle invention d'Europe, pilotée par Pierre Laforet,jamais en mal d'imagination pour assurer sa promotion  "La pyramide n°1". Une pyramide de 15 mètres de haut  est  érigée à Neuilly pour abriter des documents destinés aux générations futures.



Enregistrement de voix et de chansons ( de Tino Rossi à Maurice Genevoix en passant par Dalida ou jean Vilar) y sont stockés ainsi que des objets remis par des célbrités (une robe de scène de Piaf, l'ours en peluche de Bardot, une pipe de Simenon...). Elle fut par la suite détruite mais a l'honneur de figurer dans "L'histoire et ses méthodes" de la collection La Pléiade.




En 1959  l’entreprise publique Sofirad  rachete plus du tiers des parts de la station.Toujours douée pour sentir l’air du temps et s’adapter aux transformations sociales la station lance "Salut les copains", diffusée dès 1959 de 17h à 19h l'émission est écoutée par les lycéens dès leur sortie de l'école . Dans les années 60 le "package" Olympia / Europe n° 1 / Salut Les Copains fournira la majorité des vedettes « yéyé » en les médiatisant sous différentes formes : radio, magazine, organisation de tournées … La même année est lancée "Bonjour monsieur le maire"  dédiée découverte du monde rural , on y colle d'autorité un Pierre Bonte plutôt réticent, à Europe n°1 on se moque de la nouvelle émission appelée "Radio vache" ou "Pour ceux qui aime le gaz" (elle était sponsorisée par Butagaz). Ce qui n'empêche nullement l'émission de devenir un phénomène radiophonique (en 15 ans Bonte présentera plus de 4 000 communes).




En Avril 1960, pour une fois manquant de nez,  Lucien Morisse,  à l'émission "Le Discobole", casse en direct le premier disque Johnny Hallyday, en s'exclamant à l'antenne : "Voilà un disque que vous entendez pour la première et la dernière fois!"...






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Logo de la station de 1955 à 1965





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"Vous êtes formidables" Le facteur et le milliardaire 1957 -






Sylvain Floirat




Sylvain Floirat (1899 - 1993). D'abord apprenti charron à Nailhac,après sept ans en banlieue parisienne, il ouvre sa propre entreprise de carrosserie  : La Rationnelle dès 1945 il  choisit de ne plus faire que des autocars (Il est le seul en 1948 à oser présenter des cars capables de rouler à 100 km/h)




En 1946 il obtient  en  l'autorisation d'exploitation de lignes aériennes(privilège qui était jusque là réservé à l'État)  et créé la compagnie Aigle Azur qui commence ses activités sur l'Afrique du Nord (il assure le rapatriement des enseignants français de Tunisie lors des vacances scolaires), le Liban et l'Indochine.




Il vend Aigle Azur, à la société Chargeurs Réunis, en 1955,pour 3 milliards de francs, la même année il rachète Breguet-Aviation  en difficulté mal après  la mort de Louis Breguet  (Floirat a été autorisé à rapatrier les bénéfices en piastres de sa société“Aigle Azur”en échange de ce renflouement)




En 1956  et à la demande du gouvernement françaisil reprend la station de radio Europe n°1.  En 1957  il devient  vice-président de la société Matra (1957). Armement, communication et liens avec les pouvoirs publics : le cocktail magique de Floirat est maintenant bien en place. Il le complète en 1966, en entrant  dans le capital de la Compagnie française de télévision, à l'origine du système Secam.




Parallèlement a des activités dans l 'hôtellerie de luxe Il devient administrateur d'Hachette (1981) et du groupe Filipacchi (1984). Il a été maire de Nailhac, sa ville natale, depuis 1959.  Guidé par son goût pour les "affaires qui laissent du gras" selon sa propre expression le paysan périgourdin à l’accent rocailleux s'est révélé un homme d’affaires avisé et redoutable.





[size=24]Maurice Siegel[/size]




Maurice Siegel (1919 - 1985). Premier directeur de l'information d' Europe n°1c'est lui qui donne à la station son style particulier.



En mai 1968 Europe 1, baptisée "Radios barricades", est accusée par le ministère de l'Intérieur de faire le jeu de émeutiers. Maurice Siégel, qui  a vite compris qu'il devait  limiter la fougue de ses reporters conserve son poste, mais de nombreux journalistes sont congédiés.

Il est  licencié d'Europe 1 en 1974à la demande du Premier ministre Jacques Chirac, Valéry Giscard d'Estaing ne supportant plus l'insolence du ton d'Europe 1. Siégel  règle ses comptes dans son livre  "Vingt ans, ça suffit !"

En 1977, il fonde le magazine VSD,à une époque ou  la presse de week-end n'existe pas, c'est un succès immédiat.





[size=24]Louis Merlin[/size]




Louis Merlin (1901 - 1976) est l'inventeur  en 1934 du système de parrainageavec son émission "Concert sur mesure", patronnée par une  bijouterie, devant le succès suivront Le Kiosque à musique Persil, Le Petit Déjeuner Banania...



En 1943 il produit pour la Radiodiffusion nationale de Vichy,"l'Alphabet de la famille", une famille de français moyens qui part à la découverte de la France, de ses glores, de ses hauts lieux... Une réussite populaire que l'on demandera à Merlin de continuer après la Libération.




Après guerre, la Compagnie luxembourgoise de radiodiffusioncharge Louis Merlin de relancer Radio Luxembourg. Il propose alors à de reprendre le principe du Crochet radiophonique, émission hebdomadaire à grand succès de Radio-Cité, créée avant la guerre. Par la suite il produira  la plupart des émissions de Radio-Luxembourg dont il fait la station la plus populaire de l'après-guerre avec Quitte ou double (Zappy Max), Reine d'un jour (Jean Nohain), Arrêtez la musique...




En 1949, Louis Merlin s'associe à la famille Gruss (Alexis Senior, André et Lucien Jeannet) et monte le Radio-Circus, qui présente des attractions de cirque et des jeux radiophoniques ...




Ayant quitté Radio-Luxembourg,il participe en 1953-1954 au lancement d'Europe n°1.Il  limite la durée des émissions, renouvelle la programmation musicale. Il développe de nouveaux formats, le spot publicitaire remplace l’émission patronnée.




Il est écarté de la direction d'Europe n°1 en 1966.
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[size=24]Années 50 - vive la consommation -


Salon des Arts Ménagers 1954 - Parisienne de photographie






Les années 1944 à 1949 sont des années de reconstruction marquées par la pénurie et les restrictions. Le rationnement du pain durera jusqu'en 1949. Les conditions de logement sont précaires, les équipements publics très insuffisants par rapport aux besoins de la population. La France ne connait pas de réelle croissance et la vie est difficiles en raison des bas salaires et du coût élevé de la vie. "Et qui n'a pas connu la France de cette époque ignore ce qu'est l'appétit de biens de consommation, des bas en nylon aux réfrigérateurs en passant par les disques et les automobiles, pour lesquelles il fallait des licences d'achat, et que l'on attendait un an.." Françoise Giroud. C'est l'époque du slogan de Maurice Thorez (Secrétaire général du Parti communiste) "Camarades retroussons nos manches".




Les besoins sont immenses, le plan Marshall y pourvoira dans un premier temps.Mais l'industrie  manque de moyens et est désorganisée, certains industriels ont collaboré avec les nazis, tels Renault, d'autres ont été déportés, comme Dassault et l'État doit prendre ses responsabilités dans le domaine économique et multiplie les nationalisations.  La planification mise en place par le Commissariat général au Plan confié à Jean Monnet en 1946, fondée sur une concertation avec l’ensemble des acteurs économiques et sociaux permet le retour à la croissance : le niveau de production de 1929 (le plus élevé de l’entre-deux-guerres) est rattrapé en 1948 puis dépassé de 25 % en 1950.








Queue devant une boulangerie en 1947 à Paris - Parisienne de photographie





Le salaire minimum est institué par la loi du 11 février 1950. Il est fixé en fonction du budget moyen d'un manœuvre parisien célibataire pour ses dépenses alimentaires, dans une logique de salaire-subsistance. Il faut attendre 1952 pour que soit prévu un mécanisme d'indexation sur l'inflation (qui s'élève à 11% en 1950 et à  20% en 1951). Si désormais la reconstruction est dans l'ensemble achevée, la pénurie de logements décents se fait durement ressentir dans les grandes villes.

Durant le terrible hiver 54 les gens qui mourraient de froid dans les rues de Paris étaient des ouvriers qui avaient un emploiet une famille mais ne trouvaient pas à se loger. Les "couche-dehors" comme les appelaient l'Abbé Pierre sont des milliers dans les grandes villes. La construction des logements sociaux piétine. En mai 1952, Antoine Pinay, prend des mesures drastiques pour lutter contre la hausse du prix de la viande, pour apprendre aux consommateurs à mieux gérer leur budget, on verra les journaux publier des recettes pour accommoder les bas morceaux. 

Néanmoins le milieu des années 1950  voit la montée du pouvoir d’achat et la naissance d'une société de consommation et de loisirs.En 1953 apparaît Cetelem, la compagnie de crédit aux particuliers, en1954 naissent la Sofinco (organisme de crédit) et le Club Méditerranée nouvelle formule profitant de l'extension des congés payés (en 1956 ils passent de quinze jours à 3 semaines), Leclerc et J.C. Decaux. La FNAC (Fédération nationale d'achat des cadres) apparait aussi en 1954 et elle ouvre son premier magasin en 1957 autour de 3 gammes de produits la radio, les appareils photo et les magnétophones. la France s’engage sur la voie des «Trente Glorieuses» qui marquent l’avènement de la «civilisation matérielle».




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L'abbé Pierre lance son appel du 11 fevrier 1954 - Enfants remettant à l'abbé Pierre les clés de cinquante logements construits à Noisy-le-Grand, Salon de l'enfance, Paris 1954(Parisienne de photographie)




Le Salons des arts ménagers, manifestation emblématique du développement de la consommation, a rouvert en 1948(il se tiendra jusqu'en 1961 au Grand Palais à Paris)  et connut un immense succès public, bien que les logements ne soient pas équipés pour accueillir la plupart des appareils ménagers vendus et que les ménages n'aient pas dans l'immédiat les moyens de les acquérir, le salon se  donne plutôt un rôle d’éducation pour orienter l’investissement des ménages.  Avec le retour de l'abondance du milieu des années 50, permettant un réel accès aux  biens présentés,  il favorisera la diffusion des innovations en leur offrant une efficace vitrine. Le catalogue du salon de 1956 définit ainsi son rôle  « Le Salon des arts ménagers n’est pas issu du jeu des intérêts privés. Créé sur l’initiative d’un haut fonctionnaire de l'État, loin de devenir une entreprise particulière, il est demeuré la propriété du Centre national de la recherche scientifique, établissement public du Ministère de l’éducation nationale. Diffusant l’enseignement propre à assurer en France le bonheur familial dans le foyer rénové, il sert actuellement la prospérité générale, suscitant […] l’essor des industries comme le développement du commerce et participe, en outre par sa contribution annuelle, au succès des travaux les plus élevés de la science… ».

En 1955, le taux de fréquentation bat tous les records avec un million quatre cent mille visiteurs.Le Salon des Arts ménagers lance le Salon de l'enfance en 1950 pendant dix ans, quelques semaines avant Noël,  il transforme le Grand Palais en caverne d'Ali Baba pour rêves d'enfants consommateurs.

La presse féminine joue aussi un rôle déterminant dans la diffusion des biens d’équipement de la maisonet dans la propagation de l'effort de modernisation (Marie France  est créé en 1944, Elle en 1945, Femmes d'aujourd'hui en 1950 et Marie Claire reparait en 1954). En 1954 8,4% des ménages sont équipés d'une machine à laver le linge, une machine qui reste chère (en 1950 une machine a laver de bonne qualité équivalait à quatre mois de salaire "moyen"), ils seront 24% en 1960. Côté réfrigérateur en 1954 7.5% des ménages en sont équipés, ils seront 17,4 % en 1957 et 24.8% en 1960. La consommation médicale progresse considérablement, elle augmente de 86 % entre 1950 et 1957, l'augmentation des dépenses d'habitation, due essentiellement aux dépenses d'équipement est de 46% et les dépenses de transport, du fait du développement des transports individuels, ont progressent elles de 71%.

 







Salon des Arts ménagers 1948 (Francis Bernard) - Salon 1951 (Villemot)








Paris Match 1955 - Jours de France 1958





Les années 1950 voient l’entrée en scène de la télévision, en dépit de son coût elle  suscite l’engouement populaire,conçue comme une télévision de service public, selon la devise  "informer, éduquer, distraire,  sa diffusion reste restreinte socialement et géographiquement. En 1950 elle fonctionne deux heures par jour, les postes chers sont souvent collectifs dans le cadre de Télé clubs C'est la retransmission en direct en 1953 du couronnement d'Elizabeth II qui la mettra en vedette en démontrant sa capacité à traiter l'événement à chaud. Cependant en 1954 à peine 60 000 foyers en sont équipés, il faudra attendre la fin des années 50 pour voir le phénomène prendre de l'ampleur : en 1958 680 000 postes sont installés. Elle couvrira peu à peu l'ensemble du territoire au cours des années 50 et imposera des rendez-vous attendus : Jean Nohain et 36 chandelles, La vie des animaux de Frédéric Rossif , la piste aux étoiles de gilles Margaritis, Cinq colonnes à la une de Pierre Desgraupes...

L’automobile devient  plus qu' un moyen de transport :un  vecteur d’évasion et objet de plaisir. "Dans des autos de toutes marques, sur des motocyclettes cahotantes, où les couples se tiennent enlacés, les femmes cheveux au vent et l'air extasié, les citadins s'enfuient vers la campagne..." Georges Houdin Le Monde juillet 1958 et les Français deviennent plus exigeant. Ils veulent des autos moins spartiates et plus performantes, les constructeurs répondront avec des modèles devenus mythiques  : Peugeot 403, Renault Dauphine, Citroën DS…

 







Salon des Arts Ménagers 1956 - H. Cartier Bresson


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Paris, badauds devant un magasin de télévisons - Parisienne de photographie




La consommation des années 50 et 60 reflète l'optimisme, la confiance en l'avenir et la croyance en une ascension sociale collective et continue.C'est une consommation respectant les clivages de la société (ouvriers, contremaîtres et cadres n'ont pas la même) et le système de valeurs de l'époque : l'alimentation d'un ouvrier n'était pas la même que celle d'un notable, ni sa tenue vestimentaire ni sa consommation culturelle.... Il faudra attendre la fin des années 60 pour voir un mode de consommation dépassant la logique des classes et l'appartenance familial.


A la fin des années 1950 Le taux d’activité des femmes se développe fortement,beaucoup de ruraux quitte la campagne pour s’installer dans la périphérie des villes,  le pouvoir d’achat des ménages est en très forte hausse (sur deux francs de revenus en 1950, on en dépensait la moitié pour l'alimentation, sur quatre francs en 1968 - le pouvoir d’achat ayant été multiplié par deux -  on n'y consacrera plus qu'entre 1 franc et 1,50 francs ). Il s’équipent de voitures et  de réfrigérateurs. Les conditions sont réunis pour l'apparition des grandes surfaces. La société Carrefour supermarché nait en 1959 et en 1963 Carrefour ouvre le premier hypermarché français en banlieue parisienne. L'essor d’une culture "jeune"  ("Salut les copains" est  lancé en 1959)  va diffuser le modèle américain : musique, jeans, tee shirts, cinéma....

 








Vaisselle en verre de couleur Duralex - 1958





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Affiche du Parti communiste 1945








Publicité 1954








Publicité 1955 -








Publicité 1957 -








Publicité 1958






Le Baby-boom



Entre 1945 et 1965 il nait plus de 800 000 enfants par an, la population française passe de 40.5 millions en 1945 à 45 millions à la fin des années 50. Le renouveau de la natalité a été encouragé par une politique volontariste des pouvoirs publics. Depuis 1946 les nouveaux nés sont régulièrement suivis médicalement, ces visites ont été rendues obligatoires pour percevoir les allocations familiales instituées par la loi du 22 aout 1946. Le congé maternité passe à quatorze semaines. Le nombre de maternité s'accroit et l'accouchement à domicile devient minoritaire en même temps qu'apparait au début de ces années 50 la méthode de l'accouchement sans douleur venus d'URSS..




En 1956 dans l'émission «Édition spéciale : les femmes jouent leur destin» de François Chalais et Frédéric Rossif, Françoise Giroud dénonce «un million d’avortements clandestins» chaque année et défend la nécessité d’instaurer le contrôle des naissances (La France est alors toujours sous le joug de la loi de 1920 qui «réprime la provocation à l’avortement et la propagande anticonceptionnelle





«La Maternité heureuse», association créée en 1956 par 23 femmes avec pour objectif de "satisfaire aux voeux du couple en ce qui concerne les problèmes de la naissance, du couple lui-même et de la famille ; c’est-à-dire la fécondité, la stérilité, la conception, la maîtrise de la procréation, l’acceptation d’une grossesse en cours" . Une enquête de 1956 révèle que 56 %  des personnes interrogées « déclare n’avoir jamais entendu parler de la limitation des naissances». «La Maternité heureuse» devient, en 1960, le Mouvement français pour le planning familial.







Rentrée des classes Paris 1952





Côté scolarisation le baby-boom amène chaque année 200 000 enfants supplémentaires sur les bancs de l'école. De 4.5 millions d'enfants scolarisés à l'école primaire en 1945 on passe à plus de 6 millions au début des années 60. En 1952 on peut lire dans le Figaro "La reprise de la natalité va conduire à une hausse de 50% des effectifs scolaires d'ici 1959.. Il y a péril pour l'école, si l'on n'adopte pas d'urgence un vaste programme de construction". On construit en hâte et on embauche de nouveaux instituteurs.




La pénurie de logement est énorme, il y a eu peu de constructions entre les deux guerres et les bombardements ont beaucoup détruit. On construits 100 000 logements par an dans les années 50. Dans le parc déjà construit l'inconfort demeure la norme courante : certes 60% des foyers disposent quand même de l'eau courante, mais seuls un peu plus de 25% disposent de WC privés et 10% d'une douche ou d'une baignoire
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